Pourquoi les femmes se détournent-elles de l’information en ligne autour des banques ?

Publié le - Auteur Par Olivier B.
Pourquoi les femmes se détournent-elles de l’information en ligne autour des banques ?

Partout le constat est identique : les canaux en ligne (blogs, chaines youtube) qui parlent des banques, des Fintechs et de gestion d’argent affichent une audience masculine en grande majorité. Les femmes, y compris les jeunes générations, se censureraient-elles autour des questions d’argent ? En croisant plusieurs enquêtes sur cette thématique, essayons de trouver une explication.

Femme, banque, argent : une méfiance et des clichés persistants

Les femmes sont méfiantes par rapport aux banques en ligne et aux néobanques. Une étude Happydemics de juin 2020 indique que, sur 76% des clients des banques traditionnelles qui se méfient, les deux-tiers sont des femmes.

Des femmes plus prudentes sur leurs connaissances

Les raisons exprimées à l’endroit des banques mobiles sont principalement le scepticisme sur la qualité de l’accompagnement et sur les produits bancaires en ligne. Les femmes ont également une confiance moindre en leurs connaissances financières par rapport aux hommes ce qui les incite d’autant à la prudence et peut-être à l’envie d’avoir un conseil humain personnalisé. Selon un sondage Ifop, 61% des femmes se sentaient à l’aise avec les questions budgétaires et financières contre 76% chez les hommes. Et 23% des femmes revendiquaient avoir plusieurs comptes courants contre 34% des hommes.

 

Des clichés et une « violence économique »

Récemment un article de Marie Claire rappelait qu’en 2015, 35% des hommes estimaient les femmes trop dépensières. Un sondage Bred-Banque Populaire/Le Parisien prouve que le stéréotype perdure y compris chez la jeune génération : 45% le pensent toujours chez les 18-24 ans, et 39% chez les 25-34 ans. De quoi alerter sur la violence économique parfois imposée au sein des couples, excluant la femme de la gestion de l’argent pour mieux avoir le contrôle. Pourtant, les femmes mariées ont le droit d’avoir un compte en banque depuis 1965 et d’investir depuis 1967…

Rappelons que dans certains pays et grandes villes, comme à Dubaï quand une femme fait une dépense avec la carte bancaire du compte commun, son époux est systématiquement informé et immédiatement.

Une gestion du budget mieux planifiée

Une autre étude CSA/Marie Claire montre toutefois que 57% des femmes disent gérer l’argent du quotidien à égalité avec leur conjoint (36% sont même aux commandes). 6 femmes sur 10 prétendent mettre de l’argent de côté contre seulement 54% des hommes. Un autre sondage datant de 2019 renforce ce côté gestionnaire puisque les femmes font preuve d’organisation dans le pilotage de leur budget et de leurs dépenses : 85% planifient leurs achats importants six mois à l’avance, 74% attendent les soldes, 64% les promos et 63% les remises intéressantes. En revanche, le crédit est moins un réflexe chez les femmes (15%) que chez leurs homologues masculins (19%), y compris quand elles se lancent dans l’entrepreneuriat (79% le font sans financement !).

 

Services financiers : des produits qui s’adressent peu aux femmes

En matière d’aversion au risque, les experts estiment que les femmes font moins d’erreurs stratégiques. Les hommes pêchent par excès de confiance les poussant à des arbitrages plus souvent trop aventureux.

Le jargon financier, ce repoussoir

Commentant la 3ème édition du rapport Women in Financial Services, Martina Weimert, associée au sein du cabinet Oliver Wyman et spécialisée dans les services financiers, estime que si 25% des femmes ont « moins confiance dans leur capacité à gérer des produits financiers, il s’agit aussi et surtout d’une problématique d’approche clients opérée par les établissements financiers ». Martina Weimert rappelle que les femmes détestent le jargon des prestataires financiers et surtout qu’elles pâtissent de produits bancaires non adaptés à leurs parcours.

Des parcours de vie plus hachés

Rien de neuf : les femmes ont une trajectoire dans leur vie active moins linéaire que les hommes. Il faut ajouter à cela l’écart salarial en leur défaveur de 15,5% en France en moyenne (14,8% dans l’Union européenne). Conséquence : l’exposition à une situation de fragilité bancaire est bien plus élevée pour elles d’où aussi leur prudence. L’enquête CSA/Cofidis, parue en mars 2019, montre que 24% des femmes déclarent avoir du mal à boucler leurs fins de mois (15% chez les hommes) et que 47% ont eu recours à un découvert bancaire dans les 12 derniers mois (34% des hommes).

