Faiblesse de l’Euro, quel impact pour le Bitcoin et les cryptos ?

Publié le - Auteur Par Tony L.
Faiblesse de l’Euro, quel impact pour le Bitcoin et les cryptos ?

L’Euro est actuellement à parité avec le dollar américain. Qu’est-ce que cela signifie pour la crypto ? Après 20 ans, 1$ équivaut à 1€ et les pays européens pourraient attirer plus de business et de touristes étrangers dans les prochains mois.

Les conséquences d’un euro faible

La parité euro-dollar signifie non seulement des vacances moins chères pour les Américains, mais aussi des conséquences et des implications macroéconomiques pour les crypto-monnaies.

Dans cet article nous allons jeter un œil à ce qui se passe derrière les mouvements des taux de change, pourquoi 1$ équivaut à 1€ maintenant. Nous verrons aussi les trois facteurs expliquant cette évolution et étudierons aussi la situation dans laquelle se trouve la Banque Centrale Européenne. Et bien sûr qu’est-ce que cela signifie pour la crypto ?

Les raisons de cette baisse de valeur de l’euro

Parité Euro-Dollar, alors que se passe-t-il ?  La dernière fois que nous étions dans une situation de parité entre ces 2 devises remonte à 20 ans en arrière.

Trois grands événements pourraient expliquer l’affaiblissement de l’Euro face à l’US dollar aussi bien que la montée en force de ce dernier.

  1. Les gouvernements ont alourdi le fardeau de la dette et ont imprimé beaucoup de monnaie.
  2. La mauvaise gestion de la crise COVID ainsi que le conflit en Ukraine ont causé une hausse des prix de l’énergie.
  3. Les confinements ont provoqué des problèmes de chaîne d’approvisionnement, ce qui a entraîné une pénurie de biens et de main-d’œuvre.

Le fardeau de la dette

Commençons par le premier point, l’augmentation du fardeau de la dette. Les gouvernements comme les consommateurs et les entreprises financent leurs dépenses avec des dettes. La théorie économique moderne nous dit d’épargner dans les bons moments et de dépenser dans les mauvais. Malheureusement, la théorie ne correspond pas à la réalité et la dette publique a considérablement augmenté au cours des dernières décennies.

Si nous regardons l’évolution de la dette par rapport au PIB nous constatons que les pays de la zone Euro étaient un peu plus prudents que les Américains avant le COVID concernant  leurs finances, mais cela n’est plus vrai depuis la crise. Pourquoi est-ce important ? Plus de dette équivaut à plus d’argent dépensé pour le paiement des taux d’intérêt, ce qui signifie moins d’argent dépensé pour d’autres choses.

Pour réduire la dette, les gouvernements peuvent traditionnellement :

  • soit épargner, c’est rare mais cela arrive,
  • soit contracter de nouvelles dettes. Et c’est cette dernière option qu’ils ont choisie au cours des dernières années. En parallèle, ils ont également décidé d’imprimer beaucoup de monnaie. Tout cela a déclenché le grand retour de l’inflation.

L’augmentation du prix de l’énergie

Second point, la hausse des prix de l’énergie. Juste au moment où la crise COVID semblait bel et bien derrière nous, l’économie mondiale a été frappée par un nouveau coup bas. La mauvaise gestion de la crise COVID enchaînée avec le conflit en Ukraine a entraîné une hausse des prix de l’énergie, ce qui signifie moins de consommation, moins d’économies et moins d’investissements.

Et une augmentation des prix de l’énergie entraîne des coûts de production plus élevés, alors l’inflation galope, ce qui dévalue votre argent.

L’apparition de pénuries et une économie qui va mal

Le point numéro trois concerne les problèmes de chaîne d’approvisionnement. L’expédition de marchandises pendant la crise COVID a été plus difficile à cause des confinements imposés par les gouvernements, provoquant ainsi des goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement.

Et nous l’avons vu dans les pénuries de puces destinées à l’industrie automobile, les pénuries de main-d’œuvre et les craintes concernant les pénuries alimentaires potentielles à venir. Une offre moindre de biens et de main-d’œuvre entraîne une hausse des coûts, ce qui augmente l’inflation.

