PER et impôts : comment payer moins sans perdre à la retraite ?

Publié le - Auteur Par Tony L. -
PER et impôts : comment payer moins sans perdre à la retraite ?

Réduire ses impôts aujourd’hui grâce à un Plan d’épargne retraite (PER) est séduisant. Avec 5 000€ versés sur un PER, un contribuable imposé dans la tranche à 30% peut économiser jusqu’à 1 500€ d’impôt. Mais cette économie immédiate cache une particularité souvent sous-estimée : l’argent récupéré à la retraite peut être imposé à son tour. Pour réellement profiter du PER, il faut donc anticiper sa fiscalité à la sortie, choisir les bons versements et éviter certains frais. D’autant que plusieurs règles fiscales ont changé en 2026.

Comment fonctionne la réduction d’impôt avec un PER ?

Le Plan d’épargne retraite permet de constituer progressivement un capital destiné à compléter ses revenus après la vie active. Son principal intérêt fiscal repose sur la possibilité de déduire ses versements volontaires de son revenu imposable, dans la limite d’un plafond personnel. Cette déduction diminue le montant des revenus soumis à l’impôt, et non directement l’impôt lui-même.

L’économie dépend donc de la tranche marginale d’imposition (TMI), autrement dit du taux appliqué à la dernière tranche de revenus. Plus cette tranche est élevée, plus la déduction peut être intéressante.

Tranche marginale d’imposition Versement déductible Économie d’impôt estimée
11% 5 000€ 550€
30% 5 000€ 1 500€
41% 5 000€ 2 050€

Simulation pour un contribuable dont les 5 000€ sont intégralement déductibles et dont la déduction s’impute entièrement sur la tranche indiquée. Le résultat réel dépend du foyer fiscal et du barème.

Cependant, cette économie ne constitue pas une exonération définitive. Le mécanisme repose essentiellement sur un décalage de l’imposition. Pour comprendre la fiscalité PER, il faut distinguer les sommes versées volontairement, les contributions issues de l’entreprise et les gains générés par les placements. Leur traitement fiscal peut être très différent.

Quels plafonds de déduction fiscale s’appliquent en 2026 ?

Pour les salariés, le plafond annuel de déduction des versements effectués en 2026 correspond, en principe, à 10% des revenus professionnels nets de frais de 2025, avec un maximum de 37 680€, ou à 4 710€ si ce montant est plus favorable. Ces limites peuvent être ajustées en fonction des cotisations de retraite supplémentaire déjà prises en compte et des plafonds non utilisés. Les travailleurs indépendants bénéficient de règles particulières.

Une nouveauté mérite l’attention. La loi de finances pour 2026 a prolongé la durée de report des plafonds de déduction non utilisés de 3 à 5 ans, pour les plafonds constitués à partir de 2026. Les plafonds antérieurs conservent leurs anciennes échéances. Les couples mariés ou pacsés soumis à une imposition commune peuvent également mutualiser leurs plafonds.

Autre changement, depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Les versements restent possibles, mais perdent cet avantage fiscal immédiat. Avant d’effectuer un versement important, il est donc indispensable de vérifier son plafond disponible sur son avis d’imposition.

Pourquoi la fiscalité du PER peut-elle coûter cher à la retraite ?

La principale mauvaise surprise du PER apparaît souvent lors de la récupération de l’épargne. Lorsque les versements volontaires ont été déduits des revenus imposables, la part du capital correspondant à ces versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu à la sortie, sans bénéficier de l’abattement de 10% applicable aux pensions.

Les plus-values suivent un traitement différent. Depuis 2026, elles sont soumises, dans le cas général, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4%, composé de 12,8% d’impôt sur le revenu et de 18,6% de prélèvements sociaux. Une option pour l’imposition au barème progressif peut être envisagée selon la situation fiscale.

Prenons un exemple simple. Un épargnant déduit 20 000€ de ses revenus lorsqu’il est imposé à 30%. Il économise alors 6 000€ d’impôt. Si, à la retraite, ces mêmes 20 000€ sont entièrement imposés à 11%, l’impôt correspondant serait de 2 200€. Le différentiel fiscal favorable atteint alors 3 800€, hors rendement, frais et autres paramètres.

