En 2025, la trésorerie reste le nerf de la guerre pour les entreprises du bâtiment. Les retards de paiement sont encore fréquents et les marges se réduisent. Or, depuis le 9 janvier 2025, les virements instantanés en euros sont devenus gratuits et accessibles à tous. Ce changement structurel peut transformer la gestion d’un chantier, et un compte professionnel n’est plus seulement un RIB, mais un véritable outil de gestion financière et opérationnelle permettant de gagner du temps et de l’argent.
Parmi les nouveaux acteurs proposant des ”comptes bancaires outil”, Finom se positionne comme une solution conçue pour les entreprises, artisans et indépendants. Son offre combine facturation, encaissements rapides, cartes multiples et suivi des dépenses par chantier. Mais la question reste ouverte : est-ce que ce compte répond vraiment à 100% aux besoins des professionnels du bâtiment, un secteur soumis à des contraintes spécifiques et souvent complexes ?
Le secteur du bâtiment en 2025 : entre contraction et besoin d’efficacité
Le bâtiment connaît une année 2025 en demi-teinte. D’un côté, la production globale du secteur recule encore d’environ 2% en rythme annuel, pénalisée par la baisse des mises en chantier et par un ralentissement de la rénovation énergétique. Les carnets de commandes se sont fragilisés, et certaines entreprises subissent une activité réduite après l’embellie post-Covid.
De l’autre côté, les enquêtes de conjoncture montrent un léger redressement de la confiance au printemps 2025. Les chefs d’entreprise anticipent une stabilisation de la demande, portée notamment par la rénovation énergétique et la modernisation des bâtiments publics. Mais les cycles sont heurtés et la trésorerie reste tendue.
À cela s’ajoute un problème structurel : les retards de paiement. La loi impose un maximum de 60 jours, mais de nombreux grands donneurs d’ordres dépassent encore ces délais. Conséquence directe, les petites structures qui dépendent de ces règlements voient leur trésorerie bloquée. Dans un secteur où les sous-traitants interviennent en cascade sur un même chantier, un seul retard de règlement peut déstabiliser toute la chaîne.
En 2025, les pros du bâtiment ont donc trois besoins majeurs :
- encaisser plus rapidement, pour limiter les tensions de trésorerie,
- payer leurs fournisseurs sans friction, afin de ne pas bloquer les chantiers,
- suivre précisément les dépenses par chantier, pour éviter les dérives de coûts.
C’est sur ces besoins concrets que doit se juger un compte pro.
Encaisser vite et sans complication
Un compte bancaire adapté au BTP doit faciliter l’encaissement. Finom propose un module de facturation intégré. Concrètement, une entreprise peut créer et envoyer une facture, inclure un lien ou un QR code de paiement et suivre en temps réel le règlement. Les factures sont traduisibles en plusieurs langues, ce qui peut être utile pour des sous-traitants étrangers.
L’association facturation et paiement instantané change le quotidien. Désormais, lorsqu’un client règle une facture par virement, l’argent est crédité en moins de dix secondes. Cela permet de réduire l’exposition au découvert bancaire et d’améliorer la prévisibilité de la trésorerie.
Un exemple : un artisan termine un gros chantier et doit payer ses salariés en fin de semaine. Si son client règle par virement instantané, les fonds sont disponibles immédiatement, et les salaires peuvent être payés sans délai.
Mais il existe une limite importante. Finom ne permet pas l’encaissement d’espèces ni le dépôt de chèques. Or, une partie des clients particuliers dans le BTP paient encore par chèque ou en liquide, notamment pour des dépannages à domicile ou de petites rénovations. Dans ces cas, il faudra soit conserver un compte secondaire dans une banque traditionnelle, soit pousser les clients à adopter les virements et paiements numériques.
Des paiements fournisseurs et sous-traitants plus fluides
Les entreprises du bâtiment doivent gérer de nombreux flux sortants : achat de matériaux, acomptes aux fournisseurs, règlements aux sous-traitants.
Avec Finom, un IBAN français est fourni rapidement, ce qui rassure les partenaires. Les virements SEPA, qu’ils soient standards ou instantanés, sont inclus selon la formule choisie. Les paiements en devises sont possibles dans 17 monnaies, un avantage si l’entreprise importe des équipements spécialisés.
Finom permet aussi de programmer ou grouper les paiements, ce qui simplifie la gestion administrative en fin de mois.
Exemple concret : une PME doit régler plusieurs sous-traitants à la fin d’un chantier. Plutôt que d’exécuter chaque virement individuellement, le dirigeant prépare un lot de paiements. Tous partent en une seule opération, certains en instantané, d’autres programmés pour la date d’échéance. Ce gain de temps administratif permet de se concentrer sur le suivi opérationnel des chantiers.
Gérer la trésorerie par chantier
Le grand avantage de Finom pour les entreprises du BTP est sa logique de portefeuilles. Ces sous-comptes permettent de séparer les budgets par chantier. Chaque portefeuille peut avoir ses propres coordonnées bancaires et ses propres cartes de paiement.
