Doctolib baisse les armes face au scandale des naturopathes et médecines douces

Publié le - Auteur Par Math
Doctolib baisse les armes face au scandale des naturopathes et médecines douces

Doctolib est dans la tourmente depuis le milieu de l’été 2022 ! Depuis 2016, les naturopathes et les sophrologues étaient autorisés sur la plateforme. Ces activités paramédicales sont en effet légales et non régulées. Suite à un premier problème, apparu le 19 juin 2022 concernant une fraude subie par une patiente, une nouvelle polémique atteint aujourd’hui Doctolib.

Retour sur l’origine d’un scandale et analyse de la situation.

L’origine du scandale : une naturopathe aux propos douteux !

17 naturopathes, se revendiquant formés par Irène Grosjean, ont été bannis de la plateforme Doctolib, suite à des plaintes.

Irène Grosjean, la naturopathe qui fait polémique

Mme. Grosjean est naturopathe depuis une soixantaine d’années et a formé des centaines de naturopathes, basés partout en France.

Un de ses livres préconise des “traitements” pour les enfants, qu’on peut légitimement assimiler à des incitations aux agressions sexuelles. Par exemple, pour faire baisser la fièvre d’un enfant, Mme. Grosjean recommande de lui frictionner le sexe pendant 10 minutes !

« L’Extracteur », un collectif de personnes souhaitant alerter sur les dérives en lien avec la santé et l’alimentation, opérant sur Twitter, a dénoncé la présence de 17 naturopathes, formés par Irène Grosjean, sur Doctolib.

La plateforme a promptement réagi en répondant que, compte tenu de la gravité du signalement, elle arrêtait la possibilité de réserver des RDV avec les profils concernés.

Des incitations à quitter les traitements conventionnels

Divers témoignages des patients d’Irène Grosjean semblent indiquer qu’elle incitait des personnes atteintes de pathologies graves (le cancer, par exemple) à refuser d’être traitées par les traitements de la médecine conventionnelle.

Pour Mme. Grosjean, et une partie des naturopathes qu’elle a formés, la maladie est avant tout le signe d’un dérèglement du corps, dû aux pollutions et aux méfaits de notre mode de vie moderne. Il convient alors, selon ce raisonnement, de rompre avec ces mauvaises pratiques et de se conformer à l’hygiène de vie prônée par la naturopathie.

Ce raisonnement, simpliste, est dénoncé par de nombreux médecins et par le gouvernement, en particulier via Miviludes, organisme chargé de lutter contre les dérives sectaires. M. Gravel, son président, indique que les repères d’une partie de la population française ont volé en éclats, suite à la crise du Covid-19 et aux théories conspirationnistes liées aux vaccins.

Que penser de ce scandale et des médecines alternatives ?

Au-delà de ces cas extrêmes, pour lesquels il faut agir et renforcer la surveillance des pratiques, faut-il pour autant rejeter l’ensemble des médecines alternatives ?

De nouvelles pratiques médicales, prises en otage par une poignée d’insatisfaits

Certains classent la naturopathie (et d’autres médecines alternatives) dans la catégorie des pseudo-sciences ou des charlatans. Les preuves scientifiques de leur efficacité sont moins étudiés que la médecine traditionnelle. Les moyens sont moindres. Les traitements sont insuffisamment étayées. Toutefois, cela prouve-t-il pour autant qu’elles ne sont pas efficaces, pour certaines maladies et pour certains patients ?

Et l’existence de quelques praticiens aux pratiques illégales, ou simplement douteuses, permet-il d’affirmer que l’ensemble des praticiens de médecines alternatives sont des charlatans ? Nous pensons que non. Car même au milieu du corps médical traditionnel ce type de problème arrive.

Doctolib a été critiquée de toutes parts, pendant le mois d’août 2022, sur la question de ce référencement de praticiens hors médecine traditionnelle. Et les dirigeants de la société ont décidé de se conformer aux exigences de l’Etat et des lanceurs d’alerte.

Il nous semble qu’il aurait été intéressant d’en profiter pour lancer un véritable débat sur la question des médecines alternatives.

L’influence des géants de l’industrie pharmaceutique

“Big Pharma”, comme les anglosaxons appellent les géants de l’industrie pharmaceutique, représente un marché énorme à l’échelle mondiale.

Les 5 premières entreprises du secteur (Johnson & Johnson, Roche, Pfizer, Bayer et Novartis) pèsent environ un quart du marché mondial, avec un CA annuel cumulé de plus de 300 milliards de dollars par an (en 2019). Quant au leader français, Sanofi, il se place en 8ème position mondiale, avec un CA de 43 milliards d’euros, en 2019. Ce n’est pas rien !

Notre propos n’est pas de rejeter en bloc les produits de ces géants pharmaceutiques (qui ont souvent une efficacité réelle, avec laquelle les médecines complémentaires ne peuvent pas rivaliser), ni de nous prêter à un quelconque refus de la science. Mais nous souhaitons toutefois alerter sur le fait que le développement de la prévention et de traitements complémentaires semble être singulièrement ralenti, au profit des traitements proposés par ces géants, qui savent efficacement mobiliser les lobbies pour soutenir leurs intérêts.

L’objectif de ces médecines complémentaires n’est pas “d’éteindre le feu”, mais de prévenir le risque d’apparition des maladies. Leur mission est claire : prévention et accompagnement, plutôt que traitement symptomatique.

Notons aussi qu’une autre médecine alternative, l’homéopathie, a été dé-remboursée récemment, faute de preuves scientifiques de son efficacité. Toutefois, on constate que les consommateurs en sont encore friands et que de nombreuses mutuelles de santé continuent à rembourser des centaines d’euros par an à leur adhérents pour les traitements d’homéopathie…

Le sujet mérite un débat national, plutôt qu’un rejet en bloc de ces alternatives thérapeutiques.

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