Pourquoi l’argent reste 60 fois moins cher que l’or ?

Publié le - Auteur Par Danielle B -
Pourquoi l’argent reste 60 fois moins cher que l’or ?

Un métal précieux sous-évalué malgré des records

L’argent a récemment franchi une nouvelle étape en atteignant plus de 75 dollars l’once. Pourtant, il reste environ 60 fois moins cher que l’or, qui dépasse les 4 500 dollars l’once en 2025. Ce contraste interpelle investisseurs, économistes et industriels. Quelles sont les raisons de cette différence historique et s’agit-il d’un déséquilibre durable ?

Or vs argent : deux métaux, deux fonctions économiques

L’or comme valeur refuge universelle

L’or est considéré depuis des millénaires comme un actif de stabilité. Dans les périodes d’inflation, de crise géopolitique ou d’instabilité financière, il attire le capital comme actif de protection. Cette fonction de réserves de valeur est consolidée par les banques centrales qui détiennent de larges réserves d’or, estimées à plus de 35 000 tonnes dans le monde selon le World Gold Council.

L’argent, un métal aux usages industriels croissants

À la différence de l’or, l’argent est majoritairement consommé dans l’industrie. Environ 50% de la demande d’argent est destinée à des usages industriels, notamment dans :

  • Les panneaux solaires photovoltaïques, responsables de plus de 10% de la demande mondiale,
  • Les batteries et composants électroniques,
  • Le secteur médical (stérilisation, capteurs).

Cette consommation lui confère une certaine volatilité, car sa demande dépend directement de l’activité économique mondiale et des cycles sectoriels.

Un écart de prix expliqué par l’offre et les perceptions

Produire de l’argent est plus accessible

L’argent est plus abondant que l’or dans la croûte terrestre. Selon l’US Geological Survey, les réserves identifiées d’argent s’élèvent à 560 000 tonnes contre environ 60 000 tonnes d’or. Ce rapport de presque 10 pour 1 dans la disponibilité contribue à la différence de valeur perçue sur les marchés.

De plus, les coûts d’extraction de l’argent sont moindres. Une grande partie de l’argent est récupérée en sous-produit lors de l’extraction d’autres métaux (cuivre, plomb, zinc), réduisant les frais directs associés à sa production.

Une perception historique moins prestigieuse

Historiquement, l’argent était la « monnaie du peuple » tandis que l’or représentait les élites. Cette dichotomie culturelle perdure dans les mentalités, affectant sa valorisation sur les marchés financiers. D’après un rapport de JP Morgan, les ETF (fonds indiciels) liés à l’argent réunissent 5 fois moins de capitaux que ceux liés à l’or, traduisant cette différence d’attractivité.

Le ratio or/argent : un indicateur clé à suivre

Le Gold/Silver Ratio (ratio or/argent) mesure combien d’onces d’argent il faut pour acheter une once d’or. Historiquement, ce ratio a fluctué entre 15 et 20 dans les temps anciens et peut aller jusqu’à 80 ou 100 dans les périodes modernes. En 2025, il est estimé autour de 60, ce qui reste historiquement élevé.

Un tel ratio pourrait indiquer une sous-évaluation de l’argent, selon certains analystes. Comme le soulignait l’expert en métaux précieux David Morgan : « L’argent est l’or du peuple. Lorsque le système économique vacille, il revient sur le devant de la scène. »

Un avenir prometteur pour le métal blanc ?

Transition énergétique et demande industrielle

La transition vers une économie bas carbone multiplie les besoins en métaux stratégiques. L’argent en fait partie, notamment pour sa conductivité exceptionnelle et sa résistance. Le marché solaire est l’un des moteurs principaux, avec une croissance attendue de +15% d’ici 2030 selon IEA (Agence internationale de l’énergie).

La production d’argent ne suit pas forcément cette demande. En 2023, le déficit entre demande et offre a atteint 140 millions d’onces selon le Silver Institute. Cette rareté anticipée pourrait inverser les tendances de prix longue durée.

Un potentiel de revalorisation à long terme

Certains investisseurs parient sur une revalorisation progressive de l’argent. Notamment dans des contextes de :

  • Pressions inflationnistes durables,
  • Rémunération incertaine des obligations,
  • Perte de confiance dans les monnaies fiduciaires.

Des figures influentes comme Robert Kiyosaki, auteur de « Père riche, père pauvre » recommandent d’investir dans l’argent comme rempart contre l’instabilité des devises. L’émergence de monnaies numériques adossées à des actifs tangibles pourrait également accroître la demande.

Faut-il investir dans l’argent aujourd’hui ?

L’argent représente une opportunité d’investissement pour diversifier un portefeuille, à condition d’accepter sa volatilité. Sa forte utilisation industrielle combinée à une production contrainte suggère un potentiel de croissance à long terme.

Des produits d’investissement variés existent :

  • Les ETF adossés à l’argent comme SLV,
  • Les pièces et lingots,
  • Les actions de mines d’argent cotées en bourse.

Cependant, la prudence reste de mise pour éviter les effets de bulle spéculative, comme en 2011 lorsque le prix a brièvement flirté avec les 50 dollars l’once avant de chuter.

Un écart de prix justifié mais à surveiller

L’argent reste structurellement moins valorisé que l’or en raison de ses propriétés, de son abondance et de sa perception. Toutefois, les transformations économiques, écologiques et monétaires du XXIᵉ siècle pourraient redessiner cette hiérarchie historique.

Et si l’argent était la pépite méconnue de la décennie ?

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Ceci n’est pas un conseil en investissement mais un partage d’information. Faites vos propres recherches. Il y a un risque de perte en capital.

Par Danielle B

Rédactrice spécialisée sur les sujets : Argent, banque, budget.

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