La baisse de résultats des banques aura-t-elle une répercussion sur les frais bancaires ?

Publié le - Auteur Par Danielle B
La baisse de résultats des banques aura-t-elle une répercussion sur les frais bancaires ?

La crise économique actuelle a fortement impacté les établissements bancaires. Ces derniers ont dû faire face à une baisse considérable de leurs profits au cours du deuxième trimestre. Que vont faire les banques pour sortir la tête de l’eau ? Le client final va-t-il en payer la facture ?

La baisse de résultats va-t-elle se répercuter sur les frais bancaires ?

Les tarifs bancaires vont-ils augmenter ?

Pour compenser la baisse de leurs revenus, les banques peuvent être amenées à réviser leur prix. Cependant, selon les observateurs, elles ne vont pas prendre le risque d’augmenter leurs tarifs. En effet, en cette période tumultueuse, les dépôts des particuliers sont en hausse. De ce fait, les groupes bancaires comptent sur la sécurité que peut leur apporter la banque de détail.  Une inflation des prix en défaveur des particuliers serait une erreur stratégique. Les banques risquent de voir leurs clients partir et ne plus revenir.

Par ailleurs, le fort encadrement des prix ne permet pas aux établissements bancaires de réviser leur tarif à la hausse. De plus, la concurrence s’est également fortement développée avec l’essor des banques en ligne et des néobanques.

Quant aux offres réservées aux professionnels, théoriquement, les banques ont plus de liberté car les tarifs font moins l’objet d’une règlementation. Cependant, il s’agit non seulement d’une manne financière importante pour les établissements bancaires mais aussi d’un marché très compétitif. Une inflation des prix pourrait faire fuir les nouveaux clients qui préfèreront se tourner vers  des néobanques spécialisées dans les offres à destination des professionnels ou des banques en ligne qui proposent des offres bon marché.

De nouveaux services payants vont-ils être créés ?

Si une hausse généralisée des prix n’est pas certaine, des évolutions tarifaires sont possibles. La crise économique et sanitaire actuelle pourrait même les précipiter.

Augmenter le coût des actions faites par les conseillers en agence ou par téléphone

Ces dernières années, les établissements bancaires ont tendance à pratiquer un tarif segmenté par rapport au canal utilisé par les clients. Ils peuvent être amenés à augmenter considérablement le prix des opérations effectuées en agence ou via un centre dédié à la relation client. Ces mêmes opérations sont toutefois proposées gratuitement si elles sont effectuées en ligne par le client lui-même. Ce type de décision est prise par quasiment tous les acteurs du secteur, de la banque traditionnelle à la néobanque. Ce qui n’est pas automatisé et géré par l’humain à un coût supérieur et ce coût qui est fortement chargé en France augmente.

BNP Paribas teste un rendez-vous payant avec un conseiller

Par ailleurs, d’après une étude réalisée par le cabinet de conseil Deloitte en 2019, plus de 43% des Français seraient disposés à payer pour les services d’un conseiller bancaire. Si l’essor d’une telle formule est encore incertain en France, BNP Paribas serait déjà sur le point de tester une offre similaire.

D’autres répercussions des résultats catastrophiques des banques

Les établissements bancaires constituent des réserves

Les activités bancaires sont intimement liées à la consommation des particuliers et à la santé des entreprises. Suite à la crise économique, les banques prévoient des retards, voire des impossibilités de remboursements d’emprunts.  De ce fait, elles doivent prévoir de lourdes réserves pour faire face aux éventuelles pertes.

Suite à ses résultats déficitaires au deuxième trimestre, la banque Société Générale a, par exemple, dû revoir ses provisions à la hausse en les multipliant par quatre en comparaison de celles de l’année dernière. Il en est de même pour le Crédit Agricole qui a dû mettre de côté plus de 1,2 milliard d’euros pour se constituer des réserves.

Des fermetures d’agences ou une réduction d’effectifs

L’Observatoire des métiers de la banque a déjà fait part d’une réduction de 4,5% des effectifs du personnel des établissements bancaires depuis 2015 jusqu’en 2019. Cette crise sanitaire va certainement les inciter à faire davantage d’économies notamment sur les coûts fixes. Ainsi, il n’est pas étonnant que les banques cherchent à réduire les charges du personnel et le nombre de leurs agences.

Cette crise actuelle liée au Covid accélère la transformation digitale. Comme déjà depuis quelques années, le système bancaire est en mutation. On s’oriente vers des solutions segmentées et sur-mesure.

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