Mais quel est le lien avec la parité euro-dollar ?

Les trois autres causes de la parité

Étudions les trois autres principales causes qui nous ont mené à la parité euro-dollar.

Un différentiel de taux d’intérêt trop important

Premièrement, les différentiels de taux d’intérêt. L’augmentation de l’inflation peut être atténuée par des hausses d’impôts, mais c’est très impopulaire, ou par des hausses de taux d’intérêt, qui sont beaucoup plus faciles à faire passer.

En relevant les taux, le gouvernement rend la détention d’une devise plus chère en émettant une dette avec un taux d’intérêt plus élevé. La Réserve fédérale (Fed) a donc fait exactement ça et a augmenté les taux d’intérêt de manière assez agressive. La Banque Centrale Européenne (BCE) elle, ne l’a pas vraiment fait, du moins pas aussi vite et pas aussi fortement.

Et les investisseurs ont été confrontés aux choix suivants pour essayer d’échapper à une inflation de 8% :

  1. Conserver des liquidités en Dollar et perdre 8% dessus.
  2. Acheter des Obligations US pour recevoir 1,5 % et perdre 6,5 % dessus.
  3. Garder du cash en Euro et perdre 8% dessus.

La plupart des investisseurs ont choisi l’option 2. Plus important encore, une majorité d’investisseurs prévoient que la plupart des autres investisseurs continueront de choisir l’option 2 dans les prochaines années. La progression de l’indice monétaire du Dollar, ou DXY, témoigne de cette ruée vers le billet vert. Le Dollar devrait continuer à s’apprécier au cours des prochains mois, compte tenu des projections de taux d’intérêt pour les mois à venir.

Le doute sur la croissance en Europe

Deuxièmement, les craintes concernant la croissance en Europe.

Les prix de l’électricité, du pétrole et du gaz ont grimpé en flèche dans le monde ces dernières années. Cependant, ils ont augmenté beaucoup plus en Europe qu’aux États-Unis. Des prix plus élevés sur une plus longue période de temps pourraient causer de réels dommages à l’avenir. Pas besoin d’être docteur en économie pour comprendre que c’est une mauvaise nouvelle. Des prix de l’énergie plus élevés signifient des prix plus élevés pour les industries et des prix plus élevés pour les consommateurs. Et malheureusement pour les Européens, les plus grosses industries européennes sont spécialisées dans la fabrication.

Il semble donc peu probable que l’industrie se porte bien.

Une dépendance trop forte à l’Allemagne

Troisièmement, la dépendance de l’Allemagne à des coûts énergétiques bas.

Les chiffres du PIB pour les 27 pays de l’UE montrent que la part de l’Allemagne dans le PIB de l’UE est supérieure à 20 %, voire plus si l’on ne considère que les 19 pays qui font partie de la zone euro. L’Allemagne est économiquement à peu près aussi importante pour la zone euro que la Californie et le Texas combinés le sont pour les États-Unis.

Malheureusement pour l’Allemagne, l’importation d’énergie bon marché via son fournisseur favori, la Russie, semble de plus en plus compromise. Et il en va de même pour l’exportation de machines et de voitures vers la Russie, cela se complique. Bien que l’Allemagne compte de nombreux autres partenaires commerciaux plus importants que la Russie, le coup a été dur et l’Allemagne a enregistré son premier déficit commercial depuis 1991.

Quelle stratégie pour rehausser la valeur de l’euro ?

Alors, comment la Banque Centrale Européenne envisage-t-elle de s’attaquer réellement à la parité euro-dollar, somme toute problématique pour l’Europe ? Le marché a déjà une réponse. Il pense lui qu’elle n’essaiera même pas.

Une hausse du taux d’intérêt ?

