Distributeurs de billets : zone blanche et concurrence. Le point sur la situation.

Publié le - Auteur Par Lucie
Distributeurs de billets : zone blanche et concurrence. Le point sur la situation.

Même si la carte bleue est la reine des modes de paiements, il n’en reste pas moins que le liquide garde une place importante pour les français. Même si payer en liquide n’est pas toujours évident… Aujourd’hui les banques classiques ont le quasi monopole de la possession des distributeurs de billets automatiques (DAB). Les banques en ligne et autres néobanques n’en ont pas et les acteurs privés commencent à arriver timidement. Un point sur la situation.

Comment lutter contre la disparition des DAB

Une situation que nous avons tous vécue

Combien de fois s’est-on retrouvé sans espèces pour payer au marché, chez le boulanger, ou avec un montant minimum exigé de Carte bancaire ?

Je vais vous partager une expérience qui m’est arrivé pendant des vacances, et n’a certainement pas dû arriver qu’à moi.

Par un beau dimanche d’un journée d’été, nous voulions louer du pédalo avec des amis sur un lac. Cependant, nous nous trouvions dans une zone peu fréquentée et sans distributeur de billets, ni même une banque aux environs. Au moment de régler les seules possibilités étaient chèques ou espèces. Forts motivés à l’idée de cette balade à pédalo, nous avons donc dû faire 10km pour trouver le premier village, dont les deux distributeurs étaient HS à cause du marché le matin même. Ils n’étaient plus approvisionnés en billets. Et donc, nous voila repartis pour encore 10km pour en trouver un autre avec un distributeur en service et alimenté. Nous avons longuement hésité entre rentrer chez nous et refaire le chemin inverse… de nombreux commerçants doivent perdent des clients à cause de genre de situation.

On parle souvent des distributeurs, de leur disparition et de ce qu’il doit être fait pour palier à cela, mais plus le temps passe et moins nous voyons de solution apparaître pour ce problème qui perdure.

Que faut-il pour détenir un distributeur ?

Pour qu’une commune puisse obtenir un DAB il faut qu’elle répondent aux exigences suivantes.

  • Proposer un local accessible pour permettre l’approvisionnement dans le respect des contraintes de sécurité,
  • Ce lieu doit réponde aux normes contre le vandalisme (lire aussi notre article sur le jackpotting).
  • Ce local doit être facile d’accès tout le temps pour les usagers.

Dit comme ça, les conditions ne sont pas impossibles. Le coût moyen d’acquisition moyen d’un DAB, en 2006, était de 34000€ pour une commune qui souhaite en acheter un de manière indépendante.

Les banques, quand à elles, sont en phase de fermetures des agences jugées non rentables et il en est de même pour les distributeurs de billets. Le coût d’entretient est important.

La solution de Cirey-sur-Vezeuze

Cirey-sur-Vezeuze est une commune de Meurthe et Moselle qui compte 1679 habitants. Afin de ne pas perdre son dernier distributeur, le maire a mis la main à la poche pour convaincre la banque de le garder. La banque conserve le distributeur contre 7500€ annuel payés par la ville.

La solution révolutionnaire clé en main Point Cash by Brink’s

Aux premières loges pour constater la diminution du nombre de distributeur, la Brink’s est à la tête d’une initiative pionnière dans l’hexagone. Voyant la une opportunité de prendre la place des distributeurs supprimés elle a proposé une alternative aux communes : un distributeur non rattaché à une banque, sans frais pour l’usager. Cette proposition date de 2019. Le point sur la situation.

Déjà 50 machines vendues en France

Actuellement il y a déjà 50 machines de ce type installées en France, comme dans la ville de Locmaria-Plouzoné en Bretagne, qui s’est équipée d’un Point Cash by Brink’s pour son marché et soutenir ses commerces de proximité.

Le président de la Brink’s France explique la raison de ce projet : « Si nous avons développé cette offre, c’est avant tout pour faire écho à un besoin de la population. Nous avons réalisé un sondage montrant que 86% des Français voulaient continuer à utiliser le cash et surtout à garder le libre choix de leurs moyens de paiement« .

En se basant sur les zones géographiques délaissées par les banques, la société espère installer 1000 à 2000 machines dans un avenir proche.

Comment installer un DAB de la Brink’s ?

Les prestations sont de 1500€ par semaine (distributeur compris).
Les frais qui peuvent être réduits en fonction du nombre de transactions réalisés dans le mois. La commune à un intéressement sur le débit de la machine, plus d’utilisations,  de débits il y a, moins cela coûte cher à la commune.

Dans ce prix sont compris :

  • l’installation (raccordements, normes…),
  • la gestion quotidienne de l’automate (approvisionnement en billets, maintenance technique…) et
  • les opérations bancaires (connectique et processing des transactions, gestion des émetteurs de cartes comme Visa et Mastercard).

Le distributeur n’est affilié à aucune banque, et les retraits sont sans frais pour les usagers.

Face à la disparition des distributeurs, si aucune alternative n’a été proposée par la banque, les communes concernées et des sociétés impliquées comme la Brink’s, elles ne manquent pas d’ingéniosité pour permettre à leur habitants commerçants de bénéficier de ce type de service qui devient de moins en moins répandu.

Les Distributeurs en France

A l’heure où les communes rurales dénoncent le processus de désertification bancaire qu’en est-il de l’avenir de l’argent liquide ?

Vers une disparition certaine

Dans certaines petites communes il est difficile voire impossible de retirer de l’argent, n’ayant ni distributeur ni agence bancaire… En France on dénombre 600 000 habitants à 15 minutes et plus en voiture d’un distributeur, on en revient donc à notre petite anecdote du début de l’article.

En chiffres

La France est le troisième parc de distributeurs en Europe, malgré leur disparition le problème viendrait plutôt de leur répartition. Celle-ci serait à revoir. Les banques se concentrent toutes sur les zones dites rentables. Les lieux peu fréquentés sont donc victimes d’une absence de solution pour retirer de l’argent sur son compte.

Selon une étude de la Banque de France, de fin 2015 à fin 2018 le nombre de distributeurs a diminué de 5,3%. Les banques ont tendance à supprimer ceux qu’elles considèrent les moins rentables.

Seulement 6,7% de distributeurs sont implantés dans les villes de moins de 2000 habitants contre 77,8% dans les villes de plus de 5000 habitants.

Toujours d’après la Banque de France la zone la plus impactée est la zone rurale, ce qui correspond quand même à 198 communes déséquipées.

La zone urbaine n’est malheureusement pas en reste, on y constate même une plus forte disparition avec une moyenne de 6,8% entre 2015 et 2018 pour les villes de plus de 10000 habitants contre 2,8% pour celles de moins de 10000 habitants.

 

En Belgique, les acteurs s’organisent autrement

Il convient de saluer l’initiative récente de certains établissements belges. Batopin sera la première entreprise qui va gérer l’ensemble du réseau des DAB de quatres banques belges : ING, Belfius, BNP Paribas Fortis, et KBC). Les acteurs se sont regroupés en janvier 2020 pour créer cette société. L’objectif sera de proposer à 95% des belges d’avoir un DAB à moins de 5 km de chez eux. Les premiers DAB qui ne seront aux couleurs d’une enseigne, mais à celles de Batopin, seront implantés courant 2021.

 

Avec le déploiement des solutions de paiement mobile ou sans contact, les commerçants participent à facilité les achats des français. Mais pour ceux qui souhaitent encore utiliser des billets de banque la présence des distibuteurs est indispensable.

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