L’impact du Covid sur le transfert d’argent vers l’Afrique

Publié le - Auteur Par Hélène N.
L’impact du Covid sur le transfert d’argent vers l’Afrique

Le constat est lourd, huit mois après l’apparition du Covid-19. La crise sanitaire a eu des impacts désastreux sur l’économie. L’envoi d’argent des migrants ou étrangers vers leurs pays d’origine ne sont pas épargnés. Ces fonds sont importants pour les ménages les plus vulnérables et les plus pauvres. Ils sont attendus par les personnes qui ne peuvent pas accéder aux filets de sécurité sociaux et économiques. Enquête !

Focus sur le transfert d’argent vers l’Afrique

Selon la Commission Économique pour l’Afrique, les pays du Nord doivent impérativement réduire les frais bancaires qui se rapportent aux transferts d’argent jusqu’à la fin de cette crise sanitaire. En effet, les banques classiques ont des frais très élevés. Certaines Fintech comme Transferwise ou l’acteur plus traditionnel qu’est la Western Union permet de réduire ces frais.

D’importants coûts de transferts

Les expéditeurs déboursent des frais d’envois qui sont considérables. À priori, ce sont les banques qui prennent des frais élevés. Le tarif moyen d’un envoi avoisine les 200 $, soit 11% de la somme envoyée. Sur une échelle internationale, les expéditeurs ont payé environ 30 milliards de dollars de frais en 2017.

En plus des frais d’envoi, il y a aussi des frais à l’arrivée. Les frais de réception en Afrique sont loin d’être négligeables. Le coût moyen est de 8% contre 5% en Asie du Sud. Dans le continent Africain, les frais tournent autour de 14%. Les tarifs restent très chers de l’Angola vers la Namibie, du Nigéria vers le Togo et de la Tanzanie vers le Rwanda. Dans un contexte de Libre-Échange continentale africaine, les pays de l’Afrique envisagent de réduire le coût de l’envoi du cash sur le continent pour reconstruire et améliorer l’économie africaine.

Baisse des frais

Ce rapport a fait réagir le Royaume-Uni, la Suisse, le PNUD, la Banque Mondiale et la Chambre de Commerce Internationale.

Tous se sont mis d’accord pour un abaissement des frais, voire leur suppression. Les ministres des Finances du G20 souhaitent modifier les régimes nationaux se rapportant aux transferts de fonds et les réglementations bancaires y afférentes. Leur objectif est de réduire le coût des envois, inférieur à 3% ou à un niveau proche de zéro d’ici la fin de la pandémie.

Les chiffres à l’appui

En 2019, les envois de fonds en Afrique ont atteint 85 milliards de dollars. Mais avec la pandémie, des baisses vertigineuses sont à prévoir.

Rapport de la Banque Mondiale

Selon une note de la Banque Mondiale, par rapport à l’année 2019, ces transactions ont baissé de 14% sur une échelle mondiale et de 9% pour l’Afrique Subsaharienne.

Cette baisse inquiète la Commission Économique des Nations Unies. Selon la banque, ces envois de fonds sont indispensables pour l’Afrique, car ils constituent leur principale ressource financière, dépassant largement l’aide étrangère, les IDE ou les investissements directs étrangers ainsi que les flux de capitaux privés.

Une chute de 21% : pour certains ou une fuite réduite de 21% pour d’autres ?

Une chute de 21% de ces transferts représente 18 milliards de dollars de CA perdus pour un pays pauvre. Reste à savoir s’il reste dans le pays d’où il est originaire et à quoi il est utilisé. Cette somme ne va pas sortir du pays pour alimenter un autre pays.

En principe, cet argent leur permet, dans le meilleur des cas, de faire face à leurs dépenses journalières et leurs charges mensuelles :

  • frais liés à la santé,
  • au logement,
  • à l’éducation,
  • achat de produits de première nécessité, etc.

Sur l’échelle d’un pays africain, cette réduction est considérable. Elle équivaut à plus de 5% du PIB dans 15 pays d’Afrique, 10,5 % pour le  Sénégal et 34,4% pour le Soudan du Sud. Cet argent fait office de réserve en devises, incontournables pour ces pays.

Cependant, nous sommes ici dans le meilleur des cas, les articles qui évoquent ce sujet, comme l’a fait récemment Le Point, ne parle pas de l’autre option. Celle du financement du terrorisme ou des marchand d’Hommes par exemple.

Ce sujet est lourd de sens. Son champs d’expertise est mondial. Avant de supprimer l’intégralité des frais de transferts, il est primordial de regarder où va cet argent et d’où vient-il? Cet argent est-il issu des aides financières de l’Etat ?

Les transferts vers les pays à revenu faible

Dans cette optique, les transferts chiffrés à 508 milliards de dollars en 2020 ont connu un recul de 7%.

Un nouvel effondrement est prévu en 2021, à 470 milliards de dollars, soit -7,5%. Les envois d’argent vers l’Afrique Subsaharienne sont de 9% en 2020, soit 44 milliards de dollars.

Ce déclin s’explique par :

  • le manque de niveaux d’emploi dans les pays qui accueillent les migrants,
  • la dépréciation des monnaies du pays d’origine,
  • le faible coût du pétrole et
  • l’atonie de la croissance économique.

Sujet à traiter d’une manière globale et macro-économique.

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