La France s’effondre : comment l’État masque une récession continue depuis 2017

Publié le - Auteur Par Tony L. -
La France s’effondre : comment l’État masque une récession continue depuis 2017

Depuis des années, le gouvernement répète que la France « tient » économiquement. Croissance positive, chômage qui recule, « investissements d’avenir » mis en avant à chaque discours. Sauf qu’un économiste met les pieds dans le plat et démonte ce récit officiel. Selon les calculs de l’économiste Marc Touati, si l’on retire l’effet du déficit public, la France est en récession depuis 2017. Une récession masquée par la dépense publique, payée à crédit, que les Français devront pourtant rembourser.

Autrement dit, la petite musique de la reprise n’est qu’une illusion comptable. La réalité est beaucoup plus brutale. Sans l’argent emprunté par l’État, l’économie française recule, année après année. Et ce recul est soigneusement dissimulé derrière des tableaux Excel bien présentés, quelques éléments de langage et une avalanche de milliards financés par la dette.

Une croissance achetée à crédit depuis 2017

La démonstration de Marc Touati repose sur un principe simple. D’un côté, la croissance du PIB en volume, donc en retirant l’effet de l’inflation. De l’autre, le déficit public primaire, c’est-à-dire le déficit hors charge d’intérêts de la dette. Lorsque le déficit primaire dépasse la croissance réelle, cela signifie que l’activité ne tient debout que parce que l’État injecte de l’argent qu’il n’a pas.

Or c’est exactement ce qui se passe en France depuis 2017. Une fois corrigée des déficits primaires successifs, la trajectoire du PIB devient négative. Selon le graphique présenté par Marc Touati, la France affiche en 2025 une baisse d’environ cinq pour cent de son activité réelle hors déficit par rapport à 2017. Autrement dit, sans la perfusion budgétaire, le pays a perdu l’équivalent d’une grosse crise économique silencieuse, étalée sur plusieurs années.

Ce n’est pas un simple débat d’experts. C’est la réponse à une question que beaucoup de ménages se posent. Comment se fait-il que l’on parle de croissance alors que le pouvoir d’achat stagne, que les faillites d’entreprises se multiplient, que les services publics se dégradent et que les impôts ne baissent jamais vraiment. La réponse tient en une phrase. Cette croissance est achetée à crédit, au prix d’un endettement explosif.

La France lanterne rouge de la zone euro

Les chiffres officiels confirment cette dérive. En 2024, le déficit public de la France atteint 5,8 pour cent du PIB, après 5,4 pour cent en 2023 et 4,7 pour cent en 2022, selon l’Insee. Eurostat classe désormais le pays parmi les plus mauvais élèves de l’Union, avec l’un des déficits les plus élevés de la zone, derrière seulement quelques États en grande difficulté comme la Roumanie ou la Pologne.

Pendant ce temps, certains voisins parviennent encore à dégager des excédents ou des déficits contenus. L’écart se creuse. La Commission européenne rappelle que les dépenses publiques françaises représentent 57,1 pour cent du PIB en 2024, soit près de huit points au-dessus de la moyenne européenne. Le pays consomme donc beaucoup plus de ressources publiques que ses partenaires, sans pour autant offrir de meilleurs résultats économiques.

Plus grave encore, les agences de notation ne croient plus aux promesses de redressement. En octobre 2025, Moody’s a maintenu la note de la France mais a dégradé la perspective à négative, en raison des risques liés à la fragmentation politique et au manque de crédibilité de la trajectoire budgétaire. Quand les marchés commencent à douter, la facture finit toujours par s’alourdir pour tout le monde.

Un État obèse entretenu par l’endettement

Que finance exactement ce dérapage permanent. Principalement des dépenses de fonctionnement, et en particulier la protection sociale et les retraites, comme le rappelle la Banque de France. Sur le papier, protéger les plus fragiles est évidemment légitime. Le problème n’est pas là. Le problème est que l’on le fait sans jamais ajuster la structure de l’État, sans revoir les doublons, les inefficacités, les dispositifs devenus obsolètes.

Année après année, on empile de nouveaux programmes sans remettre à plat les anciens. Résultat. Une dépense publique record, qui dépasse déjà 57 pour cent du PIB et qui reste orientée à la hausse. Pour maintenir le système en l’état, il faut recourir massivement à l’emprunt, puisque les recettes fiscales, déjà parmi les plus élevées du monde développé, ne suffisent plus à suivre.

En langage simple, l’État vit au-dessus de ses moyens depuis des années et refuse de le reconnaître. Il achète la paix sociale à crédit, en repoussant la note sur les générations futures. Ce choix politique n’est jamais assumé clairement devant les électeurs. Il est dilué dans des lois de finances techniques, des prévisions optimistes et des conférences de presse rassurantes.

