Stellantis : 22,3 Md€ perdus après le pari 100% électrique. Retour aux voitures classiques !

Publié le - Auteur Par Danielle B -
Stellantis : 22,3 Md€ perdus après le pari 100% électrique. Retour aux voitures classiques !

Stellantis, maison mère de Peugeot, Citroën, Fiat, Opel ou Jeep, traverse une zone de turbulence stratégique. Le groupe se retrouve associé à une estimation marquante : 22,3 milliards d’euros de valeur perdue, attribués à une politique jugée trop rigide en faveur du « tout-électrique » sous son ex-direction. Or, la transition vers l’EV (véhicule électrique) ne suit pas une trajectoire linéaire. Entre pression sur les prix, infrastructures de recharge inégales et hésitations des acheteurs, le marché impose un tempo plus complexe. Résultat : Stellantis rééquilibre sa copie, avec un retour plus assumé vers l’hybride et le thermique.

Comprendre la perte de 22,3 Md€ : ce que cela recouvre

Le chiffre de 22,3 milliards d’euros ne correspond pas forcément à un « chèque » payé en une fois. Dans ce type de décryptage financier, la perte de valeur peut regrouper plusieurs effets. Il peut s’agir d’une érosion de marge, de ventes manquées, d’investissements mal calibrés, ou d’ajustements comptables, comme évoqué dans ce précédent article.

Dans l’industrie auto, une stratégie produit trop rapide peut générer des coûts lourds. Les plateformes électriques, la batterie, le logiciel, et l’outillage industriel exigent des montants massifs. Si la demande ne suit pas le rythme, les usines tournent en sous-capacité. Les stocks augmentent, et les remises commerciales grignotent la rentabilité.

Pourquoi « tout miser » sur l’électrique peut coûter cher ?

Le pari du 100% électrique peut devenir risqué quand les conditions de marché se dégradent. Les véhicules électriques restent plus chers à produire qu’un thermique à volume équivalent. Quand la concurrence s’intensifie, les prix baissent, et les marges se compressent.

Un second point pèse : la valeur résiduelle. Si le marché de l’occasion EV devient incertain, les offres de location (LOA/LLD) deviennent plus coûteuses. Cela peut freiner la demande, car les mensualités montent.

Marché auto : une transition EV plus lente et plus fragmentée

La demande n’évolue pas au même rythme selon les pays, les catégories de clients et les usages. La recharge à domicile simplifie l’adoption, mais beaucoup d’automobilistes n’ont pas de place privative. Dans ce cas, l’électrique dépend d’un réseau public qui reste inégal.

Les politiques publiques ajoutent de l’incertitude. Les bonus, les taxes, et les restrictions de circulation changent régulièrement. Cela influence directement le moment de l’achat.

Le rôle de la recharge et du coût total

Le frein principal n’est pas seulement le prix catalogue. C’est le coût total de possession : achat, assurance, recharge, entretien, et valeur de revente. Pour certains profils, l’électrique devient très rentable. Pour d’autres, l’hybride reste le meilleur compromis.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), les ventes mondiales de voitures électriques ont dépassé 14 millions en 2024, signe d’une dynamique forte. Mais cette croissance reste très concentrée sur quelques zones, avec des écarts importants selon les infrastructures et les revenus.

Stellantis change de cap : retour pragmatique vers hybride et thermique

Face à la réalité commerciale, Stellantis est décrit comme opérant un virage stratégique. L’idée n’est pas d’abandonner l’électrique, mais de cesser d’en faire l’unique horizon. Le groupe remet au premier plan ce qui se vend aujourd’hui : essence, hybride et, selon les marchés, diesel.

Cette approche suit une logique industrielle. Les plateformes multi-énergies permettent de produire plusieurs motorisations sur des lignes proches. Cela réduit le risque de surinvestir dans une seule technologie au mauvais moment.

Hybride : le « pont » qui rassure les acheteurs

L’hybride se décline en plusieurs niveaux. L’hybride léger (mild hybrid) assiste le moteur thermique et réduit la consommation. L’hybride rechargeable (PHEV) permet de rouler en électrique sur des trajets courts, puis repasse en thermique.

En France, les immatriculations d’hybrides ont fortement progressé ces dernières années. Les statistiques publiques (ACEA et SDES) montrent une montée en puissance continue des motorisations hybrides, souvent plus rapide que l’électrique dans certains segments.

Ce que l’épisode Stellantis dit à toute l’industrie

Stellantis n’est pas un cas isolé. Plusieurs constructeurs ont ralenti ou ajusté leurs feuilles de route EV, comme Porsche par exemple. Les raisons sont similaires : pression sur les prix, concurrence asiatique, coût des batteries, et demande plus sensible au budget en période d’inflation.

La transition énergétique ressemble plus à un escalier qu’à une pente régulière. Les constructeurs doivent tenir deux mondes en parallèle. Ils doivent financer l’électrique tout en maintenant la performance du thermique, encore majoritaire dans de nombreux pays.

Une citation qui résume le défi industriel

Une idée souvent reprise dans l’industrie illustre bien cette tension. Comme l’a dit Peter Drucker : « La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer. » Encore faut-il que le marché soit prêt, et que la création ne casse pas la rentabilité à court terme.

Implications pour les automobilistes et pour le budget auto

Pour les consommateurs, ce rééquilibrage a plusieurs effets concrets. D’abord, il peut maintenir une offre plus large en moteurs thermiques efficients et en hybrides. Ensuite, cela peut soutenir les promotions, car les marques cherchent à fluidifier les stocks.

Pour les budgets, cela remet au centre la comparaison des solutions de financement. Une LOA sur un EV peut être très attractive si la valeur de reprise est sécurisée. À l’inverse, un hybride peut offrir plus de stabilité sur l’occasion selon les régions.

Points à comparer avant de choisir une motorisation

  • Usage quotidien : ville, route, longs trajets, kilométrage annuel.
  • Recharge : prise à domicile, borne en copropriété, réseau public à proximité.
  • Coût au kilomètre : électricité vs carburant, mais aussi entretien et pneus.
  • Financement : achat comptant, crédit auto, LOA/LLD, assurance incluse ou non.
  • Valeur de revente : demande locale, évolutions réglementaires, ZFE.

Leçons à retenir : stratégie, timing et flexibilité

Le principal enseignement tient en un mot : flexibilité. Une stratégie « tout-électrique » peut être cohérente sur le long terme, mais dangereuse si elle ignore la cadence réelle des achats. Les constructeurs doivent adapter les gammes, les prix et les capacités de production.

Dans le cas Stellantis, la correction de trajectoire vise à protéger les volumes et la marge. L’électrique reste central, mais l’hybride et le thermique redeviennent des leviers pour traverser la période.

Ce que cela peut changer dans les prochains mois

  • Plus de modèles hybrides et mild-hybrid sur les segments cœur de marché.
  • Des politiques de prix plus agressives sur certains EV pour relancer la demande.
  • Une communication moins idéologique, plus orientée « bon usage, bon budget ».

Quel choix paraît le plus rationnel aujourd’hui : électrique, hybride ou thermique optimisé selon les usages et le budget ? Une opinion ou un retour d’expérience peut être partagé en commentaire.


Ceci n’est pas un conseil en investissement mais un partage d’information. Faites vos propres recherches. Il y a un risque de perte en capital.

Par Danielle B

Rédactrice spécialisée sur les sujets : Argent, banque, budget.

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