Mais si le retrait fait passer une partie de ses revenus dans une tranche supérieure, l’économie espérée peut diminuer fortement. Il est donc préférable de préparer un calendrier de retrait plutôt que de récupérer systématiquement tout son capital en une seule fois.

Faut-il choisir une sortie en capital ou en rente ?

Le PER offre généralement plusieurs possibilités au départ à la retraite : recevoir un capital, percevoir une rente viagère ou combiner les deux. La sortie en capital peut être fractionnée sur plusieurs années, ce qui permet de répartir les sommes imposables et éventuellement de limiter une hausse de la tranche marginale.

La rente viagère, de son côté, garantit des versements périodiques jusqu’au décès, selon les conditions du contrat. Lorsqu’elle provient de versements volontaires déduits, elle est imposée comme une pension de retraite, avec l’abattement fiscal habituel de 10%, sous réserve du plafond applicable. Des prélèvements sociaux s’appliquent également sur une fraction de la rente, déterminée selon l’âge du bénéficiaire lors de sa mise en paiement.

Il est aussi possible de renoncer à la déduction fiscale lors des versements volontaires. Dans ce cas, le capital correspondant à ces versements sera exonéré d’impôt sur le revenu lors de sa récupération, tandis que les gains resteront fiscalisés. Cette option peut être intéressante lorsque l’on est faiblement imposé pendant sa vie active.

Attention également à la disponibilité des fonds. L’épargne est normalement bloquée jusqu’à la retraite. Des déblocages anticipés sont autorisés, notamment pour l’acquisition de la résidence principale, l’invalidité, le surendettement ou l’expiration des droits au chômage. L’achat de la résidence principale n’efface toutefois pas l’impôt sur les versements préalablement déduits. Certains accidents de la vie bénéficient, eux, d’un traitement fiscal plus favorable.

L’épargne salariale peut-elle être plus avantageuse qu’un PER individuel ?

Pour les salariés, le PER individuel n’est pas nécessairement la première enveloppe à privilégier. Les dispositifs d’épargne salariale, notamment le Plan d’épargne entreprise (PEE) et le PER d’entreprise collectif (PERECO), peuvent offrir des avantages supplémentaires grâce aux contributions de l’employeur.

Les primes d’intéressement et de participation placées dans un dispositif éligible peuvent notamment être exonérées d’impôt sur le revenu, dans les limites réglementaires, contrairement à leur perception immédiate. Elles restent soumises aux contributions sociales applicables.

L’employeur peut aussi compléter les versements du salarié grâce à un abondement, pouvant atteindre trois fois la contribution personnelle, dans la limite des plafonds légaux. Sur un PERECO, ce plafond représente 7 689,60€ en 2026, sans que l’entreprise soit obligée de proposer le maximum.

Cette contribution patronale constitue un avantage supplémentaire pour construire son épargne retraite. À la sortie en capital, les sommes provenant de l’épargne salariale et bénéficiant de l’exonération réglementaire échappent en principe à l’impôt sur le revenu. Les gains peuvent rester soumis aux prélèvements sociaux, et certains produits issus de versements non exonérés peuvent également être fiscalisés.

Le PEE et le PERECO répondent néanmoins à des besoins différents. Le premier permet généralement de récupérer son épargne après 5 ans, tandis que le second est destiné à la retraite, sauf déblocage anticipé autorisé. Il est donc utile de comparer les deux dispositifs avant d’immobiliser des sommes importantes.

Les erreurs qui peuvent réduire la rentabilité d’un PER

Au-delà de la fiscalité, les frais influencent directement le capital disponible au moment du départ à la retraite. Les frais sur versement, de gestion annuelle, d’arbitrage ou les coûts internes des supports financiers peuvent s’accumuler sur plusieurs décennies.

Une différence de 1 point de frais annuels peut représenter plusieurs milliers d’euros sur un placement conservé pendant vingt ou trente ans. Les frais des unités de compte doivent être examinés en complément de ceux prélevés par le contrat.

