Crédit immobilier : ce qu’il faut savoir avant de signer quoi que ce soit

Modifié le - Auteur Par Stéphanie Thomas -
Crédit immobilier : ce qu’il faut savoir avant de signer quoi que ce soit

Vous avez trouvé le bien de vos rêves, le vendeur a accepté votre offre et à présent, tout s’accélère. Banque, notaire, documents importants à relire… les rendez-vous s’enchaînent. Un crédit immobilier vous engage pourtant sur des décennies et chaque ligne compte. Avant d’apposer votre signature, prenez donc le temps de comprendre les règles du jeu : taux, durée, assurance, délais légaux, déblocage des fonds… Voici tout ce que vous devez savoir à ce sujet !

Comprendre le crédit immobilier pour mieux préparer son financement

Un crédit immobilier est un prêt accordé par un établissement bancaire pour financer l’acquisition d’un bien immobilier, qu’il soit question d’une résidence principale ou secondaire ou encore d’un investissement locatif. Au-delà de cette définition simple, solliciter un crédit immobilier suppose de construire un dossier solide. Les revenus, les charges, l’apport personnel, la stabilité professionnelle et la durée du crédit sont autant d’éléments qui déterminent votre capacité d’emprunt et influencent directement les conditions qui vous seront proposées.

La banque évalue tout d’abord votre taux d’endettement, qui ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus nets, frais d’assurance compris. Un apport personnel, généralement au moins 10 % du prix du bien, renforce considérablement votre dossier. Préparez par ailleurs vos pièces justificatives en amont : les derniers avis d’imposition, les trois derniers bulletins de salaire et les relevés bancaires des trois derniers mois. Un dossier complet est en effet un dossier traité plus vite.

Pensez également à faire le point sur votre situation dans sa globalité. Un crédit à la consommation en cours, un découvert récurrent ou une épargne insuffisante peuvent fragiliser votre demande. Une épargne de précaution bien constituée, même modeste, témoigne à l’inverse d’une gestion saine de vos finances et rassure l’établissement prêteur. Avant de déposer votre premier dossier, un bilan financier honnête s’impose.

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Comment évaluer le taux, la durée et le coût total du prêt ?

Le taux d’intérêt est la première variable que l’on regarde, mais c’est bien le taux annuel effectif global (TAEG) qui doit guider votre comparaison. Le TAEG prend en compte le taux nominal, ainsi que le prix de l’assurance, le coût de la garantie, les frais de dossier et les frais annexes. C’est lui qui reflète le coût réel de votre emprunt. Concernant la durée, le taux de crédit sur 20 ans peut être considéré comme la médiane ; c’est d’ailleurs la durée qui permet de le négocier davantage.

Le taux sur 25 ans offre quant à lui des mensualités allégées, tandis que celui de 15 ans exige des revenus plus élevés, mais génère un coût global moindre. Faites votre choix en fonction de votre situation financière, en gardant à l’esprit que plus vous empruntez sur une longue durée, plus le coût total du crédit est élevé. De plus, pensez à analyser le tableau d’amortissement : il vous détaille, échéance par échéance, la part du capital remboursé et la part des intérêts payés. C’est souvent là que l’on prend conscience du poids réel du crédit.

Ne vous concentrez pas uniquement sur le montant de la mensualité mensuelle ; regardez ce que vous aurez effectivement remboursé au bout de 10 ans. Si les taux fixes restent la solution privilégiée par la grande majorité des emprunteurs en France pour leur prévisibilité, les taux variables peuvent par ailleurs convenir à des profils spécifiques qui ont une bonne visibilité sur leur horizon de remboursement. Renseignez-vous et comparez les deux options !

L’assurance emprunteur, une obligation à examiner avant tout engagement

Techniquement, l’assurance emprunteur n’est pas une obligation légale. Dans les faits, l’organisme prêteur en réclame quasi systématiquement une pour valider la demande de prêt immobilier, ce qui en fait de facto une condition d’octroi de l’emprunt. C’est donc la banque qui exige cette couverture. L’emprunteur peut, s’il le souhaite, souscrire des garanties optionnelles supplémentaires selon sa situation personnelle ou professionnelle.

Bonne nouvelle toutefois : depuis la loi Lemoine de 2022, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais, pour toute offre de prêt émise depuis le 1er juin 2022. Si vous trouvez un contrat plus adapté au fil des années, vous pouvez ainsi en changer librement, à condition que les garanties du nouveau contrat soient au moins équivalentes à celles imposées par votre banque. Une fois votre demande de délégation reçue, la banque dispose de 10 jours pour statuer sur son acceptation.

