Taxe Zucman, une offensive mortifère d’un mondialisme assumé

Publié le - Auteur Par Tony L. -
Taxe Zucman, une offensive mortifère d’un mondialisme assumé

6 Français sur 10 vivent déjà dans une économie financée par la dépense publique au-delà de 55% du PIB et dans un pays qui détient le record OCDE de prélèvements. Ajouter une nouvelle couche d’impôt sur la fortune globale des ultra-riches n’apporterait ni croissance ni espoir de redressement. Cette obsession punitive contre le capital relève d’un logiciel idéologique usé qui a vidé l’initiative de sa substance, fait fuir les talents et fragilisé la souveraineté économique.

Un débat rendu possible par une fiscalité dissuasive sur le travail et l’épargne

Le débat autour de la taxe Zucman prospère parce que des milliers d’entrepreneurs choisissent de ne pas se rémunérer à la hauteur de leurs responsabilités. La cause ne tient pas à la psychologie mais à l’arithmétique. La France applique la flat tax de 30% sur les revenus de capitaux mobiliers, à quoi s’ajoutent l’impôt sur les sociétés au taux normal de 25%, la contribution sociale sur l’IS et une jungle de contributions annexes. Face à cet empilement, le dirigeant rationnel remonte les dividendes vers une holding qui bénéficie du régime mère-fille, réintègre une quote-part fiscale limitée, puis réinvestit. Ce n’est pas de l’évasion, c’est la seule façon d’alimenter de nouveaux projets, de financer des acquisitions, de sécuriser une trésorerie ou d’absorber un choc de cycle.

Un exemple concret éclaire le mécanisme. Une société opérationnelle génère 1 000 000 d’euros de résultat distribuable. Distribution directe à la personne signifie en pratique environ 300 000 euros prélevés en flat tax, sans compter le coût d’opportunité sur l’investissement futur. Remontée à la holding, 95% des dividendes sont neutralisés, une quote-part de 5% reste imposable à l’IS, soit 12 500 euros. Reste près de 987 500 euros mobilisables immédiatement pour racheter un concurrent, embaucher des commerciaux ou investir dans l’IA. Si, plus tard, une partie est versée à la personne, la flat tax s’applique alors. Entre-temps, le capital a travaillé pour l’économie réelle. Traiter ces flux comme un « enrichissement personnel » à surtaxer confond trésorerie d’investissement et revenu privé.

Un récit militant soutenu par des réseaux transnationaux

Le portage intellectuel de la taxe Zucman s’appuie sur des institutions qui revendiquent des financements privés transnationaux et une présence dans les forums mondiaux. Rien d’illégal. Mais il serait naïf de détourner le regard de cette réalité lorsque le même discours enjoint les États à aligner leurs systèmes fiscaux et à transformer en norme internationale une option idéologique. Le marketing de la vertu fonctionne d’autant mieux que l’audiovisuel public lui déroule le tapis rouge, sans contradiction sérieuse sur la faisabilité juridique ou les effets de second tour.

Précisons que M. Zucman est le directeur de l’Eu Tax Observatory qui est financé par l’Open Society Foundation du milliardaire George Soros. L’ironie atteint son comble quand l’économiste militant conserve une partie de ses attaches fiscales aux USA, dans un pays où la charge effective sur les revenus de capitaux est bien plus douce que celle appliquée en France. Cette asymétrie entre la parole et les choix individuels ôte au projet sa crédibilité politique. Présent aux réunions du Forum économique mondial, il incarne l’influence mondialiste qui s’est immiscée dans les rouages de la gouvernance européenne. Le message implicite tient en une ligne : faire payer les travailleurs les plus méritants ou les faire fuir. 

Un projet de taxe mondiale qui flatte les slogans et ignore la compétition juridique

Le schéma promu par Gabriel Zucman propose de garantir un niveau minimal de prélèvement annuel sur la fortune des milliardaires. Sur le papier, le rendement espéré tutoie les centaines de milliards. Sur le terrain, l’expérience internationale montre qu’une taxe patrimoniale agressive déclenche immédiatement arbitrages de résidence, contentieux et substitution d’actifs. Le droit fiscal n’est pas une fable morale mais un système d’incitations. La mobilité des personnes à très hauts patrimoines, la concurrence des régimes d’impatriation, la protection des conventions bilatérales et la créativité des planifications légales rendent illusoire la promesse d’une collecte nette miraculeuse.

La France ne part pas d’une feuille blanche. Elle cumule niveau record de prélèvements et dépenses publiques hors normes. Le résultat ne se mesure ni en innovation ni en croissance. Une taxe mondiale additionnelle ne réparerait ni les faiblesses structurelles ni l’efficacité discutable de la dépense. Elle offrirait surtout un signal clair aux profils mobiles. Partir coûte moins cher que rester.

Canaliser l’épargne populaire vers la bourse plutôt que jalouser ceux qui y réussissent

Les marchés haussiers enrichissent ceux qui détiennent des actions. C’est une évidence. La réponse raisonnable ne consiste pas à fustiger les détenteurs mais à faciliter l’accès du plus grand nombre à ces performances. Une part de retraite par capitalisation, des enveloppes d’investissement élargies, une pédagogie financière de masse et une concurrence accrue entre courtiers ont davantage de chances d’améliorer le patrimoine des ménages que n’importe quelle surtaxe sur quelques milliers de fortunes. Le capitalisme populaire ne naît pas d’un slogan mais d’un cadre clair, stable et accessible.

