Le retour des émergents dans le portefeuille des particuliers
Après plusieurs années dominées par les géants américains, les pays émergents reviennent dans le radar des investisseurs. Chine, Inde, Taïwan, Corée du Sud, Brésil, Mexique ou Indonésie ne sont plus seulement des zones de production à bas coût mais ils deviennent des marchés de consommation, de technologie, de matières premières, d’infrastructures et de finance. Pour un particulier français, le moyen le plus simple d’y accéder reste souvent l’ETF, ce fonds coté qui réplique un indice boursier en une seule ligne.
Le changement est devenu net en 2025. Selon les données MSCI, l’indice MSCI Emerging Markets a gagné 33,57% en 2025, contre 22,34% pour le MSCI ACWI et 21,09% pour le MSCI World. Les émergents ne sont pas morts, mais ils ne se comportent pas comme les marchés développés. Ils peuvent rester en retrait pendant longtemps, puis revenir très vite lorsque les devises, les valorisations, les bénéfices et les flux d’investisseurs se réalignent.
Ce que contient un ETF marchés émergents
Un ETF marchés émergents ne donne pas une exposition vague à des pays “en développement”. Il suit généralement un indice précis. Le plus connu est le MSCI Emerging Markets, qui couvre les grandes et moyennes capitalisations de 24 pays émergents. MSCI indique que cet indice comprend environ 1200 sociétés et couvre près de 85% de la capitalisation boursière ajustée du flottant dans chaque pays.
Dans la pratique, un ETF Emerging Markets peut donc contenir des entreprises comme Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, Samsung Electronics, Tencent, Alibaba, Reliance Industries ou encore des banques indiennes et brésiliennes. L’investisseur n’achète pas “l’économie indienne” ou “la Chine” en bloc. Il achète un panier pondéré par la capitalisation boursière, souvent très orienté vers l’Asie, les semi-conducteurs, les services financiers, la consommation et internet.
C’est aussi pour cela qu’il faut regarder la composition avant d’acheter. Deux ETF portant le mot “émergents” peuvent avoir des expositions très différentes. Un ETF MSCI Emerging Markets large sera diversifié. Un ETF Inde, Corée du Sud, Brésil ou Chine sera beaucoup plus concentré. Le potentiel de gain peut être supérieur, mais le risque spécifique aussi.
MSCI World, Emerging Markets ou ACWI, le choix qui change tout
Comparer un ETF marchés émergents à un ETF MSCI World impose d’abord de rappeler une chose simple. Le MSCI World ne représente pas toute la planète boursière. Il suit uniquement les grandes et moyennes capitalisations de 23 pays développés, avec un poids très élevé des États-Unis. À l’inverse, le MSCI Emerging Markets donne accès à 24 pays émergents, avec une forte exposition à l’Asie. Fin avril 2026, Taïwan pesait 24,84% de l’indice MSCI Emerging Markets, devant la Chine à 23,05% et la Corée du Sud à 18,69%. Le secteur technologique représentait à lui seul 36,76% de l’indice, devant les services financiers à 19,66%. Autrement dit, acheter un ETF émergent aujourd’hui, ce n’est pas seulement miser sur une vague économique diffuse. C’est aussi prendre une exposition très concrète aux semi-conducteurs, à l’intelligence artificielle asiatique, aux banques émergentes, à la consommation chinoise, aux groupes indiens et aux grandes plateformes numériques.
Les performances récentes montrent pourquoi le sujet revient dans les portefeuilles. En 2025, l’indice MSCI Emerging Markets a progressé de 33,57%, contre 22,34% pour le MSCI ACWI et 21,09% pour le MSCI World, selon les données MSCI. Sur cette seule année, les émergents ont donc clairement battu les marchés développés. Mais cette avance ne doit pas être lue comme une règle permanente. En 2022, le MSCI Emerging Markets avait reculé de 20,09%, dans un environnement de hausse des taux, de dollar fort et de pression sur les devises émergentes. La logique est donc différente de celle d’un ETF World classique. Le potentiel de rebond peut être puissant, mais les phases de baisse peuvent aussi être plus brutales.
C’est là que le MSCI ACWI devient intéressant. Cet indice regroupe les marchés développés et les marchés émergents dans un seul panier mondial. MSCI précise que l’ACWI couvre 23 marchés développés et 24 marchés émergents, avec plus de 2 500 sociétés, soit environ 85% de l’univers actions mondial investissable. Pour un investisseur qui ne veut pas arbitrer lui-même entre États-Unis, Europe, Japon, Chine, Inde, Taïwan ou Corée, l’ACWI agit comme une solution globale. Il capte une partie de la croissance émergente, mais sans faire porter tout le risque du portefeuille sur ces pays.
