Cashback en Italie une mesure qui n’est pas que pour leur bien

Publié le - Auteur Par Lucie
Cashback en Italie une mesure qui n’est pas que pour leur bien

Pour chaque achat effectué : 10 % sont  remboursés par l’État italien, c’est une offre plus qu’alléchante, non?  Voici la nouvelle initiative du gouvernement italien lancée le 8 décembre dernier, et qui durera tout le mois et plus peut-être. Le pouvoir d’achat des italiens n’en sera que favorisé et le cashback devrait participer à la relance de la consommation et donc aux fils d’argent sur les comptes courants.

Initiative du gouvernement italien : « cashback »

Pour l’Italie l’objectif est double : d’une part soutenir les commerces ayant pignon sur rue en stimulant la consommation, et d’autre part lutter contre l’évasion fiscale.

Qui peut en bénéficier ?

Tous les résidents majeurs en Italie qui règleront leurs achats par carte bancaire ou tout autre paiement électronique. Attention, ils devront pour en bénéficier, effectuer au moins 10 transactions entre le 8 et le 31 décembre, pour un montant total n’excédant pas 1500€ (au-delà l’État ne rembourse plus).

Le remboursement peut aller de 150€ pour une personne seule à 300€ pour un couple.

Quelles sont les dépenses prises en compte ?

L’État n’est pas regardant, la somme peut faire peur lorsqu’elle ne concerne que des cadeaux il est vrai, mais la nature des dépenses peut aller :

  • d’un café, un chocolat chaud,
  • à un sac à main,
  • des courses alimentaires,
  • l’acquisition d’un appareil électroménager
  • en passant par à un séjour dans un hôtel
  • et même les services d’un plombier.

Mise en place de cette initiative originale

Le mois de décembre servira de test pour une mise en place sur le long terme. Des guides d’informations sont disponibles dans les kiosques à journaux, il y a également une campagne institutionnelle sur le site du gouvernement et des spots TV diffusés surtout en soirée afin de toucher le plus de monde possible.

Comment fonctionne le remboursement ?

Il faut tout d’abord télécharger l’application « IO » de l’administration publique en se connectant avec leur code d’identité digitale. Ensuite, il leur faut remplir un formulaire en indiquant numéro fiscal, celui de la carte bancaire utilisée (avec le nom du titulaire), les justificatifs des paiements ainsi que les coordonnées du compte (IBAN) à créditer.

D’après le gouvernement italien, il y a déjà 5 millions d’Italiens qui ont accédé à la plateforme. Certains doivent craindre le contrôle des informations issues du compte bancaire.

Pourquoi mettre une telle chose en place ?

En effet, on peut se dire que cela va coûter plus à l’État que cela ne va lui rapporter, mais c’est parce que nous voyons cela d’un œil français, où nous sommes habitués à payer en carte bleue. En Italie, où le paiement comptant est une habitude, le problème se pose différemment.

D’après une étude de la Banque d’Italie, 88,9 % des résidents possèdent au moins une carte bancaire. Mais dans les régions du Nord, 57,5 % préfèrent encore payer en liquide. Dans celles du Sud, en particulier en Campanie et en Calabre, ce pourcentage grimpe à plus de 93 %. « Dans notre pays, la culture du « conto con lo sconto » (addition avec ristourne), si l’on paie comptant, reste très ancrée », explique Anna Vizzari, économiste de l’association Altroconsumo. « Les commerçants ne délivrent pas de ticket de caisse fiscal, alors que c’est obligatoire, ajoute-t-elle. En échange, ils diminuent de 10 à 20 % le montant dû. C’est tout gagnant pour les clients qui n’ont pas besoin de factures, et pour les patrons. Ils n’ont pas de commissions bancaires à payer, or celles-ci sont effectivement très élevées, et ils déclarent moins de revenus aux impôts ».

Toutefois, d’après une étude réalisée par Paysafe, suite à la pandémie, des changements de comportement sont apparus. Près de 43 % des Italiens se déclarent plus attentifs à la manipulation des pièces et billets et envisagent d’utiliser davantage leur carte bancaire et les systèmes de paiement en ligne. Y compris après la fin de la crise sanitaire. 

Un dispositif qui s’inscrit sur le long terme

Même si on ne connait pas encore les résultats de ce dispositif, il y fort à parier qu’elle sera couronnée de succès.

Le cashback en 2021 et la lutte contre l’évasion fiscale

Il faut savoir qu’en Italie, le gouvernement évalue l’évasion fiscale à 110 milliards d’euros contre 180 milliards par l’association des contribuables italiens (et même 190 milliards par le cabinet britannique Tax Research LLP). Selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (Istat) publiés en octobre 2020, l’économie souterraine et illégale représente 11,9 % du Produit intérieur brut, soit 211 milliards d’euros.

Sur le long terme le cashback pourrait donc inciter des changements de comportements bancaire et rapporter plus à l’État que cela ne lui coûte (4 milliards pour le cashback). A compter du 1er janvier 2021 et jusqu’en juin 2022, le gouvernement proposerait 150 euros remboursés chaque semestre, à condition d’effectuer 50 transactions. Par ailleurs, les 100.000 inscrits qui réaliseront le plus d’achats par carte bancaire sur la période pourront décrocher un bonus de 1500 euros.

Et les autres pays ?

Un autre pays a suivi l’Italie sur ce genre de mise en place. Il s’agit de l’Irlande, plus particulièrement l’Irlande du Nord. Ici pas d’achat remboursé mais des cartes pré-payées d’une valeur de 113€/foyer offertes à tous les ménages nord-irlandais (au nombre de 740000). Ces cartes sont offertes certes mais avec une condition : être utilisée sur le territoire. Cette carte devrait être distribuée aux alentours du nouvel an.

Qu’en est-il de la France ?

En France, cette question n’est pas à l’ordre du jour, surprenant non ? Éventuellement des primes, mais rien n’est encore définit. Celle de Noël pour être plus exact, versée à deux millions de familles, qui n’a pas bougé depuis 7 ans. Pour l’instant le gouvernement réfléchit plus à des incitations sectorielles comme elle l’a déjà fait pour l’industrie automobile, ou un coup de pouce comme l’allocation de rentrée scolaire.

De belles initiatives permettant de relancer l’économie locale de la part de l’Italie et de l’Irlande.

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