Quel avenir pour le Crédit du Nord ?

Publié le - Auteur Par Hélène N.
Quel avenir pour le Crédit du Nord ?

En gestation depuis un an, le rapprochement entre Société Générale et sa filiale Crédit du Nord tend à se concrétiser petit à petit. Pour les syndicats, cette situation va bouleverser les salariés. La direction au sein du groupe a, pour sa part, proposé des mesures compensatoires. Zoom sur l’évolution de ce projet.

Où en est l’évolution de la fusion Crédit du Nord et Société Générale ?

Le projet de fusion entre Crédit du Nord et Société Générale avance à petits pas.

Un rapprochement annoncé l’automne 2020

Le rapprochement entre Société Générale et Crédit du Nord a été annoncé en automne dernier. Cette fusion, sous le nom de code de Ganesh, des réseaux bancaires des deux acteurs a, ensuite, été officialisée au mois de décembre 2020. La banque rouge et noir espère faire de ce projet un des moteurs pour redresser ses activités boursières.

De gros enjeux financiers

Grâce à lui, l’établissement doit pouvoir économiser 350 millions d’euros en 2024 et 450 millions d’euros par an à partir de l’année suivante. Ces économies seront possibles à condition que les coûts de restructuration et d’investissement soient estimés entre 700 et 800 millions d’euros, dont 70% comptabilisés en 2021.

Il n’a pas été bien accueilli par les salariés concernés

Cependant, les organisations syndicales n’ont pas été favorables à ce projet de rapprochement. Cela semble évident, un tel projet n’est jamais bien perçu de la part des salariés qui sentent leur carrière professionnelle menacée.

En effet, elles ont rendu un avis négatif unanime le 14 avril 2021. Cette fusion constitue un bouleversement selon les quelque 29 000 salariés qui en sont directement concernés. Ce mariage de deux établissements et deux cultures d’entreprises différentes conduit certainement à divers changements :

  • Fermetures d’agences,
  • Reconversions,
  • Problèmes de mobilité,
  • Suppressions de postes, etc.

Le 1er janvier 2023, le Crédit du Nord sera absorbé par la Société Générale qui n’est rien d’autre que sa maison mère. Cette situation aura pour conséquences le transfert de contrats de travail, mais également une décentralisation progressive du réseau de l’acteur rouge et noir dans sa globalité.

Bras de fer entre Société Générale et les syndicats

Même si des solutions sont avancées, l’aboutissement du projet n’est pas encore sûr.

Une entente trouvée pour encadrer les négociations

La direction et les syndicats au sein du réseau Société Générale ont réussi à s’entendre sur l’aspect social de ce projet de rapprochement. Cependant, cela a été de courte durée. En effet, même si le groupe a promis de maintenir la rémunération globale des salariés du Crédit du Nord, les statuts de ces derniers ne sont pas, pour autant, harmonisés. La raison, c’est que SoGé suit un raisonnement basé sur le budget global. Selon Cédric Pérennes, délégué syndical CFDT Crédit du Nord, cela « ne couvre pas toute la perte de pouvoir d’achat ».

La mesure compensatoire proposée par la Société Générale pourrait faire perdre entre 1,3% et 5,1% de rémunération annuelle à un salarié selon les calculs de l’organisation syndicale. Toutefois, ce manque à gagner est conditionné par la réalisation des prévisions pour le calcul de l’intéressement et de la participation avancées par le groupe. La perte pourrait alors grimper jusqu’à 12% dans le cas contraire. Les syndicats ont jusqu’à 20 septembre 2021 pour accepter ces propositions données par la direction.

Société Générale a amélioré l’intéressement

Il faut savoir que la Société Générale a quand même procédé à l’amélioration de l’intéressement. Cela s’est fait, avant l’été 2021, lors de la signature de son nouvel accord triennal 2022-2024. La nouvelle formule donnera lieu à 15% d’augmentation par rapport à 2017, 2018 et 2019 selon la CFDT.

Un passage de 2 000 à 2 200 euros d’abondement du plan d’épargne entreprise a également été effectué par le groupe. En 2022, la prochaine augmentation de capital réservée aux salariés devrait autoriser une participation d’environ 7% dans la mesure du possible. En ce qui concerne les statuts, passer de 13 à 12 sur les paiements des salaires est à l’ordre du jour. En effet, chez Société Générale, ils touchent 13 mensualités tandis que chez Crédit du Nord, seulement 12.

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