Etat du recrutement dans le secteur bancaire

Publié le - Auteur Par Olivier B.
Etat du recrutement dans le secteur bancaire

Les actualités ne cessent d’évoquer les fermetures d’agences bancaires et les plans ux départ volontaire. Dans cette réorganisation des banques traditionnelles, on relève également de nombreux recrutements. Comment l’expliquer ? Quels sont les profils recherchés ? Voici la synthèse des chiffres clés de 2020, d’après les récents rapports de la Fédération bancaire française (FBF) et de l’Association française des banques (AFB).

Une dynamique dans le recrutement mais une baisse structurelle

Parus en juin 2021, les chiffres de l’emploi 2020 dans le secteur bancaire français montrent un paradoxe. Bien que le contexte de la pandémie ait mis en suspens certaines stratégies, les banques continuent de recruter des collaborateurs qualifiés, en CDI, et de proposer des contrats en alternance.

Plus de 35 000 personnes recrutées

La Fédération bancaire française (FBF), qui est l’organisation représentative des banques dans l’hexagone, indique le recrutement de 35 300 collaborateurs en 2020. Cette information peut paraître surprenante alors que le pays est confronté à une pandémie, provoquant plusieurs périodes de confinement et de ralentissement majeur de l’activité économique.

En réalité, cette hausse des embauches dans le milieu bancaire masque aussi des destructions d’emplois. A la fin de l’année dernière, les établissements qui adhèrent à la FBF employaient 354 000 personnes, soit un recul de 1,7% par rapport à 2019. Or, cette baisse est loin d’être ponctuelle. Le secteur a maigri de 25 000 personnes depuis 2012.

 

Un contexte économique peu porteur

L’environnement économique fait souffrir les banques. La politique des taux bas use jusqu’à la corde les marges sur les crédits. La pression réglementaire augmente les coûts structurels. Enfin, la concurrence accrue et le basculement vers la banque numérique obligent à ne pas freiner les dépenses d’investissement pour l’avenir.

Luc Mathieu, secrétaire général de la CFDT banques et assurances, rappelle ce problème structurel « dans la banque, lié à l’environnement de taux bas, qui a des conséquences sur l’activité et l’emploi, car les banques peinent à trouver des relais de croissance ». Maya Atig, directrice générale de la FBF, explique plutôt le décrochage de l’emploi part un « ralentissement de la mobilité dans le secteur compte tenu de la crise et une activité RH forcément ralentie pendant plusieurs mois avec les différents confinements ».

L’emploi dans les banques commerciales

Dans ce paysage tourmenté, il faut distinguer les membres de l’AFB, branche qui regroupe les banques commerciales comme BNP Paribas ou La Société Générale.

Baisse la plus importante depuis 10 ans

L’AFB représente 186 800 salariés au sein du secteur de la banque en France. Mais ces établissements connaissent une crue d’amincissement plus rapide que les banques mutualistes en matière d’effectif : -2,9% entre 2019 et 2020. Cette baisse annuelle est la plus forte recensée sur la dernière décennie (-1,5% des effectifs depuis 2012).

Les membres de l’AFB sécurisent leurs employés (99% sont en CDI). Plus de deux tiers des postes en place sont des cadres (68%), soit une croissance de 13 points par rapport à 2012. Le niveau d’ancienneté est de 15 ans, et le taux de féminisation atteint 57% (dont 60% de cadres). C’est la région Ile-de-France qui concentre les emplois (39%).

 

Moins de démissions avec la crise

Les motifs de départ des employés bancaires sont principalement des démissions, même si la crise a fortement ralenti cette raison. On relève ensuite des départs en retraite et des mobilités internes. Au final, le taux de turn-over, stable autour de 6,6%, est bien moindre que la moyenne nationale (20%).

Qui sont les profils recherchés ?

La branche AFB enregistre 16 000 embauches en 2020, dont 10 700 en CDI. Les embauches en CDI concernent à 58% les Bac+4/5, à 34% les Bac +2/3 et à 7% les Bac+2 et moins. En matière de profil, 50% des personnes recrutées ont moins de 30 ans, ce qui fait un âge moyen global à 32,4 ans.

Quels sont les profils sont ciblés ? Les personnes recrutées travaillent surtout dans la relation client et les fonctions commerciales (52% des offres pourvues). Viennent ensuite les fonctions informatiques (14%), les fonctions juridiques (9,4%) et le back office (4,9%).

Notons enfin l’importance de la formation des équipes (5 millions d’heures consacrées) et de l’insertion professionnelle (signature de 6000 nouveaux contrats d’alternance sur un total de 15 200 en cours, dont 8400 pour la branche AFB).

Le profil idéal est donc :

  • jeune de moins de 30 ans,
  • avec un bac+4 ou 5,
  • avec un profil commercial.

Ce tableau de l’emploi bancaire montre un secteur en difficulté, qui se réorganise en misant sur l’expertise, la formation, la proximité client et l’adaptation aux nouvelles technologique. Ce qui n’empêche pas la fermeture programmée des agences bancaires et les suppressions de postes déjà planifiées sur les années à venir.

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