Une entreprise peut ainsi créer un portefeuille « Chantier A » et un portefeuille « Chantier B ». Chaque équipe reçoit deux cartes avec des plafonds définis. Les dépenses sont suivies en temps réel et les justificatifs (tickets, factures, péages) sont directement téléchargés via l’application.
À la fin du chantier, l’entreprise dispose d’une vision claire : budget initial, dépenses réelles, écarts. Plus besoin de passer des heures à trier des tickets éparpillés. L’intégration avec des logiciels de comptabilité comme Sage ou Pennylane automatise ensuite le passage des écritures.
Ce suivi précis par chantier limite les mauvaises surprises et permet de mieux négocier les prochains devis avec les clients.
Contrôler les dépenses et sécuriser les paiements
Finom met l’accent sur le contrôle. Le dirigeant peut créer des cartes virtuelles ou physiques pour chaque collaborateur, les geler en un clic, limiter les plafonds ou restreindre certains types de dépenses.
Autre avantage, les cartes sont compatibles avec Apple Pay et Google Pay. Les équipes n’ont plus besoin de transporter plusieurs cartes physiques, ce qui réduit le risque de perte ou de fraude.
Chaque utilisateur a des permissions adaptées. Le chef d’équipe peut payer ses dépenses de terrain mais pas accéder à l’ensemble des finances de l’entreprise. L’assistant administratif peut éditer des factures sans pouvoir virer de l’argent. Ce cloisonnement sécurise l’organisation.
En revanche, l’assistance client est surtout digitale (chat et email). Certains dirigeants, habitués à décrocher leur téléphone en cas d’urgence, pourraient être frustrés par l’absence de hotline téléphonique.
Les manques de Finom
L’offre Finom ne couvre pas certains usages encore fréquents dans le bâtiment :
- pas de dépôt d’espèces,
- pas de chéquier,
- pas d’encaissement de chèques,
- pas de découvert autorisé ni de crédit lié directement au compte.
Ces absences ne posent pas de problème pour une PME qui facture uniquement par virement et qui encaisse via paiements numériques. En revanche, une entreprise de dépannage qui reçoit régulièrement des chèques ou du liquide devra conserver un compte traditionnel complémentaire.
L’absence de découvert impose une gestion stricte des retards de paiement. Les dirigeants doivent donc anticiper les décalages de trésorerie et prévoir des solutions de financement court terme auprès d’autres partenaires.
Combien ça coûte et quels avantages financiers
L’un des atouts de Finom est sa grille tarifaire simple. Le plan de base est gratuit et permet déjà d’obtenir un IBAN français et des virements SEPA. Les formules payantes ajoutent davantage de cartes, des virements en volume et des fonctionnalités avancées.
Autre élément attractif : le cashback. Les paiements effectués avec les cartes Finom peuvent générer jusqu’à 3% de remboursement, selon la formule choisie.
Un exemple illustre l’impact : une entreprise qui dépense 25 000 euros par mois en achats de matériaux via ses cartes peut récupérer 250 euros par mois de cashback, soit 3 000 euros par an. Cette somme couvre largement une partie des frais de service et devient une source de trésorerie supplémentaire.
En revanche, il existe des frais au-delà de certains seuils (par exemple pour les virements SEPA excédentaires ou les retraits d’espèces). Les paiements en devises hors zone euro entraînent également des commissions. Chaque entreprise doit donc analyser sa structure de coûts avant de migrer entièrement.
Verdict : Finom est-il adapté au BTP ?
Pour les entreprises du bâtiment déjà tournées vers les paiements numériques, Finom répond à la majorité des besoins. La rapidité d’ouverture de compte, la possibilité de gérer plusieurs chantiers via des portefeuilles distincts, les cartes multiples pour les équipes et l’intégration avec la comptabilité en font un outil de gestion complet.
Mais ce compte n’est pas universel. Les structures qui travaillent encore avec chèques et espèces devront compléter l’offre avec une banque traditionnelle. L’absence de découvert bancaire exige aussi une rigueur dans le suivi des règlements et des relances.
L’évolution réglementaire et la généralisation des paiements instantanés en Europe renforcent cependant l’intérêt d’un modèle 100% digital. Dans cette optique alors oui, Finom s’impose comme une alternative sérieuse, moderne et économique face aux banques classiques.
La place historique de BTP Banque
BTP Banque reste une référence du secteur depuis très longtemps. Mais son modèle repose sur une cotisation élevée, environ 180 euros par trimestre, pour un service bancaire classique et un accompagnement en agence. Ce modèle peut convenir aux entreprises qui manipulent encore beaucoup de chèques et d’espèces.
En comparaison, Finom séduit par son agilité, son coût réduit et ses services pensés pour un usage numérique. Pour une entreprise du bâtiment déjà digitalisée, la différence de confort et de coût devient