Les investisseurs s’attendent à des hausses de taux d’intérêt assez modérées jusqu’à la fin de 2023. La présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, n’a pas fait grand-chose pour dissiper les doutes, elle a seulement précisé que cela viendra en temps voulu. Et tout le monde à la Banque Centrale Européenne n’est pas d’accord avec cette attitude passive. L’Autriche, par exemple, aimerait voir le problème traité de manière plus agressive, mais il est discutable sur le fait que cela soit même possible.

Une attente de politique plus agressive

Les pays d’Europe du Sud comme l’Italie doivent déjà payer une prime importante pour emprunter de l’argent sur les marchés. Bref, c’est compliqué, mais il ne semble pas que le cours de l’Euro s’inverse de sitôt.

 

Quel impact sur les cryptomonnaies ?

L’Europe un hub crypto

Alors qu’est-ce que tout cela signifie pour la crypto ? Selon un rapport de la chaîne Chainalysis, la part de l’Europe dans le volume mondial des transactions cryptos par région était de 25 %, en juin 2021.

Même si ce chiffre a légèrement décliné en raison du marché baissier, l’Europe représente une part importante des transactions cryptos. La majeure partie de la croissance a été générée par de grands investisseurs institutionnels qui sont entrés dans la DeFi. En d’autres termes, l’Europe est maintenant un vrai hub crypto. Et si l’Europe est en panne ça n’aidera pas le marché crypto a redémarrer.

Cependant un Euro faible n’est pas forcément synonyme d’un marché crypto bas. Un Euro plus faible pourrait en fait n’avoir que peu ou pas d’impact sur les investisseurs institutionnels et sur ceux qui se contentent d’examiner la situation de l’industrie dans son ensemble. Les stablecoins européens comme l’EURT n’ont pratiquement aucune offre significative en circulation, seulement 400 millions d’euros contre 65 milliards de dollars pour l’USDT.

Une attente de régulation du secteur

Mais cela n’a pas empêché la Banque Centrale Européenne de dénoncer les crypto-monnaies et en particulier les stablecoins. La Banque Centrale Européenne a jugé ces derniers inappropriés pour une utilisation dans les paiements de l’économie réelle en raison de leur rapidité, de leurs coûts et de leurs conditions de remboursement.

MNBC : un euro numérique en préparation

La Banque Centrale Européenne a proposé des mesures de surveillance et de réglementation conformément aux choses qu’elle aime bricoler habituellement, contrairement à ses taux d’intérêt qu’elle préfère oublier. Et elle s’est également montrée beaucoup plus enthousiaste pour les CBDC, ou monnaies numériques de Banque Centrale, que pour ses politiques monétaires. L’Euro numérique, selon la proposition, pourrait être plafonné à 1,5 trillions de tokens, ce qui correspond au montant des espèces en circulation. Quelle coïncidence !

Cependant, l’Euro numérique proposé par la juridiction européenne dès 2026 n’a pas rencontré de retour positif de la part du marché. Les pros-crypto l’ayant déjà qualifiée de coin d’esclave. Bien que la CBDC soit censée être anonyme, elle autoriserait au moins théoriquement de nouveaux outils de politique monétaire tels que des allocations de trésorerie ciblées et des taux d’intérêt négatifs, soit des choses dont sont faits les cauchemars des pros-crypto.

Quelle est donc la conclusion ? Eh bien disons que la parité euro-dollar est probablement là pour rester. La Fed et la Banque Centrale Européenne emprunteront des voies différentes au moins au cours des 12 à 18 prochains mois.

Ne soyez donc pas surpris de voir le Dollar encore plus fort dans ce laps de temps. Les effets sur la crypto sont moins clairs. Une zone euro économiquement plus faible n’aide pas c’est certain, mais l’ampleur des dégâts que cela pourrait réellement causer reste à voir. Et au moins les investisseurs crypto en zone Euro ont des stablecoins sûrs comme refuges.

 

Par Tony L.

Passionné de cryptos, Tony vous propose régulièrement des articles ou des dossiers exclusifs dans lesquels il partage avec vous le fruit des ses réflexions et de ses investigations. Il vous invite à le suivre en immersion dans l'univers fascinant de la blockchain et des crypto-monnaies.

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