Assurance Vie : 97,8 Md€ versés au 1er semestre 2025, record de collecte nette depuis 2010

Publié le - Auteur Par Lucie -
Assurance Vie : 97,8 Md€ versés au 1er semestre 2025, record de collecte nette depuis 2010

La dynamique de l’assurance vie ne faiblit pas en 2025. Sur les six premiers mois de l’année, les cotisations atteignent 97,8 Md€, tandis que la collecte nette grimpe à 26,6 Md€, un niveau plus haut depuis 2010 selon France Assureurs (publication du 31 juillet 2025).

Cette double performance traduit à la fois le retour massif des versements et une activité de rachats contenue, soutenues par la remontée des taux des fonds en euros, l’attractivité retrouvée des unités de compte et le cadre fiscal inchangé.

Ce que disent les chiffres du marché en 2025

Au-delà du volume versé, le signal fort vient de la collecte nette : 26,6 Md€ sur le semestre, portée par des flux positifs à la fois sur les fonds en euros et sur les unités de compte. Les épargnants arbitrent moins vers des supports concurrents (comptes à terme, livrets boostés) et réallouent davantage vers des contrats modernes qui combinent fonds euro revalorisé, ETF, immobilier (SCPI/SCI/OPCI) et thématiques ISR. Pour rappel, l’assurance vie conserve ses atouts fiscaux (abattements après 8 ans, cadre successoral) qui jouent pleinement dans un environnement de taux stabilisés.

Les enseignements pour un épargnant en 2025

D’abord, le couple rendement/risque s’est normalisé. Les fonds euros de bons contrats ont distribué en 2024 des taux compris, selon les acteurs, souvent entre 2,8% et 4%, et 2025 s’annonce dans la continuité.

Ensuite, la gestion pilotée à base d’ETF a signé un millésime 2024 solide sur les profils dynamiques, tandis que les profils prudents bénéficient de la détente obligataire.

Enfin, les frais pèsent plus que jamais sur la performance nette : un différentiel de 1 point de frais annuels peut gommer 10 à 15% de capital au bout de 10 ans. Mieux vaut privilégier des contrats à architecture ouverte, frais bas et outils de pilotage simples.

Panorama des acteurs les plus dynamiques en 2025

Plusieurs maisons tirent le marché vers le bas en frais et vers le haut en services. Le point sur cinq références, avec leurs spécificités, cibles et chiffres clés.

Goodvest. Créée en 2020, cette fintech revendique 12 000 clients. Son positionnement repose sur une épargne « verte » : exclusions strictes (fossiles, armement), alignement avec l’Accord de Paris, reporting d’empreinte carbone et biodiversité. Les frais sont annoncés entre 1,70% et 1,90%/an tout compris (assureur + gestion Goodvest + supports). L’offre se distingue par l’absence de fonds en euros, remplacé par des poches obligataires ISR pour les profils défensifs. Côté historique, la société publie des fourchettes de performances 2024 en gestion pilotée cohérentes avec un marché chahuté sur l’obligataire et porteur sur l’actions ; rappel indispensable : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Yomoni. L’un des pionniers français (2015), avec une gestion sous mandat à base d’ETF et plus de 1,5 Md€ d’encours fin 2024. L’assurance vie affiche des frais « tout compris » plafonnés à 1,6%/an selon la société, sans frais d’entrée ni d’arbitrage. En 2024, le profil 10 (100% actions ETF) a délivré +19,6% nets de frais ; la moyenne annualisée depuis 2015 ressort à +8,6% nets selon le bilan 2024/2025 de la société. Les profils équilibrés ont dépassé +10% en 2024. La marque annonce environ 70 000 clients en 2025 et continue d’élargir sa gamme (immobilier, private equity) dans des limites compatibles avec la gestion indicielle.

Indexa Capital. Entrée en France en 2023, la société, cotée en Espagne, revendique plus de 115 000 clients en Europe et 3,6 Md€ d’encours à l’été 2025. Son assurance vie Indexa Vie Spirica met l’accent sur des frais compressés : coût total moyen de 0,81%/an (0,67% de gestion assureur/courtier + ~0,15% de coûts de fonds indiciels). L’approche est 100% ETF en gestion déléguée, avec des poches calibrées selon le profil. Le positionnement cible les épargnants sensibles à la transparence tarifaire et à la discipline d’allocation.

Mon Petit Placement. Fintech lyonnaise lancée en 2017, environ 25 000 clients. L’offre repose sur une « gestion conseillée » via assurance vie, avec un modèle de frais prélevés essentiellement sur la performance (pas de frais si absence de gains) et des paliers dégressifs. Les contrats s’appuient sur des assureurs historiques (Generali, Apicil, La France Mutualiste) et proposent un profil 100% fonds euros pour les plus prudents, jusqu’à un profil intrépide très exposé actions. Solution appréciée par un public jeune et néophyte pour son accompagnement pédagogique.

Placement-direct. Pionnier en ligne depuis 1999, filiale de Swiss Life depuis 2008, environ 20 000 clients et plus de 700 M€ d’épargne gérée. Le contrat Placement-direct Vie affiche une politique de frais agressive : 0% de frais d’entrée et d’arbitrage, 0,5%/an sur unités de compte, 0,6%/an sur fonds en euros, options de gestion pilotée. L’architecture ouverte (1 300 UC, ETF, immobilier, titres vifs) et l’historique de rémunération du fonds en euros en 2023 entre 2,8% et 4% en font une référence pour qui recherche un cadre traditionnel combiné à des coûts bas.

Comment choisir entre ces approches complémentaires ?

Le choix dépend du profil de risque, de l’horizon et de la sensibilité aux thématiques. Un investisseur à la recherche d’un coût minimal et d’un pilotage indiciel privilégiera une solution type Indexa, quand un investisseur souhaitant concilier impact environnemental et délégation optique se tournera vers Goodvest, en acceptant l’absence de fonds euro et une fourchette de frais un peu supérieure. Les adeptes d’une expérience coachée et d’objectifs chiffrés trouveront chez Mon Petit Placement un accompagnement très accessible. Ceux qui visent un rapport frais/offre très serré sur une base assurantielle classique pourront regarder Placement-direct. Enfin, Yomoni demeure une valeur sûre de la gestion ETF sous mandat, avec un historique détaillé par profils et une tarification lisible.

Rappels indispensables sur les performances et la fiscalité

Les données de performance évoquées sont historiques et nettes des frais spécifiques à chaque acteur lorsque c’est précisé. Elles ne constituent pas une promesse de rendement. L’assurance vie reste soumise au risque de perte en capital dès lors qu’elle est investie en unités de compte. Sur le plan fiscal, l’enveloppe conserve son attrait (PFU ou barème après abattement au-delà de 8 ans, fiscalité successorale allégée) tout en demandant une diversification réfléchie. La période 2025 met en avant le rôle des ETF pour contenir les coûts, des fonds euros revalorisés pour ancrer la partie défensive, et des briques immobilières ou thématiques pour diversifier.


Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L’investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital.

Par Lucie

Lucie est rédactrice sur ComparateurBanque.com depuis le début. Elle aime tester les offres et partager son expérience. Elle a aussi d'autres casquettes dans l'équipe.

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