Enfant à charge : que puis-je déduire de mes impôts ?
Les étudiants les plus chanceux sont souvent sous l’aile des parents qui leur donnent de l’argent de poche et payent le loyer et les charges fixes. Heureusement, il est possible pour certains de bénéficier d’aides pour joindre les deux bouts. D’autres encore, arrivent à combiner vie étudiante, études et démarrent dans la vie professionnelle avec un job étudiant, un stage rémunéré, une alternance ou un emploi de quelques heures par semaine. Mais pour les parents qui ne sont pas un puits sans fond, quelles sont les options pour faire face à ces dépenses ?
Déduire de ses impôts le loyer de son enfant
Votre enfant est majeur et il a décidé de poursuivre ses études. Dès sa majorité, il est considéré comme indépendant sur le plan fiscal. Se présentent alors deux options qui ne sont pas cumulables :
- Continuer à rattacher votre enfant à votre foyer fiscal pour déduire une demi-part. Ceci est possible jusqu’à ses 21 ans ou 25 ans dans le cadre d’un étudiant.
- L’autre option est aussi attractive et pas toujours connue. En effet, s’il est détaché de votre foyer fiscal et qu’il ne gagne pas assez d’argent pour subvenir à ses besoins, il est alors possible de déduire une pension alimentaire.
De nouveau cette pension alimentaire, qui est déductible de vos charges, dispose de deux options :
- Soit l’enfant dispose de son propre logement et dans ce cas, il est possible de déduire jusqu’à 6 855€ par an et enfant, dans le cadre des revenus de 2025. S’il n’est pas célibataire, mais en couple (pacs ou mariage), la déduction est alors de 6 855€ et s’il a une famille, il est possible de déduire jusqu’à 13 710€.
NB : Cette action est possible même si le jeune ne fait pas ses études et même s’il a plus de 25 ans… une pensée à tous les Tanguy qui ont été mis à la porte du cocon familial… Ici, il faudra fournir une preuve du versement de cette pension, ainsi que justifier l’incapacité de l’étudiant à subvenir à ses besoins. De son côté, l’enfant devra indiquer le montant dans cette pension dans sa déclaration de revenus. Cette pension permet de payer des frais inhérents à sa vie quotidienne, comme : des frais de santé, le loyer... il faudra conserver les preuves en cas de demande de l’administration fiscale. C’est-à-dire en cas de contrôle fiscal. - Si les parents ou la famille monoparentale hébergent le jeune, dans ce cas, le montant de la pension est moindre. Elle s’élève à 4 075€ par enfant et année. Il n’est pas nécessaire de justifier quoi que ce soit ici. D’autres frais réels peuvent être déduis, tels que les frais de scolarité par exemple. Ces dépenses doivent être justifiées et ne peuvent dépasser 6 855€. Sauf si le jeune est pacsé ou vie sous régime marital. Dans ce dernier cas, la déduction va jusqu’à 8 151€.
À titre informatif, le montant de cette pension alimentaire à été révisée et revue à la hausse en 2025 et sur cette page, les informations sont à jour.
Avant d’appliquer cet abattement sur vos impôts sur le revenu, il faut bien peser le pour et le contre. Faire une simulation préalable avec l’outil disponible en ligne sur le site : impots.gouv.fr est une bonne idée.
Récapitulatif : Pension alimentaire versée à un enfant majeur et déduction fiscale
| Situation | Option fiscale possible | Conditions principales | Montant déductible pour les revenus 2025 | Justificatifs à conserver | Conséquence pour l’enfant |
|---|---|---|---|---|---|
| Enfant majeur encore rattaché au foyer fiscal | Rattachement fiscal | Possible jusqu’à 21 ans, ou jusqu’à 25 ans s’il poursuit des études | Pas de pension déductible, mais avantage via une demi-part fiscale | Justificatif d’âge, de scolarité si étudiant | L’enfant ne fait généralement pas sa propre déclaration séparée |
| Enfant majeur détaché du foyer fiscal | Pension alimentaire déductible | L’enfant (célibataire) doit faire sa propre déclaration et ne pas avoir assez de revenus pour subvenir à ses besoins | Jusqu’à 6 855 € par an et par enfant | Preuves des versements + preuve de l’état de besoin | L’enfant doit déclarer la pension reçue comme revenu imposable |
| Enfant majeur détaché, marié ou pacsé | Pension alimentaire au couple | Le plafond dépend de la participation ou non des beaux-parents | 6 855 € si les beaux-parents participent aussi ; jusqu’à 13 710 € si les parents assument seuls l’entretien du couple | Preuves des versements et de la situation du couple | La somme déduite doit être déclarée par le bénéficiaire |
| Enfant majeur détaché et chargé de famille | Pension alimentaire renforcée | L’enfant a lui-même une famille à charge | Jusqu’à 13 710 € | Justificatifs des versements et de l’état de besoin | Pension imposable chez l’enfant |
| Enfant majeur hébergé chez ses parents | Forfait hébergement/nourriture | L’enfant vit sous le toit des parents et n’a pas assez de ressources | 4 075 € par an et par enfant, sans justificatif détaillé | Pas besoin de justifier le forfait, mais mieux vaut pouvoir prouver l’hébergement | Le montant est en principe à déclarer par l’enfant |
| Enfant majeur hébergé + autres frais réels | Forfait + frais justifiés | Les parents paient aussi des frais réels : scolarité, santé, transport, etc. | Total plafonné à 6 855 € | Factures, reçus, preuves de paiement | L’enfant déclare le montant admis en déduction |
| Enfant majeur marié ou pacsé hébergé | Forfait majoré | Enfant marié ou pacsé vivant chez les parents | Jusqu’à 8 151 € | Situation familiale à justifier | Montant imposable chez l’enfant |
Les bons plans à connaître pour les étudiants et leurs parents
Le principal à nos yeux est de devenir indépendant au maximum et de s’affranchir des aides de l’État et des parents. Pour se faire, il faudra partir à la recherche d’un emploi en CDD, à mi-temps ou moins si possible pour privilégier les études car pendant cette période de la vie l’apprentissage à l’école (qu’il s’agisse de l’Université, d’une Ecole de Commerce, un BTS, IUT ou autres) est le plus important.
