Un livret d’épargne qui rémunère votre argent à 4,20 % tout en contribuant à la transition écologique ? C’est la proposition du Livret Goodvest avec une nouvelle offre promotionnelle annoncée du 1er novembre au 15 décembre 2026. Pendant six mois, les nouveaux souscripteurs éligibles peuvent bénéficier d’un taux annuel brut de 4,20 %, jusqu’à 200 000 € de dépôts. De quoi attirer les épargnants qui cherchent une alternative au Livret A, actuellement rémunéré à 1,70 % net.
Mais derrière ce taux attractif, plusieurs questions méritent une véritable analyse. Combien reste-t-il après impôts ? L’offre est-elle toujours intéressante au bout d’un an, puis de deux ans ? Et surtout, peut-on réellement parler d’épargne responsable lorsque l’argent est placé sur un livret bancaire ?
Car si le Livret Goodvest associe disponibilité des fonds, rémunération et financement de l’immobilier durable, son rendement dépend fortement de la durée de placement. ComparateurBanque.com a fait les calculs.
Un livret à 4,20 % pendant six mois avec des conditions précises
L’offre annoncée concerne les particuliers effectuant une première ouverture d’un Livret Goodvest entre le 1er novembre et le 15 décembre 2026. Le taux promotionnel de 4,20 % annuel brut s’applique pendant les six premiers mois suivant l’ouverture, sur un encours maximal de 200 000 €.
Une condition mérite une attention particulière. Pour en bénéficier, le souscripteur ne doit pas avoir profité d’une offre promotionnelle de CFCAL-Banque au cours des 12 mois précédents. Cette restriction dépasse le seul univers Goodvest puisque CFCAL-Banque commercialise également des solutions d’épargne par l’intermédiaire d’autres distributeurs.
Au terme des six mois, le livret retrouve son taux standard, actuellement fixé à 1,80 % annuel brut. Ce taux est révisable par l’établissement. L’offre ne garantit donc pas une rémunération de 4,20 % pendant une année entière, encore moins sur plusieurs années.
Autre particularité, Goodvest distribue ce livret en exclusivité dans le cadre de son partenariat avec CFCAL-Banque, établissement de crédit appartenant au groupe Crédit Mutuel Arkéa. C’est cette banque qui conserve les dépôts et assure leur rémunération, tandis que Goodvest intervient comme distributeur.
L’épargne demeure disponible à tout moment, sans frais d’ouverture, de gestion ou de retrait. Le produit fonctionne ainsi comme un livret bancaire classique, sans exposition directe aux fluctuations des marchés financiers.
Goodvest ou Livret A : combien peut-on réellement gagner après impôts ?
C’est ici que la comparaison devient intéressante. Depuis le 1er août 2026, le Livret A rapporte 1,70 % par an, intégralement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Le Livret Goodvest, lui, est fiscalisé. Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts des livrets bancaires sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, comprenant 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Après cette fiscalité, le taux promotionnel de 4,20 % brut correspond à 2,88 % net annualisé. Comme cette rémunération ne s’applique que pendant six mois, le gain net atteint environ 1,44 % sur cette période, sous réserve d’une durée effective de six mois et hors particularités de calcul des intérêts.
Pour mesurer l’intérêt réel du produit, il faut ensuite intégrer les six mois suivants, rémunérés au taux standard de 1,80 % brut, soit environ 1,23 % net annualisé après fiscalité forfaitaire.
Le résultat est le suivant :
- Six mois à 4,20 % brut représentent 2,10 % de rendement brut.
- Six mois à 1,80 % brut apportent 0,90 % supplémentaire.
- Sur douze mois, le rendement cumulé atteint donc 3,00 % brut, soit 2,06 % net après application du PFU de 31,4 %.
Voici les gains théoriques pour différents montants, en supposant un capital immobilisé pendant douze mois, des taux inchangés et une fiscalité constante.
| Capital placé | Goodvest sur 1 an, net | Livret A sur 1 an, net | Goodvest l’année suivante, net |
| 500 € | 10,29 € | 8,50 € | 6,17 € |
| 10 000 € | 205,80 € | 170,00 € | 123,48 € |
| 22 950 € | 472,31 € | 390,15 € | 283,39 € |
| 100 000 € | 2 058,00 € | Non accessible | 1 234,80 € |
| 200 000 € | 4 116,00 € | Non accessible | 2 469,60 € |
| 10 000 000 € | 125 126,40 € | Non accessible | 123 480,00 € |
Simulations indicatives hors capitalisation des intérêts et effets des dates de valeur. Le taux promotionnel est limité à 200 000 € ; au-delà, les calculs appliquent le taux standard de 1,80 %. La dernière colonne suppose que ce taux reste inchangé pendant toute l’année suivante. Les gains réels dépendent des dates de versement, du calcul par quinzaine, des évolutions de taux et de la fiscalité personnelle. Le plafond de versement du Livret A est de 22 950 €, hors intérêts capitalisés.