Quand les intérêts de la dette étranglent le budget

Cette stratégie a une conséquence mécanique. Le poids des intérêts explose. Selon la Banque de France, la charge de la dette représentait déjà 2,1 pour cent du PIB en 2024, davantage que les dépenses d’assurance chômage. L’Agence France Trésor indique que le service de la dette de l’État atteindra environ 52 milliards d’euros en 2025 pour le seul budget central.

Et ce n’est qu’un début. D’après les projections relayées par l’Insee et la presse spécialisée, la charge totale d’intérêts pour l’ensemble des administrations publiques pourrait atteindre environ 85 milliards d’euros en 2027, soit l’équivalent du budget cumulé de plusieurs grands ministères. Autrement dit, une part croissante des impôts payés par les ménages et les entreprises ne sert plus à financer des écoles, des hôpitaux ou des infrastructures, mais simplement à rémunérer les créanciers de la France.

Cette dérive est d’autant plus choquante que le gouvernement continue de parler d’investissements d’avenir et de transition écologique, alors que le budget est de plus en plus verrouillé par des charges incompressibles. Chaque point de hausse des taux coûte des milliards supplémentaires. Et plus la crédibilité budgétaire se dégrade, plus les marchés exigent une prime de risque. C’est un cercle vicieux.

Derrière les beaux discours le quotidien des ménages

Sur le terrain, les Français vivent une réalité qui contredit totalement le récit officiel. La croissance est présentée comme positive, mais les salaires réels progressent peu, la pression fiscale reste élevée et les dépenses contraintes explosent, qu’il s’agisse du logement, de l’énergie ou de l’alimentation. Dans ce contexte, entendre que « tout va mieux que prévu » relève presque de la provocation.

Les chiffres de l’emploi eux-mêmes doivent être regardés avec prudence. Une partie de l’amélioration vient des emplois publics et parapublics financés par la dette. Une autre tient aux contrats subventionnés, qui disparaissent dès que les crédits se tarissent. Rien à voir avec une dynamique productive solide, portée par l’investissement privé et l’innovation.

Les entreprises, surtout les plus petites, encaissent de plein fouet ce mélange toxique. Charges élevées, incertitude réglementaire, demande intérieure molle et accès au crédit plus coûteux. Beaucoup tiennent encore grâce aux aides accumulées depuis la crise sanitaire, mais cette béquille budgétaire a un prix. Chaque plan de soutien supplémentaire alourdit un peu plus la dette et repousse le moment de la remise à plat.

Une gestion politique fondée sur le camouflage

Tout cela n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’un choix politique assumé en coulisses mais jamais expliqué franchement aux citoyens. Le gouvernement préfère mettre en avant des chiffres bruts de croissance, sans préciser qu’ils sont artificiellement gonflés par le déficit, ni que l’inflation joue un rôle mécanique dans la hausse du PIB nominal.

Dans le même temps, les lois de finances sont construites sur des hypothèses de croissance jugées trop optimistes par le Haut Conseil des finances publiques et par les observateurs internationaux. Le budget 2026, par exemple, a été qualifié de fragile et reposant sur des économies difficiles à concrétiser, alors même que le déficit reste presque deux fois supérieur à la règle européenne des trois pour cent.

Les agences de notation, elles, ne se laissent pas convaincre par les éléments de langage. Elles pointent une perte de crédibilité budgétaire, une dette qui flirte avec cent quinze pour cent du PIB et une incapacité politique à engager une trajectoire de redressement durable. Au lieu de reconnaître l’ampleur du problème, le pouvoir préfère attaquer ceux qui tirent la sonnette d’alarme.

Une vérité que le gouvernement tente d’étouffer

Le constat est donc sans appel. Derrière la façade des chiffres officiels, la France est en réalité en récession une fois retranché l’effet de la dépense publique financée à crédit depuis 2017. Ce n’est pas une simple nuance statistique, mais un véritable scandale d’État. On fait croire aux Français que l’économie progresse, alors qu’elle recule. On présente la dette comme un outil neutre, alors qu’elle sert à masquer une stagnation de fond.

Les responsables politiques ne peuvent pas prétendre qu’ils ne savaient pas. Les données sont publiques, les mises en garde se multiplient, de la Banque de France aux institutions européennes en passant par les agences de notation et les économistes indépendants. Pourtant, le récit officiel reste le même.

Pour les ménages, la conséquence est claire. Ils vivent dans un pays où la réalité économique est maquillée, où les déficits servent à acheter du temps, où chaque annonce de « bonne nouvelle » se traduit quelques années plus tard par plus d’impôts, moins de marges de manœuvre et une dette toujours plus lourde à porter.

Tant que ce double langage perdurera, la France continuera de s’enfoncer dans une récession masquée, financée par une fuite en avant budgétaire dont les citoyens paieront la facture pendant des décennies.


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Par Tony L.

Passionné d'économie et de technologie, Tony vous propose des articles et des dossiers exclusifs dans lesquels il partage avec vous le fruit de ses réflexions et de ses investigations dans l'univers de la Blockchain, des Cryptos et de la Tech.

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