Le choix des investissements compte tout autant. La gestion pilotée à horizon retraite réduit progressivement l’exposition aux placements risqués à l’approche du départ, sans supprimer totalement les possibilités de pertes. Les fonds en euros bénéficient, quant à eux, d’une garantie du capital selon les modalités contractuelles, mais leurs performances futures ne sont pas connues à l’avance.

Enfin, conserver une épargne disponible en dehors du PER reste essentiel. Un Livret A ou une assurance vie peut notamment servir à financer des dépenses imprévues sans attendre la retraite.

Quelles solutions d’épargne retraite propose Malakoff Humanis en 2026 ?

Malakoff Humanis intervient principalement dans l’épargne retraite collective à travers des solutions destinées aux entreprises et à leurs salariés. Son offre comprend notamment le PERECO, le PERO et des dispositifs interentreprises adaptés aux TPE et PME.

Le PERECO permet aux salariés d’effectuer des versements volontaires et de recevoir, lorsque le dispositif le prévoit, des primes d’épargne salariale et des abondements. Les solutions interentreprises PEI-PERECOI permettent de mutualiser certains moyens de gestion. Les coûts de mise en place et de fonctionnement dépendent de la formule retenue et nécessitent l’étude des conditions tarifaires proposées à l’entreprise.

Le PER obligatoire de Malakoff Humanis se décline notamment en deux formules. PERO Essentiel repose sur une sélection limitée de supports financiers, tandis que PERO Flexible propose un univers d’investissement plus large, d’environ une trentaine de fonds, ainsi que davantage d’options de gestion et de prévoyance.

Le fonds en euros de la gamme PERO a servi un rendement de 4,05% brut en 2025, soit un rendement compris entre 3,25% et 3,75% après frais de gestion, avant prélèvements sociaux et fiscaux. Cette performance historique n’est pas une garantie pour 2026 ou les années suivantes. Les droits provenant des cotisations obligatoires restent, sauf exceptions réglementaires, destinés à une sortie en rente.

Pour les particuliers souhaitant ouvrir un PER individuel, La France Mutualiste, membre du groupe Malakoff Humanis, propose également LFM PER’FORM. Son fonds en euros a rapporté 4% en 2025, nets de frais de gestion et avant fiscalité.

La grille tarifaire publiée pour ce contrat indique les principales conditions suivantes.

Caractéristiques de LFM PER’FORM Conditions publiées
Versement initial minimum 300€
Frais d’adhésion associatifs 25€
Frais sur versement 0%
Frais annuels de gestion du contrat 0,77%
Frais d’arbitrage 0%
Frais sur les versements de rente 3%

Des frais propres aux supports financiers peuvent s’ajouter aux frais annuels du contrat, particulièrement pour les unités de compte. Les conditions détaillées doivent donc être examinées avant la souscription, notamment si une sortie en rente est envisagée.

Cette diversité permet de répondre à plusieurs situations : un salarié bénéficiant d’une contribution de son entreprise, un dirigeant souhaitant mettre en place un dispositif collectif ou un particulier cherchant un PER individuel. Mais chaque solution possède ses propres contraintes.

Comment profiter réellement de l’avantage fiscal du PER ?

Un PER ne doit pas être choisi uniquement pour réduire sa prochaine déclaration d’impôt. Son intérêt dépend surtout de l’écart entre le taux d’imposition pendant la vie active et celui applicable lors des retraits à la retraite, mais également des frais, du rendement et de la durée d’immobilisation de l’épargne.

Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut vérifier son plafond de déduction, évaluer sa future fiscalité, comparer les contrats et préparer suffisamment tôt la façon dont le capital sera récupéré. Le PER devient alors un véritable outil de préparation financière de la retraite, plutôt qu’une simple opération de défiscalisation à court terme.


Ce n’est pas un conseil en investissement mais un partage d’informations. Il y a un risque de perte en capital.

Par Tony L.

Passionné d'économie et de technologie, Tony vous propose des articles et des dossiers exclusifs dans lesquels il partage avec vous le fruit de ses réflexions et de ses investigations dans l'univers de la Blockchain, des Cryptos et de la Tech.

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