Avec 22 950 € placés, soit le plafond réglementaire du Livret A, Goodvest procurerait ainsi environ 82 € supplémentaires nets d’impôts pendant la première année. L’écart existe, mais reste relativement mesuré malgré la différence spectaculaire entre les taux affichés.
Pour les patrimoines plus importants, l’intérêt du Livret Goodvest réside également dans son plafond de dépôt pouvant atteindre 10 millions d’euros. Toutefois, seuls les premiers 200 000 € bénéficient du taux promotionnel. Et la garantie bancaire ne couvre pas l’intégralité de ces montants.
Après la promotion, le Livret A reprend l’avantage
Le principal point faible du Livret Goodvest apparaît à l’issue de la période promotionnelle.
Avec un taux standard de 1,80 % brut, sa rémunération tombe à environ 1,23 % net par an, contre 1,70 % net pour le Livret A. Autrement dit, un épargnant laissant durablement ses économies sur Goodvest peut progressivement perdre l’avantage obtenu pendant les six premiers mois.
Prenons 10 000 € placés sans interruption. Sur la première année, Goodvest produirait environ 205,80 € nets, contre 170 € sur le Livret A. Mais dès la deuxième année, Goodvest ne rapporterait plus que 123,48 €, contre 170 € pour le Livret A, si les taux restaient inchangés.
Après deux ans, le cumul serait ainsi d’environ 329,28 € chez Goodvest contre 340 € sur le Livret A, hors capitalisation. Le Livret A finirait donc par reprendre l’avantage autour du 21e mois.
Cette simulation ne constitue pas une prévision. Le taux du Livret A pourra notamment être révisé à compter du 1er février 2027, tandis que le taux standard Goodvest peut également évoluer.
La véritable stratégie consiste donc à distinguer une offre de bienvenue attractive d’une rémunération durablement compétitive. À la fiscalité actuelle, un livret bancaire doit afficher environ 2,48 % brut annuel pour égaler le rendement de 1,70 % net du Livret A.
La comparaison avec les autres livrets boostés mérite aussi d’être nuancée. Goodvest n’affiche pas le taux promotionnel nominal le plus élevé du marché. Fin octobre 2026, Fortuneo propose par exemple 5,50 % brut pendant trois mois, tandis que BforBank affiche 3,50 % brut pendant douze mois pour les souscriptions éligibles. Cette dernière offre équivaut théoriquement à 2,40 % net sur une année, davantage que Goodvest. La durée de la promotion compte donc autant que le taux affiché.
Un livret réellement responsable ou simplement une promesse écologique ?
L’autre particularité du Livret Goodvest ne concerne pas son rendement, mais la destination de l’épargne collectée.
Contrairement à un livret bancaire traditionnel, dont les dépôts alimentent les ressources générales de l’établissement, ce produit repose sur un mécanisme d’affectation à des financements sélectionnés pour leur contribution à l’efficacité énergétique des bâtiments.
Les projets éligibles comprennent notamment l’acquisition de logements neufs ou anciens présentant un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé A, B ou C, certains travaux de rénovation énergétique et le financement de parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) répondant à des critères environnementaux spécifiques.
Ces critères ne reposent pas uniquement sur une déclaration commerciale. CFCAL-Banque publie un rapport annuel d’allocation et d’impact permettant de connaître les financements associés à son épargne responsable.
Les chiffres de 2025 apportent un éclairage particulièrement intéressant. L’établissement comptabilisait 56,3 millions d’euros d’encours sur ses livrets vertueux au 31 décembre, avec 390 projets financés ou refinancés, représentant environ 62,7 millions d’euros de crédits.
La répartition révèle cependant une réalité moins évidente. Sur ces 390 projets, 292 concernaient l’acquisition de biens résidentiels, 97 l’acquisition de parts de SCPI et un seul des travaux de rénovation ou d’amélioration énergétique.
Cette information ne remet pas en cause les critères environnementaux retenus, mais elle permet de préciser la portée de l’engagement. Le financement de logements déjà performants énergétiquement ne produit pas nécessairement les mêmes effets que la rénovation d’un bâtiment ancien particulièrement énergivore. De plus, une partie des opérations correspond à des crédits refinancés, accordés avant la collecte de l’épargne.
CFCAL-Banque évalue à 257 tonnes de CO₂ équivalent les émissions évitées en 2025, sur la base de sa méthodologie de calcul. Il s’agit d’une estimation modélisée, et non d’une mesure directe des émissions réellement supprimées grâce aux seuls dépôts des clients Goodvest.
