La fintech française lève toujours plus d’argent malgré la crise sanitaire

Publié le - Auteur Par Antonin C.
La fintech française lève toujours plus d’argent malgré la crise sanitaire

Si l’on en croit les chiffres de l’Observatoire de la fintech, la crise sanitaire n’a pas mis à mal la fintech française. Mieux : pour de nombreux acteurs, elle a même agi comme comme un catalyseur d’opportunités !

Sur le 1er semestre 2020, les acteurs français ont ainsi levé 496 millions d’euros. Soit 12% de plus que sur la même période l’an passé.

Trois tendances semblent se dégager du rapport que nous avons eu l’occasion d’étudier.

Malgré la crise sanitaire, les fintech françaises ont levé plus d’argent qu’en 2019

« Le ticket moyen a […] doublé en un an », souligne Mikaël PTACHEK, Président de l’Observatoire de la Fintech. En effet, le capital moyen levé s’élève à 13,8 millions € en 2020, contre « seulement » 7,5 millions en 2019.

Un début d’année prometteur

L’année 2020 a connu des premières semaines prometteuses.

  • Lydia (40 millions €),
  • Qonto (104 millions),
  • Cybel Angel (33 millions),
  • et Alan (50 millions) se sont ainsi succédés.

Puis un ralentissement pendant le confinement

Les mois d’avril et de mai ont cependant été marqués par un réel attentisme des investisseurs. Le rapport nous apprend qu’à peine 57 millions et 22 millions ont été levés sur ces deux mois.

Dès le mois de juin, une relance très dynamique

Les grosses opérations sont revenues au mois de juin, avec plus de 123 millions € levés :

  • Swile (70 millions €),
  • IbanFirst (21 millions),
  • et Memo Bank (20 millions) y figurent notamment.

Selon Mikaël PTACHEK, ces opérations de plus en plus importantes viennent « confirmer la tendance identifiée à fin 2019 avec pour la première fois une opération ayant franchi le seuil unitaire de 100 millions d’euros ».

Les géants asiatiques s’invitent à la table

L’arrivée d’investisseurs de dimension mondiale dans le secteur n’a rien d’étonnant.

Quelques acteurs européens et américains

D’abord par intérêt commercial pour les entreprises les plus prometteuses. Des acteurs comme Balderton, Valar, DST Global, Amazon, Accel sont là, le secteur les connaît et connaît les raisons de leur présence dans la fintech française.

La présence croissante des géants asiatiques

Mais ce qui est plus étonnant, c’est la présence croissante des géants asiatiques : les fameux BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi). Parmi ceux-ci, le chinois Tencent se montre particulièrement actif.

Connu pour son appli WeChat au milliard d’utilisateurs, Tencent est un géant des jeux vidéo, des réseaux sociaux, de la musique et … du paiement. Coup sur coup, le chinois est donc entré au capital des pépites françaises Lydia (paiement mobile) et Qonto (banque en ligne pour les professionnels).

Objectif officiel : donner accès à WeChat Pay, sa solution de paiement mobile, aux millions de touristes chinois qui visitent l’Europe.

Objectif officieux : utilisé comme agrégateur, WeChat Pay servirait par exemple de base pour un réseau commercial beaucoup plus important. Pour l’heure, l’écosystème WeChat compte déjà près d’un million de mini-programmes hébergés sur WeChat.

A cause de certaines obligations réglementaires, le modèle de Tencent tarde à s’instaler en Europe. La fintech française semble être la porte d’entrée idéale pour une offensive en Europe. Et les chiffres de l’Observatoire de la fintech parlent : sur les cinq dernières années, sur un ensemble de 48 levées de fonds, Tencent serait impliqué dans 27 opérations … contre seulement 15 pour les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) réunis.

Le paiement comme moteur de la croissance

La fintech, ce ne sont pas que les banques en ligne et les banques mobiles. C’est un secteur plus large. Les technologies financières innervent de nombreux métiers :

  • les paiements,
  • le financement,
  • les banques digitales,
  • l’investissement,
  • l’assurtech,
  • la regtech,
  • la blockchain,
  • le backoffice et middleoffice et d’autres services aux acteurs financiers.

La paytech est très prisée

Bien entendu, le paiement reste le métier le plus prisé par les investisseurs : 178 millions € sur 496, cela représente 36%. Après le paiement, on trouve les banques digitales (28% des fonds levés) et l’assurtech (12%).

Où se trouve vraiment la niche qui tire la croissance ?

Le paiement, appelé également Paytech, est-il l’élément booster de la croissance de la fintech française ? Oui et non.

Oui parce qu’au-delà des chiffres records, il y a une réelle prise de maturité dans la Paytech. Loin d’être mis à mal par la crise, ces fintechs ont prouvé que leurs modèles arrivent à maturité, se consolident et méritent un soutien financier accru.

Non parce que la Paytech ne représente que 18% des fintechs françaises. La vraie croissance serait plutôt à trouver du côté des Financements alternatifs et de l’Investissement. Dans ces métiers émergents, la tendance est encore à la multiplication des acteurs et aux « petites » levées de fonds, c’est-à-dire les opérations inférieures à 3 millions €.

Des tendances multiples sont donc à l’œuvre dans le paysage de la fintech française. La gestion courante des avoirs et les paiements restent pour l’heure au centre du jeu. Mais le financement participatif est en plein essor, pour aller au-delà de la simple gestion et proposer aux utilisateurs d’investir leur épargne.

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