La Shrinkflation envahit nos étagères : inflation déguisée

Publié le - Auteur Par Lucie -
La Shrinkflation envahit nos étagères : inflation déguisée

À l’heure où les ménages doivent faire face à un pouvoir d’achat malmené, les marques ont recours à différentes pratiques commerciales pour ne pas les faire fuir et rester compétitives. Cette technique marketing est maintenant utilisée par la majorité des industriels de l’agro-alimentaire. Faute d’abus, car une partie des consommateurs ne s’en rendent pas compte, les autorités ont décidé de saisir. Voici ce qui va changer.

Quel changement pour les industriels en juillet ?

À compter du 1er juillet 2024, les distributeurs seront tenus d’afficher des indications spécifiques près des produits affectés par la « shrinkflation », où les quantités ont été réduites sans ajustement de prix.

Cette obligation découle de l’arrêté ministériel du 16 avril 2024. Ces mesures visent à informer les consommateurs des changements de prix liés à la diminution de quantité, de poids ou de volume des produits, assurant ainsi une transparence accrue dans les achats.

Shrinkflation : de quoi s’agit-il ?

Foodwatch, un organisme international de défense des consommateurs, a récemment parlé de l’une d’elles : la shrinkflation. Cette association vient de mettre en cause six marques qui faisant usage de ce procédé ces dernières années.

Le mot anglais « shrinkflation » vient du verbe « shrink » signifiant « rétrécir ». Appelée aussi « réduflation », ce procédé commercial fait aujourd’hui polémique. L’ONG Foodwatch qui se bat pour un secteur agroalimentaire transparent est à l’origine de l’alerte.

Une stratégie pour masquer l’inflation

Dans les rayons des supermarchés, les hausses de prix semblent contenues. Mais en analysant bien les étiquettes, les prix au litre ou au kilo explosent. En y regardant de plus près, certains produits ont rétréci en douce. En caisse, leurs prix gonflent le ticket sans que personne ne se rende compte.

La pratique s’appelle « shrinkflation ». Pour les industriels, elle consiste à réduire le poids ou la qualité d’un produit pour masquer la hausse de son prix. Le but est d’éviter une augmentation de prix en rayon et de faire fuir les clients soucieux de leur portefeuille.

Plusieurs marques épinglées

Foodwatch a récemment réalisé une étude sur le sujet à l’issue de laquelle elle a mis en cause 6 marques connues de la grande distribution :  Saint Louis, La Salvetat, Teisseire, Lindt, St Hubert et Kiri. Ces dernières années, elles ont apporté une modification de la taille de certains de leurs produits-phares afin de limiter l’augmentation de leurs prix.

Dans les détails, l’étude a relevé une inflation masquée et cite quelques exemples :

  • Des boites de chocolat de Lindt sont passées de 30 à 24 bouchées. Si leur poids global a été réduit de 20%, leur prix au kilo a augmenté de 30%.
  • Les bouteilles d’eau de La Salvetat de Danone sont passées de 1,25 litre à 1,15. Si le prix d’une bouteille augmente de seulement 5%, le prix au litre grimpe de 15%.

Selon les propos de l’analyste financier de Mirabaud John Plassard rapporté par Le Monde.fr, près de 2% des produits alimentaires présents sur les rayons seraient concernés.

Shrinkflation : est-ce légal ?

Les marques épinglées ont chacune leurs arguments pour justifier leurs décisions. Si certaines parlent de nouvelles recettes, d’autres évoquent la flambée des coûts de production ou encore le rapprochement avec le format standard. Quoi qu’il en soit, la question est de savoir si la pratique est autorisée ou pas.

Une pratique commerciale légale sous conditions

Pour John Plassard, il est clair que la shrinkflation est utilisée pour rester compétitif. Avec l’inflation grandissante, les consommateurs accordent de plus en plus d’importance aux prix affichés. Trop les augmenter serait périlleux. En optant pour cette stratégie, les quantités sont réduites et les marges sont préservées.

Si la stratégie est tout à fait légale, elle est souvent pratiquée discrètement. Pourtant, pour ne pas induire le consommateur en erreur, le poids du produit doit être indiqué clairement sur l’emballage, précise le site d’information.

Une pétition et des contrôles à des fins de vérifications

Pour Foodwatch, le contexte d’inflation actuel pourrait entrainer une poussée de ce phénomène. Même si la pratique est légale, l’ONG dénonce l’opacité du procédé. Pour mieux informer les consommateurs, elle réclame l’engagement des distributeurs et des fabricants par le biais d’une pétition.

La ministre déléguée au commerce Olivia Grégoire, de son côté, demande à la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) de mener aussitôt des contrôles dans le but de vérifier l’existence ou non de pratiques trompeuses.

Avec l’inflation qui s’accélère, certaines marques se ruent également vers d’autres procédés légaux pour inciter les consommateurs à l’achat. La cheapflation ou le remplacement de certains aliments ou produits par des substituts moins chers en fait partie.

Par Lucie

Lucie est rédactrice sur ComparateurBanque.com depuis le début. Elle aime tester les offres et partager son expérience. Elle a aussi d'autres casquettes dans l'équipe.

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