En pratique, le choix dépend donc du rôle recherché. Un ETF MSCI World reste souvent la base simple pour s’exposer aux marchés développés. Un ETF Emerging Markets sert plutôt de moteur complémentaire, avec une volatilité plus forte. Un ETF ACWI peut être vu comme une solution intermédiaire, plus diversifiée qu’un MSCI World seul, mais moins agressive qu’une allocation séparée et élevée sur les émergents. Exemple concret avec 10 000€ investis. Un portefeuille 100% MSCI World reste très dépendant des États-Unis. Un portefeuille 80% MSCI World et 20% Emerging Markets ajoute une dose assumée de croissance asiatique et émergente. Un portefeuille 100% ACWI automatise cette répartition, avec une exposition mondiale plus large, mais sans surpondérer fortement les émergents.
Les ETF Emerging Markets les plus performants
Données arrêtées au 30 avril 2026 pour les performances. Les performances sont exprimées en euros et dividendes inclus. Elles ne préjugent pas des performances futures.
| ETF | ISIN | Indice suivi | Frais annuels | Performance 1 an | Performance 3 ans | Profil |
| HSBC MSCI Emerging Markets UCITS ETF USD Acc | IE000KCS7J59 | MSCI Emerging Markets | 0,15% | 43,91% | 64,95% | Accumulant, réplication physique |
| UBS Core MSCI EM UCITS ETF USD Dis | LU0480132876 | MSCI Emerging Markets | 0,15% | 42,90% | 65,22% | Distribuant, réplication optimisée |
| Xtrackers MSCI Emerging Markets UCITS ETF 1D | IE000GWA2J58 | MSCI Emerging Markets | 0,18% | 42,82% | 64,67% | Distribuant, réplication physique |
| Amundi Core MSCI Emerging Markets Swap UCITS ETF Acc | LU2573967036 | MSCI Emerging Markets | 0,14% | 42,81% | 65,42% | Accumulant, réplication synthétique |
| Amundi Core MSCI Emerging Markets Swap UCITS ETF Dist | LU2573966905 | MSCI Emerging Markets | 0,14% | 42,81% | 65,46% | Distribuant, réplication synthétique |
Les écarts entre ces ETF sont faibles sur un an, car ils suivent le même grand indice. Le choix ne doit donc pas se faire uniquement sur la performance passée. Les frais, la taille du fonds, la liquidité, la méthode de réplication, la devise de cotation et la politique de dividendes comptent autant que le rendement affiché.
Les ETF Emerging Markets éligibles au PEA
Le choix est plus restreint dans un PEA que dans un compte-titres ordinaire. La raison est simple. Pour être compatible avec le PEA, l’ETF doit respecter des règles européennes, ce qui conduit souvent les émetteurs à utiliser une réplication synthétique pour donner accès à des indices hors Europe. Le tableau ci-dessous présente les principaux ETF PEA permettant d’obtenir une exposition aux marchés émergents ou à une zone émergente large.
| ETF éligible PEA | ISIN | Exposition | Indice suivi | Frais annuels | À retenir |
| Amundi PEA Emergent MSCI Emerging ESG Transition UCITS ETF Acc | FR0013412020 | Marchés émergents mondiaux, avec filtre ESG | MSCI EM ex-Egypt ESG Broad CTB Select | 0,30% | Solution PEA la plus directe pour viser les émergents mondiaux, mais l’indice n’est pas le MSCI Emerging Markets classique |
| Amundi PEA Asie Pacifique MSCI AC Asia Pacific ex Japan UCITS ETF Acc | FR0011869312 | Asie-Pacifique hors Japon | MSCI AC Asia Pacific ex Japan | 0,60% | Exposition régionale incluant des pays développés et émergents d’Asie-Pacifique, donc moins pur qu’un ETF Emerging Markets mondial |
Sur PEA, l’ETF Amundi PEA Emergent est aujourd’hui l’option la plus lisible pour obtenir une exposition large aux émergents, mais il suit un indice ESG excluant l’Égypte et sélectionnant les sociétés selon des critères climatiques et de durabilité. Boursorama indique que ce fonds cherche à répliquer la performance en euros de l’indice MSCI EM ex-Egypt ESG Broad CTB Select, tandis que justETF indique des frais de 0,30% par an.
L’ETF Amundi PEA Asie Pacifique peut compléter une allocation, mais il ne remplace pas un ETF Emerging Markets mondial. Son indice MSCI AC Asia Pacific ex Japan couvre une zone régionale mêlant marchés développés et émergents d’Asie-Pacifique, avec des frais annuels de 0,60% selon les données de marché disponibles.
Les raisons qui rendent les émergents attractifs
La première raison est la croissance économique. Plusieurs pays émergents disposent encore d’une démographie plus favorable que l’Europe, d’une classe moyenne en expansion et de besoins massifs en infrastructures, énergie, crédit, assurance, paiement, santé et digitalisation. L’Inde en est l’exemple le plus cité, avec une économie portée par la consommation intérieure, les services numériques et l’industrialisation.
