Enky ajoute une nouvelle option à son offre d’investissement alternatif. Jusqu’ici, les particuliers pouvaient financer des projets de mobilier professionnel via une dette obligataire. En clair, ils prêtaient de l’argent pour financer un stock ou un parc de meubles, avec un rendement fixé dès le départ. Désormais, Enky propose aussi une levée en capital ouverte jusqu’au 29 juin. Cette fois, l’investisseur n’achète pas une créance, mais des actions. Dans un cas, il recherche un revenu contractuel. Dans l’autre, il accepte de parier sur la croissance future de l’entreprise.
Enky transforme le mobilier professionnel en actif productif
Le modèle d’Enky repose sur une mécanique simple. Le mobilier professionnel peut être acheté, loué, reconditionné, reloué, puis revendu. Au lieu de vendre uniquement des bureaux, fauteuils, cabines acoustiques ou meubles haut de gamme, Enky les exploite comme des actifs productifs utilisés par des entreprises, hôtels, restaurants ou espaces de travail. Le modèle répond à deux tendances du marché B2B. Les entreprises veulent moins immobiliser de capital dans leurs locaux et l’économie circulaire prend plus de place dans les politiques d’achat.
La plateforme revendique plus de 5 200 investisseurs, plus de 15 millions d’euros investis et plus de 180 projets meublés. Côté exploitation, la société indique avoir déployé environ 10 millions d’euros de mobilier, avec une durée moyenne de contrat de 48 mois, un taux de reconduction de 60% et un taux d’upsell de 22% sur les clients existants.
La dette obligataire finance un projet identifié
Dans le cas de la dette obligataire, l’investisseur prête de l’argent à Enky ou à une structure dédiée pour financer un projet précis. Le dernier exemple transmis concerne un projet de stock mobilier à Londres, affiché à 7% sur 12 mois, avec remboursement du capital à terme. Le montant total du projet était de 200 000 euros. Pour un investissement de 5 000 euros, le simulateur indique 29,17 euros d’intérêts par mois, soit 350 euros bruts sur un an, avant fiscalité.
Enky achète du mobilier neuf ou reconditionné, souvent en amont des besoins clients, afin de négocier à de meilleures conditions. Le stock reste généralement immobilisé 3 à 6 mois avant d’être vendu ou transféré vers un projet d’abonnement. La marge réalisée entre le prix d’achat, la location et la revente sert à payer les intérêts. Enky met aussi en avant une mutualisation des flux, avec une gestion du risque de défaut client par la société.
Le capital protégé n’est pas une garantie bancaire
Enky parle de capital protégé sur ses projets de dette. Cette formule doit être comprise avec précision. Le capital n’est pas garanti par l’État, ni couvert comme un dépôt bancaire. La protection repose sur des mécanismes juridiques et économiques. Dans les documents consultés, Enky indique que les actifs sous-jacents font l’objet d’une mise en gage au bénéfice des investisseurs concernés. La valeur du mobilier mis en gage doit être supérieure de 30% à la part financée. Pour 10 000 euros servant à financer du mobilier, la valeur du mobilier gagé doit donc atteindre au moins 13 000 euros.
La levée en capital change la nature du risque
La levée en capital ouverte jusqu’au 29 juin repose sur une logique différente. En souscrivant, l’investisseur devient actionnaire indirect d’Enky via une structure regroupant les investisseurs. Le tour annoncé porte sur 1,5 million d’euros, avec un ticket minimum de 1000 euros. La valorisation pre-money fully diluted retenue dans les documents est de 30 millions d’euros. Enky indique avoir déjà levé 2,5 millions d’euros par le passé, dont 1 million d’euros lors d’un précédent crowdfunding en 2024.
Ici, il n’existe pas de coupon fixe, pas d’échéance de remboursement et pas de rendement contractuel. L’investisseur gagne si Enky prend de la valeur et si une sortie devient possible. Les documents évoquent un potentiel de rendement à 5 ans, avec un scénario x3 correspondant à environ 24,6% par an et un scénario x10 correspondant à 58,5% par an. Ces chiffres sont des scénarios, pas une promesse.
Dette ou capital, deux usages patrimoniaux différents
La dette ressemble davantage à une poche de rendement. Le capital se rapproche d’un investissement de private equity. Un épargnant qui place 10 000 euros sur un projet de dette à 8% annuel sur 24 mois peut espérer 1600 euros bruts d’intérêts sur deux ans. Avec le prélèvement forfaitaire unique 2026 de 31,4%, ce gain brut tomberait à environ 1097,60 euros nets, hors option pour le barème progressif.
Avec 10 000 euros investis en capital, le résultat est beaucoup plus ouvert. Si Enky triple de valeur à horizon 5 ans et qu’une liquidité existe, la valeur théorique peut devenir 30 000 euros avant fiscalité. Si l’entreprise stagne, l’investisseur peut rester bloqué longtemps. Si elle échoue, la perte peut être totale. C’est la contrepartie du potentiel de hausse.
La fiscalité doit être étudiée avant de souscrire
La dette obligataire génère des intérêts, en principe soumis par défaut au PFU de 31,4% en 2026, composé de 12,8% d’impôt sur le revenu et de 18,6% de prélèvements sociaux. Le capital obéit à une autre logique. Selon les documents Enky, les actions sont éligibles au PEA et au PEA-PME. Après cinq ans de détention du plan, les gains peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux en vigueur.
La souscription au capital peut aussi ouvrir droit au dispositif IR-PME, avec une réduction d’impôt de 18 % sous conditions, dans la limite de 50 000 euros de versements pour une personne seule et 100 000 euros pour un couple soumis à imposition commune. Attention, les dispositifs fiscaux ne se cumulent pas toujours.
Les offres Enky à regarder maintenant
Enky propose aujourd’hui deux portes d’entrée. La première passe par Enky Invest, avec des projets de mobilier durable accessibles à partir de 500 euros, des durées généralement comprises entre 12 et 48 mois et des rendements affichés entre 7% et 9% par an, selon les projets. À la date de vérification, la plateforme présentait des projets à 7,5% sur 12 mois, 8% sur 24 mois, 8,5% sur 36 mois ou 9% sur 36 mois.
La seconde porte d’entrée est la levée en capital, ouverte jusqu’au 29 juin, à partir de 1 000 euros. Les fonds levés doivent financer le développement de l’e-commerce, le stock, la logistique, l’équipe, le rapprochement avec un acteur du vintage, l’ouverture d’un showroom parisien, le marketing et la notoriété. Enky ajoute aussi des avantages actionnaires selon le montant souscrit.
Avant de choisir le produit au rendement le plus séduisant, il faut d’abord décider ce que l’on cherche. La dette offre un cadre plus prévisible, avec un taux annoncé et une échéance. Le capital offre une exposition directe à l’histoire entrepreneuriale d’Enky, avec plus d’incertitude, mais aussi un potentiel de hausse plus élevé.
Ceci n’est pas un conseil en investissement mais un partage d’information. Faites vos propres recherches. Il y a un risque de perte en capital.