Quelle part de votre portefeuille devrait être investie en dette privée ?

Publié le - Auteur Par Tony L. -
Quelle part de votre portefeuille devrait être investie en dette privée ?

Longtemps cantonnée aux assureurs, fonds de pension et grandes fortunes, la dette privée devient progressivement accessible aux particuliers. Son principe est assez simple. L’investisseur prête son argent à une entreprise en dehors des marchés obligataires traditionnels et reçoit en contrepartie des intérêts. Le marché mondial du private credit dépasse désormais 2 000 milliards de dollars d’actifs et PwC estime qu’il pourrait atteindre 3 400 milliards de dollars en 2030.

Cette croissance pose une question beaucoup plus concrète à l’épargnant. Quelle part de son portefeuille consacrer à la dette privée ? Pour un particulier disposant déjà d’une épargne de précaution et d’un portefeuille diversifié, une exposition comprise entre 5 et 15 % du patrimoine financier investi constitue une fourchette de travail cohérente. Mais 5 %, 10 % et 15 % ne correspondent pas du tout au même profil. Le niveau approprié dépend surtout de votre besoin de liquidité, de votre horizon de placement et des autres risques déjà présents dans votre patrimoine.

Pourquoi la dette privée prend-elle de plus en plus de place ? 

Le développement de cette classe d’actifs s’explique notamment par l’évolution du financement des entreprises. Au deuxième trimestre 2026, selon l’enquête SAFE de la Banque centrale européenne, un solde net de 42 % des entreprises de la zone euro déclarait une hausse des taux appliqués aux prêts bancaires, contre 26 % au trimestre précédent. Pour les PME, ce chiffre atteignait 43 %, contre 24 % auparavant. Leur indicateur de déficit de financement est parallèlement passé de 3 à 5 % en solde net.

Les prêteurs privés occupent une partie de l’espace laissé par le financement bancaire traditionnel. Pour l’investisseur, cela permet d’accéder à une source de rendement différente des actions et des obligations cotées. Mais la dette privée doit avant tout être considérée comme une composante de la poche obligataire et de rendement du portefeuille, et non comme un substitut aux actions.

L’intérêt est double. Les remboursements et les intérêts dépendent principalement de la capacité des entreprises financées à honorer leur dette et beaucoup moins des mouvements quotidiens des marchés boursiers. En contrepartie, l’investisseur abandonne une partie de la liquidité offerte par les actifs cotés. Un prêt à une PME ne se revend pas aussi facilement qu’une action du CAC 40 ou qu’un ETF obligataire.

Le succès de la dette privée ne doit donc pas masquer ses risques. En 2026, le secteur connaît aussi davantage de défauts, de tensions sur certains fonds et de demandes de retrait. PwC indique que 93 % des gérants interrogés anticipent des rendements stables ou en baisse en 2026. La sélection des emprunteurs et la diversification deviennent donc particulièrement importantes.

Entre 5 et 15 % selon votre situation patrimoniale et votre profil d’investisseur

Il n’existe pas de pourcentage universel. La fourchette 5 à 15 % constitue plutôt un repère pour déterminer une allocation qui apporte une nouvelle source de rendement sans rendre l’ensemble du patrimoine trop dépendant d’investissements peu liquides. KKR utilise également des allocations de 5 à 15 % dans certains de ses modèles pédagogiques consacrés à la dette privée.

Situation de l’investisseur Part indicative en dette privée Logique
Besoin important de liquidités à court terme 0 à 5 % Préserver une forte disponibilité du capital
Patrimoine diversifié avec plusieurs projets à moyen terme 5 à 10 % Ajouter du rendement tout en limitant l’illiquidité
Revenus stables, épargne de précaution constituée, horizon long 10 à 15 % Exploiter davantage le potentiel de revenu de la dette privée
Plus de 15 % À réserver aux profils avertis Concentration et immobilisation du capital plus élevées

Prenons un portefeuille financier de 100 000 €. Avec une allocation de 10 %, l’investisseur consacrerait 10 000 € à la dette privée et conserverait 90 000 € répartis entre actions, obligations cotées, fonds monétaires ou autres placements selon sa stratégie. Ce montant de 10 000 € ne devrait lui-même pas être placé sur un seul prêt. Répartir par exemple cette enveloppe entre plusieurs entreprises, secteurs, pays et dates d’échéance permet de réduire le poids d’un éventuel défaut individuel.

L’erreur serait donc de raisonner uniquement en fonction du rendement affiché. Un placement proposant 14 ou 16 % brut n’a pas le même profil qu’un fonds monétaire ou une obligation d’État. Un taux élevé rémunère aussi un risque de crédit, une liquidité plus faible et une incertitude sur le remboursement du capital.

Maclear : investir dans des entreprises européennes avec paiements mensuels. 

Trois éléments permettent de déterminer votre allocation

Le premier est l’horizon de placement. Plus vous pouvez immobiliser votre argent longtemps, plus une allocation proche de 10 ou 15 % devient envisageable. À l’inverse, une personne préparant un achat immobilier dans deux ans a intérêt à conserver une part beaucoup plus importante de son patrimoine sur des supports disponibles rapidement.

