ING décide de quitter la France et voici comment

Publié le - Auteur Par Hélène N.
ING décide de quitter la France et voici comment

Les Français ont un large choix en termes de banque en ligne et ING fait partie de ces acteurs. Cependant, ce groupe venu tout droit des Pays-Bas va abandonner son portefeuille de clients en France. Le rachat initialement prévu par la Société Générale afin de booster sa filiale Boursorama, se voit contrarié par l’arrivée de nouveaux entrants. En effet le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole ne sont pas en reste, les deux établissements sont fortement intéressés par le portefeuille client de la banque néerlandaise.

Pourquoi ce portefeuille séduit-il ?

Contrairement à HBSC France dont le rachat a été compliqué et couteux, il s’agit là de racheter uniquement le portefeuille client, sans l’informatique, sans le réseau et sans les salariés. Soit un million de clients, 20 milliards d’euros d’activités bancaires et 700 salariés. ING s’étant chargée elle-même du plan social concernant les salariés, aucun coût de restructuration en vue.

Le rachat d’ING se résume donc à une belle occasion de rafler des parts sur le marché ultra-concurrentiel de la banque de détail en France, ce qui est assez rare pour susciter l’intérêt et expliquer la motivation des possibles acquéreurs.

Une belle occasion pour les acquéreurs en lice

Pour Boursorama, l’acquisition lui permettrait de poursuivre sa croissance et d’atteindre plus rapidement et à moindre coût son objectif de 4 millions de clients en 2023 pour une dépense de quelques dizaines de millions d’euros. Avec des coûts d’acquisitions entre 200 et 300 millions d’euros par an selon les experts, cela lui ferait faire des économies tout en lui permettant de gagner un an d’avance sur la rentabilité. D’autant plus que la clientèle des deux banques en ligne est assez proche.

Pour le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel ce serait une belle occasion de rajeunir leur clientèle.

Une offre alléchante, mais…

Le hic, sur le million de clients d’ING France, personne ne sait combien sont actifs. Autre point non négligeable, ce nombre de clients est fortement lié aux livrets d’épargne rémunérés à la base, sauf que les dépôts ne rapportent plus rien. Les acquéreurs devront surtout regarder les autres produits d’épargne afin de savoir si l’avis de cet expert du secteur est juste « Si le groupe néerlandais vend, c’est parce qu’il n’est pas parvenu à atteindre la rentabilité et il n’est donc pas en position de force ».

Quelles en sont les causes et les conséquences ?

Il est bon de savoir pourquoi ING veut quitter la France et ce que cette décision va changer. Zoom sur cette décision prise par ce géant bancaire.

À cause des échecs rencontrés par HSBC

D’après un article du quotidien les Echos, si ING projette de quitter la France et s’affaire à bien préparer son départ c’est parce que l’acteur a su apprendre des échecs de ses concurrents, à savoir HSBC. Ce dernier doit, en effet, faire un chèque d’un montant de 1,6 milliard d’euros à Cerberus, le fonds qui a acquis sa banque de détail française.

C’est peut-être ce qui a pousser ING à opérer différemment, vu que pour le moment, l’établissement n’envisage pas de céder ses opérations dont la gestion ni son infrastructure informatique, mais seulement son portefeuille de clients français composé de près d’un million de particuliers dans l’hexagone. Plusieurs sources estimaient lorsque le projet de vente a été lancé : « C’est la meilleure façon d’attirer des candidats d’ici au troisième ou quatrième trimestre, l’horizon estimé du processus », ce qui s’est avéré exact avec les 3 candidats que sont la Société Générale, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel.

L’établissement souhaite donc aller vite tout en évitant les pertes.

Ce que cela va engendrer pour les clients d’ING en France

Dans un communiqué, ING tient à rassurer ses clients sur le fait que cette mesure ne va rien changer. En effet, les utilisateurs français de la banque néerlandaise peuvent continuer d’utiliser :

  • Leurs comptes, leurs CB,
  • Ainsi que les services bancaires auxquels ils sont habitués.
  • Il en va de même pour la philosophie de cet acteur d’Amsterdam qui est la transparence.

Ainsi, ING indique à sa clientèle qu’elle sera tenue informée des éventuels changements de cette « revue stratégique ».

Ce qu’il faut savoir d’ING

ING est un acteur néerlandais comptant plusieurs millions d’utilisateurs dans une quarantaine de pays.

Rappel des chiffres chez ING

ING est un groupe venu d’Amsterdam proposant des services bancaires.

  • Cette banque en ligne a 20 ans et emploie dans les 57 000 collaborateurs.
  • Elle compte, à peu près, 39 millions de clients répartis dans plus de 40 pays dans le monde.
  • Plus de 20 000 d’entre eux ont bénéficié d’un accompagnement sur des projets de prêts immobiliers.
  • En France, l’établissement a seulement séduit un million d’utilisateurs.
  • L’acteur compte également 40 fonds labellisés ISR (Investissement Socialement Responsable),
  • Sans oublier qu’ING a reçu, en 2021, le prix Excellence Client. Ainsi, elle remporte ce trophée pour la cinquième année consécutive.

ING fait le tri sur ses activités

ING n’envisage pas seulement de céder son activité en France. Elle prévoit aussi de fermer sa Paytech qui porte le nom de Payvision. En effet, l’acteur est en train de faire le tri sur ses activités rentables et celles qui ne le sont pas ou qui ne le sont plus.

Il faut savoir que Payvision est une fintech spécialisée dans les processus de paiement en ligne. En 2018, le groupe ING avait acquis 75% de cet acteur. Ensuite, à l’automne 2018, l’établissement néerlandais s’est lancé dans l’acquisition du solde restant. Au total, le géant bancaire d’Amsterdam a déboursé dans les 360 millions d’euros pour le rachat de Payvision. Cependant, cette dernière peine à être rentable. En effet, en 2020, la Paytech de la banque en ligne a été dépréciée de 188 millions d’euros. Cela s’est accompagné de la cession d’un portefeuille de clients (dans les jeux d’argent et les sites internet pour adultes).

Face aux déboires de Payvision, ING prévoirait l’arrêt définitif de cette filiale d’après Het Financieele Dagblad, le quotidien économique des Pays-Bas.

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