HSBC – Les difficultés du rachat

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Un peu comme une saga ou une série qui durerait trop longtemps, on a entendu parler, on en entend parler et on en entendra encore parler, les histoires et les rebondissements n’ont de cesse dans le cadre du rachat de la banque sino-britannique HSBC, pre­mière banque eu­ro­péenne avec 235 000 sa­la­riés et 40 mil­lions de clients à tra­vers le monde.

Contexte de la crise pour HSBC

HSBC est une bonne sino-britannique positionnée et implantée à l’internationale, à l’origine, l’objectif de sa création était de réaliser des échanges entre l’Europe et la Chine. Classée neuvième banque mondiale au printemps dans le « The Banker Top 1000 », sa filiale de Londres est l’une des plus grandes banques d’Europe, avec un actif de 2 918 milliards de dollars.

Le début de la fin

La banque HSBC a connu de beaux jours. Au début des années 2000, HSBC était au top. C’est après une décennie de croissance effrénée, tous continents confondus, que la banque a commencé à perdre de sa superbe. Les problèmes ont commencé en 2008 avec la crise américaine des subprimes.

Pour rappel la crise des subprimes, crise financière, a touché les États-Unis en 2007 qui s’est répandue sur le monde en 2008. Les subprimes sont des prêts immobiliers accordés à des ménages ne remplissant pas les conditions nécessaires pour souscrire un emprunt immobilier classique. Pour leur permettre d’emprunter, un mécanisme financier a émergé, son principe était simple : gager l’emprunt d’un ménage sur la valeur de leur bien immobilier. Les investisseurs ont accéléré le mouvement avec l’utilisation de la titrisation à tout va de ces titres à risques, certains en ayant même fait leur spécialité. S’ensuit l’endettement des ménages américains, l’effondrement des prix de l’immobilier…

 « Elle a dû pas­ser d’im­por­tantes pro­vi­sions pour ses ac­ti­vi­tés amé­ri­caines, payer d’im­por­tantes amendes et ses fi­liales eu­ro­péennes ont été im­pac­tées par les taux bas », pré­cise Jé­rôme Le­gras directeur de recherche pour Axiom Alternative Investments, société de gestion de portefeuille, à Londres.

 

Le cas Meng Wanzhou

Depuis cette affaire qui remonte à fin 2018 au Canada HSBC est devenue la bête noire de Pékin. Pour faire court, Meng Wanz­hou est la di­rec­trice fi­nan­cière et la fille du fon­da­teur du géant des té­lé­com­mu­ni­ca­tions chi­nois Hua­wei. Elle a été arrêtée à ce moment-là à la de­mande de la jus­tice amé­ri­caine, ac­cu­sée d’avoir contourné les sanc­tions amé­ri­caines contre l’Iran.

Partant de là il ne faisait aucun doute pour la presse chinoise que le coupable n’était autre que la banque HSBC, qui avait quelques années auparavant rencontrée Meng Wanz­hou pour lui demander des comptes sur les re­la­tions de Hua­wei avec Sky­com, une de ses fi­liales qui ven­dait des équi­pe­ments de té­lé­coms à l’Iran.

Malgré des tentatives de se racheter auprès de la Chine, comme par exemple en soutenant pu­bli­que­ment la loi contro­ver­sée de sé­cu­rité na­tio­nale im­po­sée par Pékin à Hong­kong elle n’a pas arrangé son cas. En effet cela lui a valu les foudres des au­to­ri­tés bri­tan­niques et de l’Ad­mi­nis­tra­tion américaine, qui l’a à maintes fois me­na­cée.

« En­ti­té non fiable » 

En septembre, c’est encore un nouveau coup dur pour HSBC. Cette fois c’est un journal d’État chinois qui affirme que le pays pourrait ins­crire la banque sur sa liste noire ou « Entités non fiables ». Si tel est le cas la banque se verrait dans l’interdiction de fi­nan­cer des ex­por­ta­tions ou des im­por­ta­tions en Chine. « HSBC est prise en étau entre la Chine et les États-Unis et elle ne sait pas com­ment conci­lier des in­té­rêts di­ver­gentsCela remet en ques­tion son mo­dèle éco­no­mique, car elle est à la fois pré­sente aux États-Unis et sur les mar­chés du dol­lar et de plus en plus im­plan­tée en Chine » ex­plique Eric Dor, di­rec­teur des Études Éco­no­miques à l’IE­SEG School of Ma­na­ge­ment.

Même s’il ne s’agit que d’une annonce cela n’a pas manqué de faire chuter le cours de son action.

