Le credit crunch : c’est quoi ?

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Marc Touati, économiste auteur et entrepreneur parle souvent de « credit crunch ».  L’actualité et notamment Bloomberg (spécialiste de l’information économique et financière) parle justement de la prochaine crise du crédit. Le moment serait critique pour les banques. Une courbe des rendements inversée exercerait une pression sur les marges d’intérêt nettes et entrainerait l’arrêt du crédit aux emprunteurs considérés comme les plus faibles.

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Comment fonctionne le credit crunch ? 

Ce phénomène financier intervient suite à une défaillance bancaire, des pertes importantes essuyées par les banques sur plusieurs actifs, des tensions financières entrainant leur méfiance, leur refus de se prêter des fonds entre elles ou encore à une chasse aux liquidités.

Un rationnement du crédit produit par les banques

L’expression anglaise « credit crunch » désigne un phénomène financier dangereux pour l’économie :

  • Les banques rationnent le crédit offert aux entreprises et même aux particuliers. Autrement dit, il s’agit d’une pénurie de crédit,
  • Elles déterminent elles-mêmes les conditions d’octroi de crédit pour minimiser les risques de défaut de paiement,
  • Pour rationner l’offre, elles utilisent d’autres moyens que le prix,
  • L’évènement ne s’accompagne pas nécessairement d’une forte hausse des taux,
  • Par conséquent, les candidats potentiels à l’emprunt, qui habituellement pouvaient contracter un prêt, n’en trouvent plus.
  • La mécanique est infernale puisque l’activité économique se retrouve à son tour pénalisée. Les risques de non-paiement sont aggravés. Afin de limiter leurs expositions, les établissements prêteurs sont amenés à réduire davantage leurs offres de crédit.

Les États ont plusieurs moyens pour prévenir le credit crunch

Pour que les marchés financiers ne se retrouvent pas bloqués et pour ne pas asphyxier l’économie réelle, les États mettent en place des mesures préventives. Parmi les plans d’action ayant déjà fait leur preuve par le passé, il y a :

  • L’augmentation des facilités pour refinancer les banques centrales,
  • La recapitalisation des entreprises et des établissements bancaires en difficulté grâce à des nationalisations temporaires ou des prises de participation publiques,
  • L’établissement d’un climat de confiance en octroyant des garanties publiques à tous les nouveaux crédits interbancaires.

Est-ce qu’une crise du crédit est à craindre ? 

D’après Bloomberg, une courbe des taux profondément inversée menacerait de réduire les marges nettes d’intérêt des banques. À terme, cela entrainerait une crise du crédit particulièrement aiguë dans les prêts à effet de levier, les marchés émergents et la dette européenne.

Les banques américaines pourraient arrêter d’offrir du crédit à certains emprunteurs

Dans son article, Edward Harrison, rédacteur en chef du site Bloomberg recommande de surveiller les revenus des banques pour rechercher des signaux du resserrement du crédit. Aux États-Unis, l’expert en banque et finance en a déjà relevé plusieurs :

  • Le premier semestre a été désastreux pour les actions et le crédit.
  • Les bénéfices des banques ont commencé tard puisque la Réserve fédérale a augmenté agressivement les taux d’intérêt. Les marchés du crédit ont alors commencé à s’effondrer. Les faits pourront entrainer la récession de l’économie,
  • Même si l’économie américaine n’est pas encore en récession, les données commencent à tendre vers une telle situation.
  • Une grande partie de la situation du crédit va dépendre de la future politique de la Réserve fédérale.

Certains pays sont à risque

Selon les précisions de Bloomberg, à part les États-Unis, d’autres pays combineraient tous les facteurs pour un credit crunch :

  • En Europe, les entreprises font face aujourd’hui à la plus forte hausse du coût de la dette depuis la crise financière mondiale. La récession serait même plus probable en comparaison avec les États-Unis
  • Les plus à risque seraient les pays émergents où un bon nombre s’est précipité pour vendre des obligations durant la pandémie du fait des besoins de dépenses extraordinaires et des faibles coûts d’emprunt. Mais actuellement, les taux sont montés en flèche. Plus de 200 milliards de dollars de dette émergente sont ainsi menacés.

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