Le deuxième élément est votre besoin de liquidité. Une réserve permettant de financer plusieurs mois de dépenses, un changement de véhicule ou des travaux ne devrait pas être placée en dette privée. L’argent consacré à cette catégorie doit pouvoir rester investi jusqu’aux échéances prévues, même lorsqu’un marché secondaire existe.

Enfin, regardez votre exposition économique personnelle aux PME. Un salarié d’un grand groupe avec des revenus réguliers n’a pas la même situation qu’un entrepreneur dont le revenu et la valeur de l’entreprise dépendent déjà de petites sociétés et de l’économie locale. Dans le second cas, consacrer une part très élevée du patrimoine financier aux prêts aux PME ajouterait un risque similaire à celui déjà présent dans les revenus professionnels.

Deux investisseurs du même âge peuvent donc aboutir à des choix opposés. Un salarié de 30 ans disposant d’une épargne de sécurité confortable et investissant sur dix ou quinze ans pourra envisager 10 à 15 %. Un propriétaire de 50 ans ayant encore un crédit immobilier, des études supérieures à financer et plusieurs dépenses prévues dans les prochaines années pourra préférer 5 à 10 %, voire moins.

Mieux vaut construire progressivement sa poche de dette privée

L’autre différence avec un ETF tient au rééquilibrage. Une position boursière peut généralement être vendue immédiatement. Avec la dette privée, la sortie dépend davantage de l’échéance du prêt et, lorsqu’il existe, du fonctionnement du marché secondaire.

Une méthode consiste à échelonner les maturités. Au lieu d’investir 10 000 € le même jour sur des prêts se terminant tous au même moment, l’investisseur peut étaler ses investissements et sélectionner plusieurs durées. Du capital revient alors régulièrement dans le portefeuille. À chaque remboursement, il peut choisir de réinvestir ou de récupérer ses liquidités.

Cette discipline évite aussi de confondre diversification et multiplication des lignes. Détenir dix prêts accordés au même emprunteur ou au même secteur économique reste une exposition concentrée. Les données publiées par Maclear donnent un exemple intéressant. Entre 2023 et mi-2026, l’investisseur moyen de la plateforme s’est exposé à environ 17 projets répartis entre neuf emprunteurs.

Maclear rend la dette privée accessible dès 50 €

Pour un particulier souhaitant construire progressivement cette poche, Maclear propose une plateforme suisse de crowdlending mettant en relation les investisseurs avec des entreprises à la recherche de financements. La plateforme est membre de PolyReg SRO, organisme d’autorégulation placé sous la supervision de la FINMA. Maclear n’est donc pas directement agréé par la FINMA et le crowdlending ne bénéficie pas de la garantie applicable aux dépôts bancaires.

L’investissement minimum est actuellement de 50 € sur le marché primaire et de 30 € sur le marché secondaire. Maclear indique ne facturer aucuns frais sur les dépôts, les investissements et les retraits. Les projets visibles en août 2026 affichent notamment des taux autour de 14,5 à 16 % par an, avec des durées qui peuvent être inférieures à 18 mois. Ces rendements sont bruts et ne constituent pas une garantie de résultat.

La plateforme dispose également d’un Provision Fund financé notamment par une partie des commissions perçues sur les projets. Il peut prendre temporairement le relais pour certains paiements d’intérêts lorsqu’un emprunteur est en retard. Ce mécanisme ne garantit toutefois ni le capital ni l’absence de perte. Un défaut d’emprunteur, l’insuffisance du fonds ou un problème touchant la plateforme restent possibles.

L’activité a fortement progressé. À fin juillet 2026, Maclear déclarait 133,23 millions d’euros investis depuis l’origine, 47 743 investisseurs et 1 967 projets financés. Sur le seul mois de juillet, 13,81 millions d’euros ont été investis et 6,06 millions d’euros de capital et d’intérêts ont été reversés.

Plusieurs dispositifs sont actuellement proposés. Un nouvel investisseur réalisant son premier placement d’au moins 50 € dans les sept jours suivant son inscription peut recevoir un bonus de 15 € investi dans le même projet. Sur certains projets Maclear éligibles, chaque tranche de 500 € investie donne actuellement droit à 30 € supplémentaires, dans la limite de 300 € par projet. Un programme de fidélité peut également ajouter 1,5 à 3 % par an au taux des projets lorsque le montant du portefeuille actif atteint certains seuils.

Ces bonus peuvent améliorer le rendement, mais ils ne doivent jamais déterminer à eux seuls une décision d’investissement. Le premier choix reste le montant total que vous acceptez d’immobiliser et de risquer. Pour beaucoup de portefeuilles diversifiés, commencer autour de 5 %, observer les remboursements puis progresser éventuellement vers 10 % constitue une approche plus maîtrisée que d’allouer immédiatement 15 % ou davantage à cette catégorie d’actifs.


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Les performances passées ne garantissent pas les performances à venir. Il y a un risque de perte en capital.

Par Tony L.

Passionné d'économie et de technologie, Tony vous propose des articles et des dossiers exclusifs dans lesquels il partage avec vous le fruit de ses réflexions et de ses investigations dans l'univers de la Blockchain, des Cryptos et de la Tech.

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