Heureusement, il y a des coups de pouce disponibles :
- Dans les récentes initiatives pour les jeunes qui se retrouvent de plus en plus démunis face à l’inflation, à l’augmentation des loyers… une association sous le nom de Linkee apporte une aide alimentaire.
- Pour trouver un logement au meilleur prix, nous avons fait une enquête avec des solutions pour la caution mais aussi avec les aides pour le loyer.
- Concernant la prise en charge des frais de scolarité, certains organismes de crédit proposent de financer les études. C’est un choix délicat et démarrer dans la vie professionnelle avec un crédit n’est pas évident à gérer…
La réduction d’impôt pour frais de scolarité
Il est possible de bénéficier d’une réduction d’impôt pour payer les frais de scolarité d’un enfant qui étudie au collège, au lycée ou à l’université.
Frais de scolarité : Comment en profiter pour réduire ses impôts ?
En réalité, le montant de cette déduction d’impôt au titre des frais de scolarité des enfants à charge varie en fonction de la situation du foyer du parent et du niveau de scolarité de son enfant.
Si un enfant suit des études secondaires dans un collège ou dans un lycée, ou si celui-ci suit des études supérieures à l’université, l’État accorde une réduction d’impôt pour chaque enfant à charge. Certes, le droit fiscal français prévoit un avantage fiscal aux foyers qui ont des enfants qui suivent un enseignement secondaire ou supérieur, et ce, sous certaines conditions. Néanmoins, le montant de la réduction d’impôts n’est pas tout à fait proportionnel aux dépenses réelles engagées, mais sera calculé au forfait suivant le type d’établissement de l’étudiant.
On retiendra que le montant déductible est de :
- 61€ par jeune au collège, ou 30,50€ en cas de garde alternée.
- 153€ pour le lycée (qu’il s’agisse d’un Lycée général, professionnel ou technologique),ou 75,50€ en cas de garde alternée.
- 183€ pour l’enseignement supérieur, ou 91,50€ en cas de garde alternée.
Cependant, obtenir cette réduction d’impôt n’est pas automatique. Le contribuable doit le signaler dans sa déclaration de revenus n°2042, Cerfa n°10330. Les familles modestes comme celles qui sont non-imposables ne peuvent malheureusement pas en bénéficier, car cette réduction d’impôt n’offre pas la possibilité de recevoir une restitution venant de l’administration fiscale.
À qui s’adresse cet avantage fiscal ?
D’une manière générale, ceux qui peuvent en bénéficier sont les parents de collégiens, de lycéens ou d’universitaires.
Ceux qui en bénéficient
Ces parents peuvent donc prétendre à la déduction d’impôt si leur enfant à charge est toujours rattaché à son foyer fiscal et est scolarisé :
- En SEGPA ou dans un collège ;
- Dans un lycée ;
- Ou encore dans un établissement d’enseignement supérieur tel qu’une université, DUT, classe préparatoire, BTS, ou autres.
Ceux qui suivent des études secondaires ou supérieures au 31 décembre de l’année d’imposition sont les seuls qui peuvent bénéficier de cette réduction d’impôt, quel que soit l’âge de l’enfant. Pour bénéficier de cet avantage fiscal, il suffit de faire une demande auprès de l’administration fiscale et de cocher les cases concernées pendant la déclaration d’impôt en ligne.
Ceux qui ne sont pas concernés
- Les parents d’élèves étudiant dans un CFA ou Centre de Formation des Apprentis n’ont pas droit à cet avantage fiscal puisque le CFA n’est pas considéré comme un établissement d’enseignement secondaire.
- En ce qui concerne les parents d’élèves suivant des cours par correspondance, ils ne sont pas non plus concernés par cette déduction fiscale. Toutefois, il existe une exception pour les formations organisées par le CNED.
- Quant aux parents d’enfants en primaire ou en maternelle, ils ne peuvent pas non plus prétendre à cette réduction d’impôt pour frais de scolarité des enfants à charge, même si l’enfant est inscrit dans une école privée payante.
- À titre informatif, les parents d’élèves en classe de CM2 en début d’année scolaire et qui passe en sixième en fin d’année scolaire, n’ont pas droit à cette déduction fiscale.
En tout, cet avantage fiscal ne s’adresse qu’aux enfants scolarisés à partir du collège, qu’il s’agisse d’un établissement public ou privé.
Déduction fiscale et pension alimentaire pour un parent (versé à un ascendant)
Après les descendants, il faut savoir que l’aide apportée aux parents dans le besoin, et donc ascendants, sont également déductibles.
Qui est éligibles à la déduction fiscale « pension alimentaire ascendant » ?
- Le parent doit être dans le besoin « alimentaire »,
- Cette aide doit couvrir les « besoins essentiels », tels que le logement, la santé, l’alimentation…
- Le montant doit être cohérent avec les revenus du donneur.
- Si le parent est hébergé chez l’aidant, qu’il a plus de 75 ans et que ses revenus sont inférieurs à 12 411,44€ pour une personne seule ou 19 268,80 pour un couple.
Pension alimentaire ascendant : Montant 2026
Le montant déductible des impôts en 2026 est de 4 075€.
Il est impossible de cumuler crédit d’impôts servant à employer une personne au domicile du parent et cette déduction fiscale.
Rédactrice en école de journalisme à Aix-en-Provence