 

Le plan de restructuration

HSBC subit également des conséquences économiques liées aux tensions entre la Chine et les États-Unis auxquelles se rajoutent un contexte difficile avec la crise sanitaire mondiale causée par la pandémie.

Pour bien comprendre il faut aussi prendre en compte le fait que la Chine a re­pré­senté 40 % de ses re­ve­nus en 2019 et 90 % de ses bé­né­fices. « C’est là que son ac­ti­vité est la plus ren­table », sou­ligne Jé­rôme Le-gras.

Dans la situation actuelle compliquée, et une faible rentabilité, elle a pour but de réduire ses coûts, c’est dans ce contexte qu’elle a an­noncé en fé­vrier un plan de re­struc­tu­ra­tion in­ter­na­tio­nal prévoyant la sup­pres­sion de 35 000 postes d’ici à 2022, es­sen­tiel­le­ment aux États-Unis et en Eu­rope, parmi les moins ren­tables.

La France est en pre­mière ligne où HSBC tente de vendre de­puis près d’un an l’ac­ti­vité banque de dé­tail, mais le pro­ces­sus traîne en lon­gueur.

Un rachat compliqué

Une sombre histoire, la struc­ture est en pertes. Difficile d’imaginer que cette banque a­che­tée 11 mil­liards d’eu­ros il y a vingt ans, pour­rait aujourd’hui être cédée pour 1 euro sym­bo­lique (prix d’un pain au chocolat) et pour en rajouter l’opé­ra­tion s’ac­com­pa­gne­rait d’une re­ca­pi­ta­li­sa­tion de la part d’HSBC qui devra y in­jec­ter 500 mil­lions d’eu­ros, soit une sacrée somme.

Les acheteurs potentiels

Plusieurs entités sont en lice, certaines offensives, certaines en retrait, toujours est-il que rien n’est fait et que la banque n’est pas plus avancée. Les entités sont :

  • le fonds amé­ri­cain Cer­be­rus à la tête de GE Money en France,
  • Meeschaert,
  • Anacap,
  • La Banque Postale et Société Générale,
  • Milleis,
  • My Money Bank et
  • Oddo BHF.

Rachat partie 1 du feuilleton

HSBC a mis en vente la banque de particuliers de sa filiale française lorsqu’elle a lancé le rachat. Pressenties pour le rachat, la Banque Postale et la Société Générale ont finalement eu d’autres chats à fouetter avec les problèmes à gérer causés par la crise du covid19. « C’était déjà un deal qui avait beaucoup de mal avant. Je ne peux pas imaginer que La Banque Postale et Société Générale soient concentrées dessus en ce moment », souligne un consultant interrogé par Les Echos.

Le temps passe, toujours rien, des rumeurs seulement. Il faut dire que miser sur une banque en déficit est déjà un pari risqué en temps normal, mais en période d’épidémie avec des répercutions difficiles tout secteur confondu c’est presque de la folie. Les entreprises ferment, l’économie tourne au ralenti… HSBC France qui compte, entre autres, 800 000 clients particuliers a perdu 39 millions d’euros en 2019, après une perte de 17 millions en 2018.

Pause pub : Un prix de vente dérisoire

D’après un expert, pour que la reprise de la banque se passe bien « il faut compter 200 à 300 millions d’euros pour financer la restructuration du réseau et un plan de départs portant sur environ 500 postes. S’ajoute à cela une migration informatique qui coûtera plus de 100 millions. » Ce qui explique le prix de vente possible pour une bouchée de pain au chocolat comme on le disait ci-dessus. Un autre expert en rajoute sur le sujet, et continue l’explication en disant ceci : « Dans le contexte actuel, cela nécessite des travaux colossaux par des gens qui sont tous arrêtés ou en télétravail ».

Rachat partie 2 du feuilleton

Certains veulent qu’une partie de l’entreprise, sauf que malheureusement si chacun se sert la part qu’il veut sans prendre ce qui est l’offre de départ ça ne fait pas avancer le Schmilblick.

Pour exemple le président de la banque de La Poste, avait mis un gros coup de pression sur HSBC, début mars, expliquant être intéressé par le rachat de la banque de détail d’HSBC en France, s’il pouvait mettre la main sur l’activité qui l’intéresse vraiment : les 60000 clients entreprises de l’enseigne. « Je ne suis pas candidat au rachat du réseau HSBC dans le périmètre qui est en vente aujourd’hui », expliquait-il.