L’exemple italien montre le chemin d’une fiscalité offensive

Au lieu de punir, certains voisins attirent. L’Italie a conçu un arsenal pragmatique pour faire venir compétences, retraités et capital. Le pays propose un prélèvement forfaitaire sur revenus étrangers pour les nouveaux résidents, un régime à 7% pour certaines pensions et des dispositifs généreux d’impatriation. Sans singer Rome, une doctrine française pro-croissance alignée sur ce type d’outils rehausserait l’attractivité, sécuriserait les recettes futures et limiterait l’exode des créateurs d’entreprises. La souveraineté se finance par la base fiscale gagnée, pas par la taxe symbolique affichée.

La hausse des grandes fortunes s’explique d’abord par la politique monétaire

Depuis vingt ans, les banques centrales ont gonflé leurs bilans et comprimé les taux. Les actifs rares ont flambé. Les indices ont profité, les multinationales rentables ont concentré la performance, l’immobilier prime a suivi. Les 500 plus grandes fortunes voient mécaniquement leur valeur exploser quand le prix des actifs grimpe à la suite d’injections de liquidité. Taxer le symptôme au lieu de s’attaquer aux causes revient à nier la logique monétaire. Redresser les équilibres budgétaires, stabiliser la trajectoire de dette, rétablir une monnaie crédible et prévisible, voilà ce qui réduit durablement les inégalités nées de l’inflation d’actifs.

Un boomerang psychologique sur l’écosystème entrepreneurial

La propagande anti-dividendes décourage ceux qui investissent le plus dans l’économie réelle. Elle alimente une suspicion générale. Elle fragilise la transmission capitalistique. Elle pousse les jeunes à renoncer ou à entreprendre ailleurs. Encore et encore, les créateurs d’entreprises se voient taxés sur une valorisation fictive : multimillionnaires sur le papier, mais rémunérés comme de simples salariés, ils deviennent débiteurs nets d’un impôt qui ne correspond à aucune réalité tangible. Poussés à bout par la fiscalité confiscatoire, ils quittent la France. Résultat : la filiale nationale se vide d’emplois, tandis que la richesse et les postes se créent en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, en Italie ou dans un pays off-shore. Ce n’est pas un caprice de riche, c’est un simple calcul de survie.

Chaque annonce de nouvelle taxe nourrit la même mécanique. Les dirigeants les plus mobiles arbitrent leur résidence. Les équipes financières revoient leurs plans. Les investisseurs exigent une prime de risque. Le coût du capital grimpe. La base fiscale s’érode. La souveraineté recule.

Répondre aux procès en intention sur les holdings et les dividendes

Accuser les holdings d’être un trou noir fiscal relève de la caricature. Les dividendes qui remontent ne sont pas un revenu consommable. Ce sont des ressources de croissance. Elles achètent du temps, des parts de marché, des ingénieurs, des machines, des logiciels, de la R&D. Elles absorbent les factures énergétiques, sécurisent des stocks ou financent l’export. La fiscalité française a d’ailleurs remplacé l’ancienne logique punitive par un compromis. L’entreprise paie l’IS sur sa base, la holding réintègre une fraction pour frais, et le versement à la personne est taxé le moment venu. Il n’y a ni magie ni passe-droit, seulement un calendrier aligné sur l’investissement.

Répéter que sans cette soupape les dirigeants « se paieraient enfin correctement » fait sourire. Dans un cycle volatile, se charger en salaires fixes rigidifie et met en péril l’ensemble, salariés compris. Maintenir une rémunération modeste et consacrer le gros du cash au développement n’est pas un vice. C’est une stratégie prudente et pro-emploi.

Le piège français, entre rejet du capitalisme et culte du social

Un pays qui revendique l’innovation tout en méprisant la réussite privée se condamne à l’impuissance. Le piège consiste à croire que la redistribution crée la richesse qui la finance. La France a fait le choix d’un État social tentaculaire, d’un effort éducatif qui ne produit plus les résultats attendus, d’une complexité normative qui asphyxie les PME et d’un débat public capturé par un moralisme budgétaire. La taxe Zucman s’inscrit dans cette pente. Elle promet de grandes recettes pour compenser des déficits qu’elle ne résout pas et cherche à imposer au monde une vision d’ingénierie fiscale centralisée qui annihile la concurrence des cadres juridiques.

La souveraineté se mesure à la capacité d’un pays à attirer les talents, à accumuler du capital productif, à financer son armée, sa police, ses tribunaux, sa recherche et sa transition énergétique sans tendre la sébile à ses voisins ni plumer des minorités mobiles. Le socialisme fiscal de dernière génération, habillé d’un récit globalisé, détruit exactement ce qu’il prétend sauver.

Sortir de l’idéologie pour reconstruire la souveraineté

Le socialisme fiscal affecte une vertu universelle. Il s’appuie sur des organisations transnationales, recycle les mêmes graphiques et accuse les marchés de tous les maux. Il oublie le coeur du problème. Les déficits chroniques, la dépense publique sans évaluation sérieuse, la sous-performance éducative, la désindustrialisation et la dépendance énergétique ne se corrigent pas par une taxe mondiale. Ils se corrigent par la compétitivité, l’investissement et l’ordre budgétaire. Faire payer plus une poignée de fortunés ne relève pas d’une stratégie gagnante mais d’une stratégie de destruction.

Par Tony L.

Passionné d'économie et de technologie, Tony vous propose des articles et des dossiers exclusifs dans lesquels il partage avec vous le fruit de ses réflexions et de ses investigations dans l'univers de la Blockchain, des Cryptos et de la Tech.

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