 

Réviser les produits financiers

Martina Weimert constate pourtant qu’à « revenus égaux, ces dernières devraient bénéficier d’un niveau d’équipement comparable à celui des hommes. Ce qui n’est ni le cas pour des produits comme l’assurance-vie, les crédits immobiliers, ou encore les crédits destinés aux créateurs d’entreprise. » L’idée serait donc de concevoir des produits qui répondent aux besoins des femmes et non, comme actuellement, des produits prioritairement conçus pour l’homme moyen comme c’est le cas dans la gestion du patrimoine.

L’égalité femmes/hommes au sein de la Tech en question

Si les produits bancaires et les services financiers sont si peu adaptés aux besoins des femmes, peut-être que la faible représentation de ces dernières dans les fonctions de direction des établissements pèse.

 

Une faible proportion chez les décisionnaires

En France, la loi Copé-Zimmermann du 27 janvier 2011 encadre la représentation femmes/hommes dans les conseils d’administration et de surveillance. Avec de réels résultats obtenus notamment dans les banques traditionnelles, sauf dans les comités exécutifs où le seuil de 40% ne s’applique pas. A l’échelon mondial, le rapport 2019 Women in Financial Services indique que le travail reste à faire avec une proportion de femmes famélique à certaines fonctions de décision : 6% de PDG et 9% d’administratrices.

Des exemples de femmes dirigeants

Petit rappel non exhaustif des femmes qui sont à la tête de banque ou néobanques en France aujourd’hui :

  • Karien van Gennip quitte la direction de ING France en septembre 2020. Elle avait le poste de PDG depuis 2015.
  • Caroline Lehericey  directrice de Hello bank! chez BNP Paribas depuis 2017.
  • Alice Holzma, directrice de Ma French Bank de la Banque Postale depuis 2018.
  • Noémie Nicod, co-fondeur et CMO de Vaultia, une néobanque française qui a le vent en poupe.
  • Diana Brondel, CEO et fondatrice de Xaalys, une néobanque dédiée aux jeunes.
  • Canelle Chokron, Co-fondatrice et CMO de Vybe est la seule jeune femme au sein d’une équipe de cinq.

On voit que les femmes sont de plus en plus présentent dans les nouvelles générations de Fintech. Elles sont souvent intégrées dans un groupe de co-dirigeants, co-fondateurs. Et si c’était l’avenir de la finance ? Un monde mixte tout simplement. Un fait marquant, Vaultia et Vybe sont toutes deux des structures qui sont véritablement à l’écoute du client et très proches de lui. Hâte de voir comment ces néobanques vont évoluer avec le temps.

Les femmes aux manettes, c’est plus de rentabilité

Et les sociétés financières auraient tout à y gagner. Le cabinet Oliver Wyman chiffre à « 700 milliards de dollars de revenus additionnels si [les sociétés financières] prenaient mieux en compte les attentes de leurs clientes femmes. » Enfin, pour corroborer cette hypothèse, une étude S&P Global Markets Intelligence montre que les entreprises avec une directrice financière obtenaient de meilleurs résultats que les autres, avec un bond de 6,2% de leur rentabilité, sous 24 mois suivant la nomination d’une femme à la place d’un homme dans cette fonction.

 

 

Promouvoir la diversité, c’est la raison d’être qui anime Women in Tech, une organisation internationale dont la vocation est de réduire le fossé entre les genres et d’aider les femmes à pénétrer le secteur des nouvelles technologies. Avec l’espoir que les clichés se dissipent et que l’éducation financière que nous promouvons aussi sur nos canaux en ligne indépendants ouvre des horizons à toutes…et à tous !

 

ComparateurBanque.com ne s’inscrit pas dans la tendance féministe actuelle, qui nous semble plus être de la victimisation et de la dénonciation. Nous pensons que les femmes ont un rôle très important à jouer dans la société aujourd’hui, encore plus qu’hier. Et nous déplorons leur manque d’intérêt sur le sujet : Banque et Fintech. Pourtant avec une femme aux manettes … Stéphanie Thomas devrait savoir s’adresser à elles. Elle n’a pas dit son dernier mot ! En commentaires, vous pouvez laisser des idées de sujets à traiter, des produits financiers à analyser … Qu’est-ce qui intéresse les femmes aujourd’hui dans l’univers bancaire ?

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