Pause pub : Interrogation stratégique

Oui, non, oui mais à condition que… c’était sans compter les interrogations stratégiques en parallèle des différents protagonistes. Anacap envisagerait de recentrer Milleis et de vendre l’assurance-vie, soit la moitié de son produit net bancaire. Milleis qui a bouclé un deuxième exercice dans le rouge. Une vente pas encore actée, mais qui fait craindre en interne que cette perte de revenus potentielle accroisse fortement la pression sur les effectifs. Sur les 1.000 emplois repris à Barclays en 2016, 300 ont déjà fait l’objet d’une convention de rupture.

Rachat partie 3 du feuilleton

A force j’ai cette vieille chanson en tête : « Tu veux ou tu veux pas, tu veux c’est bien, si tu veux pas tant pis ». Chez HSBC France, le flou demeure. Les derniers en lice, Milleis, My Money Bank et Oddo BHF examinent toutes les options possibles, selon des sources. « Les fonds approchent les acteurs bancaires pour étudier une revente éventuelle de certaines parties des activités de HSBC », dit l’une. On en revient donc au fait que la direction de HSBC France risque de devoir faire des concessions. Encore faut-il qu’elle le veuille. Pour le moment elle reste sur sa position de départ : vendre la totalité de l’assurance, la banque privée (pour les clients détenant jusqu’à 10 millions d’euros d’actifs) et la banque de PME (jusqu’à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires).

Les candidats ont-ils les moyens, autant en termes financier qu’en termes de capacité et d’effectifs. On en revient à l’exemple de la Banque de la Poste, certains des prétendants excluent l’assurance de leur analyse. Oddo BHF, l’acteur institutionnel le plus solide, est lui surtout intéressé par la banque privée… C’est un casse-tête pour HSBC, qui n’avance pas.

 

Pause pub : ce n’est qu’un au revoir

La complexité de la restructuration et des négociations avec les autorités de régulation pour la reprise de la banque de détail ont eu pour effet de refroidir la majeure partie des acquéreurs.

Rachat partie 4 du feuilleton

La banque pour­rait bien être bra­dée au fonds amé­ri­cain Cer­be­rus selon Reu­ters. Fin septembre la rumeur courait que la banque HSBC était en train de finaliser des discussions avec ce candidat.

Ce dernier aurait proposé à HSBC de reprendre cette activité pour un euro symbolique moyennant un apport de cette dernière de plus de 500 millions d’euros.  Pour se faire HBSC travaillerait avec la banque Lazard en vue de la cession des 270 agences du groupe en France, le directeur général Noel Quinn souhaitant réduire les coûts du groupe.

Cerberus et HSBC n’ont pas souhaité faire de commentaires, donc on peut penser que rien n’est fait ni même certain.

Pause pub : relooking

Les feux de l’amour version financière. HSBC avait déjà indiqué que sa banque de détail en France faisait l’objet d’une revue stratégique pour preuve l’an­nonce en juillet de la sup­pres­sion d’un tiers des postes en banque d’in­ves­tis­se­ment.

Rachat partie 4 du feuilleton : un acquéreur mystérieux

En parallèle du candidat Cerberus que l’on pensait être celui qui obtiendrait la rose comme dans l’émission le Bachelor (« ne me jugez pas« , je dénonce c’est Lucie M. qui a rédigé cet article.) rebondissement, on apprend qu’il y aurait une autre société d’investissement, dont l’identité n’a pas été dévoilée. Toujours est-il que l’un comme l’autre les deux finalistes souhaitent que la société soit entièrement recapitalisée par HSBC (cette dernièrey injectant au moins 500 millions d’euros) avant de pouvoir l’acquérir pour la modique somme d’un euro symbolique, selon des sources proches du dossier.

Pause pub : la position du régulateur

On est toujours sur notre pain au chocolat pour le prix, ce n’est pas si simple, il y a un nouveau protagoniste à prendre en compte dans tout cela : le régulateur. Quelle est sa mission ? Que veut-il ? « Il doit s’as­su­rer du sou­tien que les fonds d’in­ves­tis­se­ment ap­por­te­ront à l’éta­blis­se­ment en cas de dif­fi­cul­tés pour épon­ger les pertes, car ces der­niers ont sou­vent un de­voir fi­du­ciaire prio­ri­taire à l’égard de leurs in­ves­tis­seurs, ex­plique un ban­quier. Le ré­gu­la­teur sou­haite donc que les fonds eux-mêmes in­ves­tissent et fassent un chèque ».

 

Affaire à suivre… Vous n’êtes pas plus avancé ? C’est aussi le cas de la banque HSBC malheureusement. Un peu d’humour dans ce monde de brute qu’un pain au chocolat ou chocolatine ne pourra adoucir.

 

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