Le prix de l’assurance peut représenter jusqu’à 30 % du coût total d’un crédit ; une proportion loin d’être anodine. La comparaison des offres dès la souscription du prêt peut donc générer des économies substantielles sur l’ensemble de la durée du crédit. La loi Lemoine apporte également d’autres avancées notables. Elle réduit de 10 à 5 ans le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer et l’étend à l’hépatite C. De plus, si la part assurée du crédit est inférieure à 200 000 € et que le remboursement total est prévu avant les 60 ans de l’emprunteur, celui-ci n’est plus obligé de répondre au questionnaire médical. Ces dispositions facilitent l’accès au crédit pour des profils qui en étaient parfois écartés.

Délai de réflexion et acceptation : quelles règles encadrent l’offre ?

Une fois la banque convaincue par votre dossier, elle vous adresse une offre de prêt formalisée par courrier. Ce document engage l’établissement prêteur et vous protège : l’offre est valable pendant 30 jours calendaires, sans que la banque puisse en modifier le taux ou les conditions particulières. Attention cependant, vous ne pouvez pas signer immédiatement. Un délai de réflexion incompressible de 10 jours calendaires s’impose à vous, en tant que personne physique, afin de vous protéger face à un acte engageant.

Si par exemple, vous recevez l’offre le 2 mars, le délai commence le 3 mars et vous ne pourrez renvoyer l’offre signée qu’à partir du 13 mars au plus tôt. Renvoyer l’offre avant ce délai la rendrait invalide et vous seriez contraint de tout recommencer. Profitez donc de ces 10 jours pour relire attentivement chaque clause (les conditions de modulation des mensualités, les éventuelles pénalités de remboursement anticipé ou encore les modalités de transfert du prêt si vous revendez le bien avant son terme). Ce délai est une opportunité de vous assurer que l’offre correspond réellement à votre projet de vie.

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Du déblocage des fonds chez le notaire au début des remboursements

Une fois l’offre renvoyée signée à la banque, la signature de l’acte de vente chez le notaire est la prochaine étape. Pour un achat immobilier dans l’ancien, c’est le notaire qui adresse à la banque un « appel de fonds ». La banque débloque alors l’intégralité du prêt, généralement le jour de la signature de l’acte authentique. La somme est versée au notaire, qui la reverse ensuite au vendeur. Dans le cas d’un achat en VEFA ou d’une construction, en revanche, le déblocage s’effectue en plusieurs tranches, au fur et à mesure de l’avancement des travaux. L’acheteur commence à rembourser son prêt seulement le mois suivant le déblocage des fonds.

Anticipez ce décalage dans votre budget, notamment si vous êtes encore locataire entre la signature et votre emménagement. Dans certains cas, une période de franchise partielle peut être négociée avec la banque, ce qui vous permet de ne régler que les intérêts intercalaires pendant la phase de construction ou de transition. C’est une option à explorer si votre trésorerie est serrée à cette période. Dans tous les cas, coordonnez-vous avec votre notaire suffisamment tôt, car un retard dans la transmission des documents ou un dossier d’assurance incomplet peut repousser la date de signature et fragiliser l’ensemble de la transaction.

Il est ainsi indispensable de bien comprendre tous ces mécanismes avant de signer un crédit immobilier. Vous éviterez de prendre le risque de subir des conditions que vous auriez pu négocier ou de rater des délais aux conséquences lourdes. Prenez le temps d’étudier chaque document, questionnez votre banque ou votre courtier sur les points obscurs et ne laissez pas l’enthousiasme de l’achat prendre le dessus sur la rigueur nécessaire. Votre futur vous en remerciera !

Sources :

  • CAFPI, Loi Lemoine et assurance emprunteur : www.cafpi.fr/assurance-emprunteur/guide-legislation/loi-lemoine-et-assurance-de-pret-immobilier
  • CAFPI, Assurance emprunteur : www.cafpi.fr/assurance-emprunteur
  • CAFPI, Loi Scrivener et prêt immobilier : www.cafpi.fr/credit-immobilier/reglementation-credit-immobilier/loi-scrivener
  • CAFPI, Baromètre des taux immobiliers : www.cafpi.fr/credit-immobilier/barometre-taux
  • CAFPI, Le délai de réflexion d’une offre de prêt immobilier : www.cafpi.fr/credit-immobilier/guide-premier-achat-immobilier/banque/le-delai-de-reflexion-d-une-offre-de-pret-immobilier
  • CAFPI, Comment la durée du prêt influe-t-elle sur les primes : www.cafpi.fr/assurance-emprunteur/guide-changement/comment-la-duree-du-pret-influe-t-elle-sur-les-primes-et-les-options-disponibles
  • Légifrance, Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 : www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045268729

Un crédit vous engage et il doit être remboursé. Vérifiez votre capacité de remboursement avant de vous engager.

Par Stéphanie Thomas

Directrice de publication du site.

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