Les incidents de remboursement de prêt en hausse

Modifié le - Auteur Par Emmanuelle Audibert
Les incidents de remboursement de prêt en hausse

D’après la Banque de France, en un an, les incidents de remboursement de prêt ont connu une hausse de 10 %. Pour cause, depuis le début de cette année, plus de 161 600 inscriptions au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) ont été dénombrées par cette institution. Pourquoi cette augmentation ? Et qu’adviendra-t-il des ménages victimes de ces incidents de remboursement de prêt ? Tout de suite les réponses.

Incident bancaire : Le contexte économique actuel en cause

Généralement, les incidents de remboursement résultent d’un accident de vie, d’une perte d’emploi ou d’une séparation au sein d’un ménage. Toutefois,  il semblerait que cette année,  la hausse du coût de la vie en soit devenue la principale cause

En effet, depuis l’augmentation imprévue des prix du carburant et des denrées alimentaires, pour ne citer que ceux-là, « joindre les deux bouts » est devenu de plus en plus difficile pour bon nombre de ménages français. Entre faire le plein du réservoir, du garde-manger, payer les factures et le loyer, beaucoup se sont ainsi retrouvés dans l’incapacité de rembourser leur prêt (prêt immobilier ou crédit à la consommation).

À noter que selon la Banque de France, 161 609 inscriptions au FICP causées par des incidents de paiement ont été enregistrées cette année. Cela représente une augmentation de 24 % par rapport à 2021. Pour ce qui est des inscriptions au Fichier central des chèques (FCC), leur nombre a augmenté de 13 %. Pour rappel, le FFC recense les personnes ayant émis un chèque sans provisions et celles dont la carte bancaire a été retirée suite à un dépassement de découvert.

Les crédits immobiliers et leurs taux bas également pointés du doigt

Rappelons qu’au cours de l’année 2021, la production de crédits immobiliers a fortement augmenté en France (273 milliards d’euros de prêts à l’habitat contractés). Le fait est que durant la pandémie de Covid-19, un grand nombre de Français a pu se constituer une épargne conséquente. Encouragés par cela, mais aussi et surtout par les taux historiquement bas des crédits immobiliers, beaucoup ont ainsi cédé à l’envie de devenir propriétaire d’un bien immobilier.

Cependant, tous n’ont pas réellement su mesurer l’impact de l’achat d’un bien à un prix élevé sur leurs finances, ce qui les a notamment conduits à se retrouver en difficulté aujourd’hui. Effectivement, une grande majorité de ceux qui ont choisi une longue durée d’emprunt a été amenée à devoir payer leur crédit à un prix élevé, et ce, malgré les faibles taux appliqués.

Soulignons d’ailleurs que durant cette période de taux exceptionnellement bas, le coût de revient relatif, c’est-à-dire les intérêts payés par rapport aux revenus, a atteint des sommets (+4.4%). En somme, la situation a donc surtout profité aux banques plutôt qu’aux emprunteurs.

Incidents de remboursement de prêt : quelles conséquences ?

Lorsqu’une personne fait un chèque sans provision ou dépasse son découvert et qu’elle ne parvient pas à régulariser sa situation, sachez qu’elle se retrouve inévitablement fichée à la Banque de France. Selon son cas, elle peut alors être inscrite soit au FCC, soit au FNCI (Fichier National des Chèques Irréguliers) ou au FICP. En effet, Banque de France a été on ne peut plus clair à ce sujet.

« Chèque impayé, usage abusif de votre carte bancaire, difficultés à honorer le remboursement de vos crédits, traitement d’une situation de surendettement sont autant de raisons qui peuvent conduire à votre inscription dans les fichiers d’incidents de paiement ».

À noter que la durée de l’inscription à l’un de ces fichiers est de 5 ans (7 pour les cas les plus compliqués).

Pour les victimes d’incidents de remboursement de prêt ou de surendettement, le risque est ainsi de devenir des interdits bancaires. Heureusement, il est toujours possible d’être radié d’un fichier. Pour cela, il suffit que les victimes régularisent leur station auprès de leur banque ou de leur établissement de crédit. Une fois cela fait, ce sont alors ces établissements qui se chargeront d’effectuer les démarches nécessaires à la levée du fichage chez la Banque de France.

Par Emmanuelle Audibert

Rédactrice en école de journalisme à Aix-en-Provence

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