L’intérêt environnemental du livret repose donc sur la traçabilité de l’affectation des fonds, plutôt que sur la preuve que chaque euro déposé finance un nouveau chantier écologique. Cette distinction est essentielle pour apprécier sérieusement la notion d’épargne responsable.
Le Livret A contribue lui aussi au financement de politiques d’intérêt général, notamment le logement social et la transition écologique. Les deux produits participent donc, selon des mécanismes différents, au financement de l’économie.
Quels risques et quelles précautions avant d’ouvrir un livret à taux boosté ?
Le Livret Goodvest ne présente pas de risque de perte lié aux fluctuations boursières. Les sommes déposées constituent une créance sur CFCAL-Banque et bénéficient du dispositif français de garantie des dépôts.
Cette protection est toutefois limitée à 100 000 € par déposant et par établissement bancaire, en cumulant les comptes et livrets ordinaires détenus auprès de la même banque.
Cette précision prend toute son importance pour une offre dont le taux promotionnel s’applique jusqu’à 200 000 €. Un client plaçant cette somme auprès de CFCAL-Banque ne bénéficie pas d’une indemnisation garantie de 200 000 € en cas de défaillance bancaire. La fraction dépassant la couverture du FGDR demeure exposée au risque de l’établissement.
Autre élément à prendre en compte, la disponibilité des fonds n’est pas synonyme de transfert instantané. Les virements peuvent nécessiter un à trois jours selon les délais interbancaires. Les intérêts du livret sont calculés par quinzaine et crédités en principe au début du mois de janvier.
Enfin, le PFU de 31,4 % n’est pas nécessairement le régime fiscal le plus avantageux pour tous les contribuables. L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu peut être intéressante, notamment pour les personnes non imposables, sous réserve de considérer leur situation fiscale globale.
Pour choisir un livret, trois éléments doivent donc primer sur le taux publicitaire : le rendement réellement net, la durée pendant laquelle ce rendement s’applique et la garantie effective des dépôts.
Livret Goodvest à 4,20 % – notre analyse de l’offre 2026
Le Livret Goodvest présente une combinaison intéressante pour les épargnants souhaitant conserver leur argent disponible tout en l’orientant vers des financements sélectionnés selon des critères environnementaux.
Ses principales conditions annoncées sont les suivantes :
| Caractéristique | Livret Goodvest |
| Taux promotionnel | 4,20 % annuel brut |
| Durée | 6 mois à compter de l’ouverture |
| Période de souscription | 1er novembre au 15 décembre 2026 |
| Plafond au taux boosté | 200 000 € |
| Taux standard actuel | 1,80 % annuel brut, révisable |
| Versement minimum | 500 € |
| Plafond total de dépôt | 10 000 000 € |
| Frais | 0 € à l’ouverture, en gestion et au retrait |
| Fiscalité | PFU de 31,4 % par défaut |
| Garantie des dépôts | 100 000 € par déposant et par banque |
| Banque dépositaire | CFCAL-Banque, groupe Crédit Mutuel Arkéa |
| Condition promotionnelle | Première ouverture et aucune promotion CFCAL-Banque dans les 12 derniers mois |
Le produit peut particulièrement convenir aux épargnants qui disposent de liquidités à placer pendant six à douze mois, recherchent une rémunération supérieure au Livret A pendant cette période et accordent de l’importance à l’utilisation de leur épargne.
Il reste également pertinent pour ceux dont les livrets réglementés sont déjà remplis et qui souhaitent diversifier leurs solutions de trésorerie disponible.
En revanche, pour une épargne de précaution conservée plusieurs années, le Livret A et le LDDS gardent des arguments solides grâce à leur exonération fiscale. Les foyers éligibles au Livret d’épargne populaire disposent également d’une alternative réglementée rémunérée à 2,50 % net, dans la limite de 10 000 € de versements.
Notre analyse : Goodvest réussit à associer une rémunération promotionnelle attractive et une utilisation documentée de l’épargne collectée. Mais les 4,20 % ne doivent pas masquer une réalité financière plus nuancée. Sur un an, le rendement net estimé de 2,06 % dépasse celui du Livret A au taux actuel. Sur une durée plus longue, cet avantage disparaît si les rémunérations restent inchangées.
Le véritable intérêt de Goodvest réside finalement dans cette association entre épargne disponible, financement responsable et rendement temporairement bonifié. Une proposition intéressante, à condition de regarder au-delà des six premiers mois.
Pas de conseils, juste un partage d’informations.
Les performances passées ne garantissent pas les performances à venir. Il y a un risque de perte en capital.