La deuxième raison est la valorisation. Après plusieurs années de désaffection, de nombreux marchés émergents se paient moins cher que les grandes valeurs américaines. Cela ne garantit rien, mais cela réduit parfois le risque de payer trop cher une croissance déjà intégrée dans les cours.
La troisième raison est la diversification. Les États-Unis pèsent lourd dans les portefeuilles mondiaux. Ajouter une dose d’émergents permet de moins dépendre des mêmes géants technologiques. La Corée du Sud et Taïwan profitent de la demande mondiale en semi-conducteurs. Le Brésil offre une exposition aux matières premières et à l’énergie. L’Inde donne accès à une croissance domestique moins corrélée à l’Europe.
Les risques à ne pas sous-estimer
Les ETF émergents ne sont pas des placements tranquilles. Les risques sont plus nombreux que sur un ETF World classique. Il y a d’abord le risque politique. Une décision réglementaire en Chine, une crise monétaire en Turquie, une instabilité au Brésil ou une réforme fiscale mal accueillie peuvent faire baisser un marché très rapidement.
Il y a aussi le risque de change. Un investisseur européen peut avoir raison sur la bourse locale, mais perdre une partie de son gain si la devise du pays concerné baisse face à l’euro. Ce point est souvent oublié par les particuliers. Un ETF coté en euros ne supprime pas forcément le risque de change. Il simplifie seulement l’achat.
Autre point sensible, la liquidité. Un grand ETF mondial très échangé présente en général des spreads plus faibles. Un ETF pays émergent très ciblé peut coûter plus cher à l’entrée et à la sortie, même si les frais de gestion affichés semblent faibles. Enfin, les émergents sont parfois très concentrés. Un ETF Corée du Sud peut dépendre fortement de Samsung et SK Hynix. Un ETF Taïwan peut dépendre largement de TSMC. La diversification apparente doit donc être vérifiée.
Comment choisir le bon ETF émergent
Le bon ETF n’est pas forcément celui qui a le plus monté l’année précédente. Le premier critère reste l’indice suivi. Un MSCI Emerging Markets large conviendra mieux à un investisseur qui veut une brique diversifiée. Un ETF Inde ou Corée du Sud conviendra davantage à un profil qui accepte un pari géographique assumé.
Le deuxième critère est le coût total. Il faut regarder les frais de gestion annuels, mais aussi la liquidité, le spread, la devise, la taille du fonds et la méthode de réplication. Sur PEA, certains ETF internationaux utilisent une réplication synthétique, car les règles du PEA imposent une contrainte européenne. Ce mécanisme permet d’obtenir la performance d’un indice non européen tout en gardant l’enveloppe fiscale du PEA, mais il ajoute un risque de contrepartie à comprendre.
Le troisième critère est la place de cet ETF dans le portefeuille. Pour un investisseur prudent, un ACWI peut suffire. Pour un profil équilibré, une combinaison MSCI World plus 10% à 20% d’Emerging Markets peut apporter une dose de croissance hors marchés développés. Pour un profil plus offensif, une ligne pays comme Inde ou Corée peut compléter, mais elle doit rester mesurée.
XTB, une plateforme adaptée aux ETF et au PEA
XTB permet d’investir dans des actions et ETF avec une tarification lisible. Sur son PEA, l’ouverture et la tenue de compte sont gratuites. Le courtier annonce 0% de commission sur les actions et ETF jusqu’à 100 000€ investis par mois, puis 0,20% au-delà. Des frais de conversion de 0,5% peuvent s’appliquer lorsque l’actif est libellé dans une autre devise. Le dépôt minimum indiqué pour ouvrir un PEA est de 10€.
L’offre est intéressante pour les investisseurs qui veulent construire progressivement une allocation ETF, par exemple avec un versement mensuel de 100€, 300€ ou 500€. L’absence de commission jusqu’au seuil mensuel permet de fractionner ses achats sans se faire manger par les frais fixes. XTB met aussi en avant plus de 280 ETF accessibles via son PEA, dont des ETF Monde, S&P 500, Europe et marchés émergents éligibles selon les produits disponibles.
Autre élément utile pour les liquidités en attente d’investissement, XTB rémunère les fonds non investis sur compte de trading. Au 7 mai 2026, les taux affichés sont de 2,30% brut annuel en EUR et 3,40% brut annuel en USD en taux préférentiel pendant 90 jours, dans la limite de l’équivalent de 100 000€ de fonds disponibles. Les taux standards indiqués sont de 0,90% en EUR et 1,70% en USD. Ces taux sont variables et mis à jour chaque semaine.
Investir comporte un risque de perte en capital. Les ETF actions, notamment émergents, peuvent fortement varier et les effets de levier ne conviennent pas à tous les investisseurs.
Ceci n’est pas un conseil en investissement mais un partage d’information. Faites vos propres recherches. Il y a un risque de perte en capital.