Qui sont les DG des grandes banques françaises ?

Publié le - Auteur Par Olivier B.
Qui sont les DG des grandes banques françaises ?

Chaque crise économique dans le secteur de la banque entraine des départs et des arrivées aux postes clés de direction. La pandémie qui frappe l’ensemble des marchés accélère ces mouvements de promotions internes comme externes. L’occasion de faire le point sur les personnalités aux manettes des grandes banques traditionnelles françaises et d’en résumer le parcours.

Qui dirige les grands groupes bancaires ?

DG Crédit Agricole : Philippe Brassac

Philippe Brassac est à la tête du Crédit Agricole depuis le mois de mai 2015. Cet ingénieur statisticien, formé à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique Paris (abrégé en ENSAE Paris) travaille dans la banque depuis les années 1980. Sa progression interne lui permet notamment d’occuper les fonctions de :

  • Directeur Général du Crédit Agricole Provence Côte d’Azur,
  • Directeur des relations avec les Caisses régionales au sein de l’organe central,
  • Vice-Président de la Fédération Nationale du Crédit Agricole,
  • Secrétaire général et Vice-Président de la SAS Rue La Boétie.

En tant que DG du Crédit Agricole, il introduit en bourse Amundi et réorganise la gouvernance de l’organe central vers plus de mutualisme. Il pilote les plans stratégiques et formalise la Raison d’être du groupe bancaire ainsi : « Agir chaque jour dans l’intérêt de nos clients et de la société ». En septembre 2020, il est nommé à la tête de la Fédération bancaire française (FBF).

DG Société Générale : Frédéric Oudéa

Frédéric Oudéa, conseiller de Nicolas Sarkozy quand celui-ci était ministre du Budget en 1993, dirige la Société Générale depuis 2008. Il est à la manœuvre suite à l’Affaire Kerviel mais est fragilisé après les pertes financières importantes lors du premier semestre 2020. Il resserre alors ses équipes en nommant William Kadouch-Chassaing et Sébastien Proto comme directeurs généraux adjoints.

Sébastien Proto est considéré comme le successeur de Frédéric Oudéa. Il fait d’ailleurs partie de la promotion Léopold Sédar Senghor (2002-2004) de l’ENA, la même qu’un certain Emmanuel Macron. Surnommé dans le Monde le « Macron de Sarkozy », cet ancien collaborateur de l’ancien Président a également fait ses armes chez Rothschild & Cie avant de gravir les échelons au sein de La Société Générale dont il devient directeur général adjoint à 42 ans.

 

DG BNP Paribas : Jean-Laurent Bonnafé

Ingénieur des Mines, Jean-Laurent Bonnafé occupe plusieurs postes dans les cabinets ministériels à partir des années 1980. Il entre à BNP en 1993 comme sous-directeur des entreprises, puis responsable de la stratégie de développement quatre ans plus tard. Jean-Laurent Bonnafé est surtout à la baguette lors de la fusion en 2000 entre BNP et Paribas, devenant responsable de la banque de détail en France juste après.

Il conduit ensuite plusieurs plans de restructuration suite à des acquisitions mais se refuse à intégrer les cercles parisiens pour conserver son indépendance. Il accueille, en janvier 2019, au comité exécutif, Marguerite Bérard-Andrieu, major de leur promotion de l’Ena. Elle conduit l’activité banque de détail de BNP Paribas après avoir été numéro deux de BPCE.

DG La Banque Postale : Philippe Heim

Suite au départ de Rémy Weber en août 2020, à la tête de la Banque Postale, c’est Philippe Heim qui reprend le flambeau.

Quelques mots sur Rémy Weber : ce dernier était devenu président du directoire de l’établissement au mois d’octobre 2013. Le refus qu’il soit installé à la direction de CNP Assurances suite au rapprochement avec La Banque Postale aurait précipité sa démission. Philippe Wahl, patron de La Poste, l’aurait notamment empêché d’assouvir ses ambitions.

Plusieurs candidats externes ont refusé le poste, à l’instar des énarques :

  • Marie Cheval (ex-Boursorama Banque) et
  • Marie-Anne Barbat-Layani (ex-Fédération bancaire française).
  • Actuellement, c’est l’ancien bras droit d’Edouard Philippe à Matignon,
  • Benoît Ribadeau-Dumas, (autre énarque de la promotion March Bloch, celle…d’Edouard Philippe), qui focalise toute l’attention.

Philippe Heim a pris ses fonctions le 3 septembre. Il a travaillé avec Nicolas Sarcozy, Jean-François Copé …

 

DG BPCE : Laurent Mignon

Directeur général de Natixis à partir de 2009, Laurent Mignon devient président du directoire de BPCE (Banques populaires, Caisses d’épargne, Natixis, Bred) en 2018, directoire dont il été membre depuis cinq ans. Auparavant, il avait dirigé, de 2001 à 2007, la filiale bancaire de l’assureur AGF (devenu Allianz). Il fait ses preuves en rétablissant le manche de Natixis frappée durement par la crise de 2008.

Laurent Mignon a notamment accompagné la transformation numérique du groupe BPCE, entrainant la fermeture de 400 agences de 2017 à 2020 (5% du réseau). En revanche, il se débarrasse de la néobanque Fidor chèrement acquise et depuis dépréciée à hauteur de 141 millions d’euros en 2019. BPCE est d’ailleurs entrée en négociations avec le fonds Ripplewood Advisors LLC pour la cession de Fidor.

Côté Natixis, le DG de BPCE accueille, en août 2020, Nicolas Namias, énarque de la promotion Senghor d’Emmanuel Macron. Après un aller-retour dans le cabinet de Jean-Marc Ayrault à Matignon, il succède à un autre énarque, François Riahi, fusible des mauvais résultats de Natixis suite au covid.

DG Crédit Mutuel : Nicolas Théry

Nicolas Théry préside la Fédération Centre Est Europe et la Confédération nationale du Crédit Mutuel depuis 2016. Cet énarque de gauche, qui a évolué dans le cabinet ministériel Strauss-Kahn, a un parcours plus atypique. Tour à tour : directeur de cabinet, à la CFDT et à la Commission européenne, cet homme major de l’ENA rejoint la banque mutualiste en plein conflit interne avec le Crédit Mutuel Arkéa.

En août 2020, le départ du sécessionniste DG d’Arkéa, Ronan Le Moal, apaise le conflit. Il est remplacé par Hélène Bernicot, suite à une promotion interne, qui aura l’objectif de conduire les discussions avec l’organe central. A défaut d’être oublié, le projet d’indépendance d’Arkéa est repoussé à l’horizon 2024.

 

Le secteur bancaire étant un secteur stratégique pour la France, les passerelles entre l’ENA, les cabinets ministériels et les postes clés de la direction des établissements apparaissent logiques…et nombreuses. Une proximité entretenue par l’actuel président de la République lui-même énarque et fin connaisseur des milieux financiers.

 

Obtenez des offres exclusives !
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
Laisser un commentaire