BNP Paribas dans la tourmente : les deux versions qui s’opposent

Publié le - Auteur Par Mathieu M
BNP Paribas dans la tourmente : les deux versions qui s’opposent

BNP Paribas est à nouveau dans la tourmente, suite à une action d’éclat de la part de plusieurs associations françaises. Décryptage d’une situation à haut risque pour l’image de marque de la première banque française et mise en perspective des arguments en faveur de la BNP. Rappelons que passer d’un extrême à l’autre n’est jamais bon. Et arrêter de financer intégralement certains secteurs d’activité relève souvent plus de l’idéologie que d’une décision rationnelle.

Des ONG mettent en demeure la banque BNP Paribas

Oxfam France, Les amis de la Terre France et Notre affaire à tous ont mis en demeure BNP Paribas, et ont même créé un site dédié, L’Affaire BNP Paribas*. La banque y est tout simplement accusée d’être la plus polluante de France.

BNP Paribas accusée de déforestation et d’esclavagisme

Cette mise en demeure est un préalable à l’éventuelle étape suivante : une action en justice.

Le problème : BNP Paribas finance Marfrig, un acteur majeur de l’agroalimentaire au Brésil, qui participe à la déforestation, ainsi qu’à l’utilisation de territoires autochtones. Marfrig aurait ainsi participé à la destruction de 120.000 hectares de forêt amazonienne, entre 2009 et 2020.

L’entreprise aurait également acheté du bétail provenant d’éleveurs qui utilisent des terres appartenant à des populations indigènes, illégalement, et s’approvisionnerait par ailleurs en bétail élevé par des exploitations agricoles qui pratiquent le travail forcé, voire l’esclavage !

Financer c’est participer à …

Dits ainsi, les faits sont sans équivoques. Aider financièrement de telles entreprises revient à leur donner les moyens de mettre en place leurs projets que nous ne qualifierons pas. Le débat est ici d’ordre philosophique, social et aussi stratégique.

Qui a révélé ces informations, qui a financé les recherches … ? Des concurrents à BNP, des pays qui y voient leur propre intérêt … ? Ces questions bien que secondaires aux yeux de beaucoup doivent également être posées. N’oublions pas que les associations sont souvent financées par des fonds obscurs eux aussi.

BNP Paribas a 3 mois pour se mettre en conformité

Or, depuis une loi de 2017, les grandes entreprises ont un “devoir de vigilance” et doivent prendre des mesures effectives pour s’assurer de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement, non seulement de leur propre fait, mais sur toute leur chaîne d’approvisionnement.

Un délai de 3 mois est prévu par la loi française, pendant lequel l’entreprise est tenue de respecter ses obligations et, si besoin, entamer un échange avec les ONG.

Jérémie Suissa, délégué général de « Notre affaire à tous », indique dans le communiqué des associations que les grandes banques « ne peuvent plus prétendre qu’elles ne savent pas que leurs financements (…) alimentent activement le chaos climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’accaparement des terres autochtones et les pratiques s’apparentant à l’esclavage ».

Que répondre à ces accusations à l’encontre de BNP Paribas ?

Après TotalEnergies, acteur majeur de l’économie française, accusé de réaliser des superprofits et de profiter de la guerre en Ukraine, c’est donc au tour de la première Française d’être attaquée par les associations environnementales, toujours plus virulentes.

Mais gardons un oeil détaché de tout ce que les médias veulent nous faire entendre. Au final, cela ne profite-t-il pas à d’autres industries ? Ces industriels sont-ils pour autant blancs comme neige ? Les fameuses arnaques des éoliennes, le passage en marche forcée de la voiture thermique à l’électrique …  Rappelons-nous de l’étude éclairée de Philippe Herlin au sujet de la facture énergétique …

La réponse de BNP Paribas, via l’un de ses dirigeants

Toute personne ou entité a le droit d’être jugée équitablement et de manière impartiale.

C’est pourquoi nous nous devons de donner la parole à BNP Paribas, en particulier en reprenant les propos de Jérémy Neyrou, postés sur Linkedin, le 27 octobre 2022.

Et le moins qu’on puisse dire est que le responsable de l’innovation durable de la BNP Paribas ne mâche pas ses mots.

Très remonté contre le journal Le Monde, qui semble récemment prendre parti pour les associations et confirmer leurs dires, M. Neyrou fait valoir que BNP, suite à une amende de 8,9 milliards de dollars en 2014, a mis en place des processus d’étude et d’analyse de ses investissements parmi les plus poussés qui soient.

Il précise également qu’à fin 2021, seul 1,3% des crédits gérés par sa banque concernent des activités en lien avec le pétrole et le gaz.

Neyrou indique aussi que la banque respecte les lois de chaque pays où elle est active, et va souvent plus loin que les exigences réglementaires dans la protection de l’environnement.

Il termine sa prise de parole en évoquant une chasse aux sorcières, qui selon lui sera préjudiciable pour l’économie française, déjà suffisamment morcelée et divisée à ses yeux.

Notre avis : un bilan mitigé

Notre équipe est partagée sur cette action des associations écologiques.

Autant il nous semble important de protéger nos plus importantes entreprises et garantir leur développement international, autant il est également primordial de permettre aux « garde-fous » de s’exprimer.

Toute la difficulté est de trouver la voie du juste milieu, entre une transition responsable vers un monde durable, et une destruction de notre économie sans prévoyance ni anticipation, en accablant nos entreprises à chaque abus rencontré.

Voici le lien vers le site créé pour poursuivre en justice cette banque majeure en France et dans le monde.

Par Mathieu M

Mathieu est un rédacteur professionnel qui a exercé chez des acteurs de la banque en ligne et qui connaît bien ce secteur. C'est un slasheur qui cumule de nombreuses activités et passions.

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