Assurance Vie et Fonds en Euros : la hausse des taux pourrait-elle s’avérer favorable ?

Publié le - Auteur Par Audrey R.
Assurance Vie et Fonds en Euros : la hausse des taux pourrait-elle s’avérer favorable ?

2022 sera marquée par une importante hausse des taux d’intérêt. Tous ceux possédant une assurance vie, notamment en obligations, s’en frottent les mains. Pourtant cette hausse sera-t-elle suffisante face à une inflation record ? Éléments de réponse.

L’impact de la hausse des taux sur le rendement de l’assurance vie

Vers une augmentation des taux de rendement ?

La hausse générale des taux d’intérêt a pour effet de provoquer, pour la première fois depuis de nombreuses années, une hausse des taux de rémunération des fonds en euros. Jusqu’à présent, les assureurs incitaient leurs clients à limiter leurs investissements sur ces produits jugés trop peu intéressants. Pourtant, nombreux sont les Français à apprécier la sécurité offerte par les placements en unités de compte. À priori, cela va s’avérer payant cette année.

Cette augmentation sera-t-elle suffisante ?

Il est important de comprendre que les fonds en euros sont composés majoritairement d’obligations. C’est pour cela qu’une hausse des taux d’intérêt permet, en théorie, une augmentation de la rémunération de ce type de placements. Mais dans les faits, la part des obligations renouvelées chaque année est de l’ordre de 10%. Aussi, les 90% restants ne sont pas rémunérés au taux de l’année en cours, mais à celui des années précédentes. Et c’est là que le bât blesse. Pour pouvoir bénéficier pleinement de l’augmentation des taux des obligations, les propriétaires de fonds en euros devront attendre plusieurs années.

De plus, même si la hausse des taux des obligations est une première depuis les années 1980, ceux-ci restent largement inférieurs à l’inflation. Celle-ci aurait atteint, en cette fin 2022, 6,2%, selon l’INSEE mais beaucoup plus selon d’autres experts. Ils accusent l’INSEE de minorer les statistiques.

Le secteur de la finance sur le qui-vive

Les établissements financiers n’ont qu’une crainte, faire face à une décollecte importante sur les fonds en euros. Ce risque est d’autant plus important que la rémunération du Livret A et des autres livrets règlementaires ne cesse d’augmenter puisque son taux est indexé à celui de l’inflation. Pour lutter contre ce phénomène et inciter leurs clients à maintenir leurs fonds sur les produits d’assurance vie, les acteurs du secteur de la finance réfléchissent à activer plusieurs outils.

La Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB)

Les assureurs vie pensent de plus en plus à utiliser la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB) pour augmenter la rémunération des placements impactés négativement par l’augmentation des taux. La PPB est une réserve de bénéfices qui n’ont pas été distribués aux titulaires de contrats dans les années précédentes. Ils ont été stockés afin de pouvoir être reversés dans les moments où la conjoncture financière se révèle moins favorable. Ce versement ne peut être différé que durant 8 années.

La PPB va donc certainement être utilisée pour limiter les répercussions de la mauvaise conjoncture de ces dernières années. Mais attention, cette réserve financière doit permettre de limiter les effets de la crise sur plusieurs années. En d’autres mots, il ne faut pas s’attendre à un miracle…

Les autres mesures que les établissements financiers pourraient mettre en place

La PPB n’est pas la seule mesure qui pourrait être mise en place par les établissements financiers pour éviter une décollecte trop importante. Ils peuvent également avoir recours à :

  • la diminution voire l’annulation pure et simple des frais de placements ;
  • l’abaissement des seuils donnant accès aux fonds en euros. En effet, jusqu’à maintenant les assureurs conditionnent l’accès à ces fonds à un versement de 30 % ou 40 % en unités de compte.
  • La remise en circulation de fonds de type eurocroissance avec un capital garanti, une rémunération supérieure à celui des fonds en euros, mais dont le capital doit être immobilisé au minimum 8 ans.
Par Audrey R.

Audrey est rédactrice professionnelle, elle écrit pour ComparateurBanque.com depuis février 2020. Elle aime les sujets liés à l'investissement et l'épargne.

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