Treezor : des mécontents et un manque d’information

Publié le - Auteur Par Lucie
Treezor : des mécontents et un manque d’information

Notre équipe reçoit régulièrement des plaintes ou du moins des messages mettant en avant les limites de Treezor, la branche Bank as a Service (BAAS) de Société Générale. Nous faisons le point sur la plateforme Treezor qui permet aux Fintechs de devenir une solution de paiement.

Une plainte qui illustre bien la perception de Treezor

Voici, pour commencer, une plainte type reçue par nos équipes, ainsi qu’un rappel sur les prestations de Treezor.

Les avis négatifs concernant Treezor

Un utilisateur de Twitter, qui a testé beaucoup de solutions faisant appel aux services de Treezor, exprime le retour suivant :

« Treezor est la base des offres de la plupart des fintechs proposant des comptes pros :  Lydia, Paykrom, Finom, Shine, … «  mais aussi d’autres pour les particuliers comme  Vybe (pour les mineurs) qui a annoncé la fermeture de son activité récemment, Yeeld pour épargner, Matera pour les syndic de copro, Zelf, ….

« De fait, les offres proposées sont quasi toutes similaires :

  • Gestion de la CB depuis l’app,
  • Activation similaire de la carte de paiement, 
  • Ajout de reçu (pour faciliter les notes de frais)
  • Apple pay et Google pay sont enfin arrivés,
  • CB de débit (uniquement malheureument), dépôt d’espèces impossibles, accord de prêt impossible, sont tant de problèmes à prévoir…« 

Cette déception reflète le ressenti de nombreux utilisateurs de comptes pro tout-en-un. Ils se retrouvent face à un service de paiement peu flexible : débit immédiat et autorisation systématique. Si l’argent n’est pas sur le compte ou si la connexion avec le terminal est mauvaise, le paiement est refusé.

Différence entre une solution de paiement, ici un compte pro tout-en-un et une banque

A travers cet avis négatif, il semble que quelque chose au regard de la Loi a échappé aux utilisateurs.

Ces comptes de paiement sont moins chers que ceux proposés par une banque classique traditionnelle. Ils permettent donc de gagner :

  • De l’argent, en faisant des économies sur les frais bancaires,
  • Et du temps, car ils vont bien plus loin qu’une simple solution de gestion de flux financiers et sont plus rapides car souvent gérés en instantané.

Ils sont plus agiles, flexibles car ils ne sont pas régis par la même règlementation.

Une banque physique dispose d’un agrément bancaire ce qui fait d’elle un établissement de crédit, pouvant proposer des crédits et cartes de crédit à débit différé. Celui-ci est délivré par l’ACPR et requiert une très grande rigueur face à la règlementation et un engagement financier important. De leur côté, les établissements de paiement ne disposent pas de ce statut légal. Ils ne sont pas des établissements de crédit et ne peuvent pas proposer ce type de service.

Dire qu’un acteur utilisant les services de Treezor est moins bien car il ne propose pas de crédit, d’encaisser des espèces … revient à dire que l’eau ça mouille !

Qu’est-ce que Treezor ?

Nous l’avons déjà présentée, Treezor c’est une filiale de la Société Générale, qui propose une plateforme de Banking-as-a-service. Grâce à Treezor, de nombreuses Fintechs peuvent proposer des solutions de paiement, sans avoir les agréments bancaires nécessaires !

Treezor est une belle réussite entrepreneuriale, avec une présence dans 25 pays.

Un manque de culture bancaire évident

Voici notre analyse détaillée de la situation concernant Treezor et les acteurs de la fintech qui y font appel !

Treezor n’a pas vocation à communiquer directement auprès des consommateurs. Les Fintech et banques : oui, les sites d’informations financières comme ComparateurBanque.com : aussi. A nous d’intéresser les Français et de leur apporter cette culture qui leur manque.

Le problème n’est pas Treezor, mais le manque d’information

Afin de pouvoir proposer une carte de crédit et des solutions de financement classiques, il est nécessaire de détenir l’agrément bancaire. Or, généralement, ces acteurs ne sont « que » des agents de services de paiement ou d’établissements de paiement. Il est vrai que la culture financière et bancaire des Français laisse un peu à désirer et qu’il faudrait les aider en ce sens. C’est pour cette raison que nous publions tous les jours des articles d’actualité, des guides pour mieux utiliser ce type de services …

Par ailleurs, pour proposer l’encaissement d’espèces, il faut avoir des bureaux physiques ou un réseau de partenaires physiques. Or, les établissements qui font appel à Treezor sont des acteurs en ligne. Seuls Nickel et les offres de cartes prépayées pour le moment font figure d’exceptions, avec leurs points de vente agréés, tels les buralistes, par exemple.
Ici le consommateur doit s’informer par lui même. Les autres acteurs du digital permettant d’encaisser des espèces sont des banques en ligne qui appartiennent à des banques physiques, comme par exemple Monabanq et Hello bank ! Concernant les comptes pros et le dépôt d’espèces, il est possible que, d’ici quelques temps, Shine (avec la Société Générale) et Blank (avec le Crédit Agricole) permettent des dépôts d’espèces. Mais, il n’y a rien de confirmé pour le moment. Nous émettons cette hypothèse car ces sociétés appartiennent à un acteur physique et traditionnel.

Shine, Paykrom, Qonto …  ne sont pas des banques !

Rares sont les acteurs de la fintech qui quittent Treezor ou ses concurrents comme Solaris Bank, pour créer leur propre écosystème. Pourtant Qonto a fait ce pari. La licorne Qonto reste un établissement de paiement mais a décidé de créer son propre système en interne.

Faire appel à Treezor permet aux startups de gagner du temps en utilisant des services existants et reconnus.

Pourquoi Paykrom a choisi Treezor ?

L’argent des clients de Paykrom n’est pas déposé sur ses propres comptes. Il est déposé au bilan d’un établissement de crédit. Nous renvoyons nos lecteurs à la notion de compte de cantonnement pour en savoir plus.

En tant qu’établissement régulé, Paykrom assure la totale confidentialité des opérations, dans des conditions de sécurité optimales. Chez eux, seul le personnel habilité peut avoir accès aux comptes, dans le but de s’assurer de la bonne conformité des opérations.

Et en cas de faillite, car il faut toujours prévoir le pire, les fonds de leurs clients entrepreneurs ne pourraient en aucun cas être impactés. Cet argent serait restitué sur le compte désigné par le client.

Le fait que Treezor appartienne à Société Générale peut cependant rassurer certains prospects et clients, étant donné que la marque Paykrom n’est pas encore très connue.

 

Par Lucie

Lucie est rédactrice sur ComparateurBanque.com depuis le début. Elle aime tester les offres et partager son expérience. Elle a aussi d'autres casquettes dans l'équipe.

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