Comment le marché de l’or a-t-il évolué au cours de la dernière décennie ?

Modifié le - Auteur Par Stéphanie Thomas -
Comment le marché de l’or a-t-il évolué au cours de la dernière décennie ?

L’or occupe une place stratégique dans les portefeuilles des particuliers, des investisseurs institutionnels et des banques centrales. Au cours des dix dernières années, le marché de l’or a connu des transformations majeures. Il a été influencé par les crises économiques, les tensions géopolitiques, la hausse de l’inflation et des nouvelles stratégies d’investissement. Lisez ci-dessous une analyse sur l’évolution du marché de l’or au cours de la dernière décennie.

Cours or graphique 10 ans

Le cours or graphique 10 ans présente une progression en trois temps. De 2016 à 2019, l’or évolue dans une fourchette modeste, entre 1 100 et 1 500 dollars l’once. Mais, au cours de la crise sanitaire de 2020, la donne change. L’or franchit les 2 000 dollars en août, porté par la peur et les plans de relance massifs. Ensuite, vient la phase de consolidation en 2021-2022. Durant cette période, la remontée des taux directeurs freine le métal qui ne rapporte aucun intérêt. A partir de 2023, la hausse s’accélère. Le seuil de 4 000 dollars est dépassé en octobre 2025.

Une demande mondiale portée par de nouveaux profils d’investisseurs

Plusieurs facteurs expliquent les principales évolutions de la dernière décennie. L’une des raisons concerne les banques centrales. Après plusieurs années de ventes nettes, elles sont redevenues des acheteuses importantes d’or afin de diversifier leurs réserves de change. Les tensions géopolitiques entretiennent ensuite la demande de valeurs refuges. L’inflation, puis les anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale, ont aussi redonné de l’attrait à un actif sans rendement. Les fonds indiciels cotés adossés à l’or ont enregistré des flux importants.

L’essor de l’or d’investissement auprès des particuliers

La dernière décennie a également été marquée par une démocratisation sans précédent de l’accès aux métaux précieux. Autrefois réservé à une élite, l’achat d’or physique s’est largement ouvert aux épargnants individuels. La diversification des formats disponibles a grandement contribué à cette évolution. Aujourd’hui, les investisseurs ne se tournent plus uniquement vers les lingots classiques d’un kilo. L’engouement s’est porté sur des lingotins ainsi que sur les pièces boursables emblématiques.

2026 : record historique

Au début de 2026, l’once approche les 5 400 dollars avant de reculer nettement dès la fin de janvier. Depuis, le marché oscille. Il se situe à environ 3 700 euros l’once, soit un repli d’environ 25 % par rapport au plus haut. Cet épisode rappelle qu’une tendance de fond n’exclut pas des corrections brutales de plusieurs centaines de dollars en quelques semaines.

Pourquoi l’or devient-il de plus en plus difficile à produire ?

Alors que le cours de l’or a atteint des sommets historiques ces dernières années, une question se pose : les compagnies minières peuvent-elles encore augmenter leur production pour répondre à la demande mondiale ? La réponse est loin d’être évidente. En 2025, la production minière mondiale a atteint environ 3 672 tonnes d’or, selon les estimations du World Gold Council, soit une progression d’à peine 1 % sur un an. Malgré la flambée des prix, l’offre peine donc à accélérer. Plusieurs raisons expliquent cette situation. D’abord, les grands gisements facilement accessibles deviennent plus difficiles à découvrir. Dans certaines mines anciennes, la concentration d’or dans les roches diminue, obligeant les exploitants à extraire et traiter davantage de minerai pour obtenir la même quantité de métal précieux. Les coûts énergétiques, les équipements et les investissements nécessaires pèsent également sur la rentabilité des exploitations. Ensuite, ouvrir une nouvelle mine peut nécessiter de nombreuses années. Entre les études géologiques, les autorisations administratives, les exigences environnementales, la construction des infrastructures et le début de l’extraction, les délais sont considérables. Une hausse du prix de l’or ne se traduit donc pas immédiatement par une augmentation de la production. Les contraintes environnementales prennent aussi une place croissante, notamment concernant la consommation d’eau, les déchets miniers et la protection des écosystèmes. Face à ces difficultés, le recyclage constitue une source d’approvisionnement complémentaire. En 2025, environ 1 404 tonnes d’or ont été remises sur le marché grâce au recyclage, notamment de bijoux, d’objets et de composants électroniques. Cette activité permet de récupérer un métal quasiment indéfiniment réutilisable, sans ouvrir systématiquement de nouvelles exploitations. Toutefois, une production minière difficile à développer ne signifie pas que l’or va disparaître. Les progrès technologiques, de nouvelles découvertes et la rentabilité retrouvée de certains gisements peuvent soutenir l’offre. Pour les investisseurs, cette relative rigidité de la production reste néanmoins un facteur important : lorsque la demande augmente rapidement, les mines ne peuvent pas ajuster immédiatement leurs volumes, ce qui peut accentuer les tensions sur les cours.

Que retenir de cette décennie ?

Trois leçons sont à tirer de l’évolution de l’or cette dernière décennie. L’or a rempli son rôle de protection du patrimoine sur le long terme. Cependant, il ne monte pas en ligne droite. Il convient aussi de surveiller le taux de change euro/dollar. En effet, le prix en euros ne suit pas toujours celui en dollars. Enfin, l’or complète un portefeuille sans le remplacer. Sa place se mesure en proportion raisonnable, dans une logique de diversification.


Ceci n’est pas un conseil en investissement. Il y a un risque de perte en capital. Renseignez-vous auprès d’un expert avant d’investir.

Par Stéphanie Thomas

Directrice de publication du site.

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