Propriétaires, les gilets jaunes de demain ?

Publié le - Auteur Par Audrey R.
Propriétaires, les gilets jaunes de demain ?

Robin Rivaton, l’économiste libéral, a publié en début d’année une note au titre sans appel « Le logement, bombe sociale à venir ». La question du logement semble en effet devenir de plus en plus préoccupante notamment à cause de la diminution de production de biens neufs et du durcissement des réglementations pour la location. Alors, est-il possible que les propriétaires deviennent les prochains gilets jaunes ?

L’immobilier, une bombe sociale à retardement

Le constat sans appel de Robin Rivaton

Robin Rivaton alerte régulièrement sur l’impact que peuvent avoir les différentes contraintes imposées depuis quelque temps au parc immobilier aussi bien neuf qu’ancien. En effet, le nouveau DPE, Diagnostique de Performance Energétique, est sans appel. Il étudie la consommation énergétique d’un logement et son émission en gaz a effet de serre.

En effet, il rappelle que le durcissement des normes notamment pour tout ce qui concerne la consommation d’énergies et la prise en compte de nouvelles réglementations environnementales peut avoir des effets néfastes. Il pointe du doigt le fait que ces contraintes combinées à la diminution de la production de logements neufs risquent de limiter l’offre de logement et, à terme, de cristalliser les tensions. Bien qu’il encourage la création de normes environnementales, il rappelle qu’avant toute chose, les Français ont besoin de se loger, dans l’idéal de façon décente.

Un impact sur l’ensemble des Français

Peu de personnes le savent, mais l’État a mis en place une législation dont l’objectif est de contraindre les propriétaires à rénover les logements considérés comme étant des « passoires énergétiques ». Tous les logements classés F ou G lors du Diagnostic de performance énergétique doivent obligatoirement faire l’objet de travaux. À défaut, ces biens ne pourront plus être proposés à la location. Or tous les propriétaires n’ont pas forcément les moyens de financer des travaux parfois extrêmement onéreux. Ces mesures pourraient donc à terme avoir pour conséquence de diminuer le nombre de logements proposés à la location. Fatalement, le montant des loyers s’en trouverait augmenté à cause du principe de l’offre et de la demande. De plus, ces mesures ont aussi un impact important pour les propriétaires occupants qui devront nécessairement effectuer les travaux de rénovation énergétique. Sans cela, la valeur de leur bien s’en trouvera diminuée, parfois de façon conséquente.

Propriétaires immobilier, ce qu’il faut savoir

Les échéances à connaître absolument

Le 25 août 2022

À partir du 25 août 2022, les propriétaires de logements considérés comme passoires thermiques ne pourront plus augmenter le loyer de leurs biens lors d’un changement de locataire. Concrètement sont concernés tous les biens ayant été classés F ou G lors du Diagnostic de performance énergétique.

Le 1er janvier 2023

À partir du 1er janvier 2023, les logements les plus énergivores seront purement et simplement interdits à la location. À noter, la location saisonnière n’entre pas dans le champ d’application de cette loi.

À l’approche de ces dates, certains propriétaires commencent à sérieusement paniquer. Pourtant il existe des aides au financement des travaux de rénovation énergétique.

Les aides à la rénovation énergétique

Les propriétaires bailleurs sont souvent mal informés des dispositifs qui leur sont proposés afin de les aider à la prise en charge des travaux de rénovation énergétique. L’Agence nationale de l’habitat, l’Anah, affirme que seulement 2% des aides Ma Prime Rénov’ ont été versées à des bailleurs. Beaucoup préfèrent vendre malgré l’importante décote imposée par le classement en F ou en G de leurs logements.

La majorité des Français s’accordent sur la nécessité de rénover le parc de logement. Mais dans les faits, peu ont les moyens, et parfois même l’envie, de passer à l’action. L’État dans sa volonté de pousser les propriétaires à proposer des logements plus respectueux de l’environnement n’a pas forcément mesuré les conséquences à court terme de ses mesures parfois jugées trop coercitives. Alors faut-il craindre le déclenchement d’une crise sociale majeure dans les mois ou les années à venir ? Nul ne le sait…

Par Audrey R.

Audrey est rédactrice professionnelle, elle écrit pour ComparateurBanque.com depuis février 2020. Elle aime les sujets liés à l'investissement et l'épargne.

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