CatNat : incendie, feux de forêts… sont-ils couverts par le régime catastrophes naturelles et Dispositif d’Urgence mis en place

Publié le - Auteur Par Danielle B -
CatNat : incendie, feux de forêts… sont-ils couverts par le régime catastrophes naturelles et Dispositif d’Urgence mis en place

Chaque été, les incendies et feux de forêt détruisent des milliers d’hectares et menacent des habitations. Beaucoup de propriétaires pensent alors que le régime des catastrophes naturelles (CatNat) prendra automatiquement en charge leurs dommages. Ceci semblerait normal, puisque les médias rabâchent à longueur de journée que ces incendies sont causés par la canicule.

Pourtant, ce n’est généralement pas le cas. En France, les feux de forêt répondent à des règles d’indemnisation différentes de celles des inondations ou de la sécheresse. Voici ce qu’il faut savoir pour éviter les mauvaises surprises.

Les feux de forêt ne relèvent généralement pas du régime CatNat

Contrairement aux idées reçues, un incendie de forêt n’est pas considéré comme une catastrophe naturelle au sens du régime CatNat.

Ce dispositif est réservé aux phénomènes naturels d’une intensité exceptionnelle nécessitant une reconnaissance officielle de l’État par arrêté interministériel. Il concerne notamment :

  • les inondations ;
  • les coulées de boue ;
  • les mouvements de terrain ;
  • la sécheresse et la réhydratation des sols provoquant des fissures ;
  • les avalanches ;
  • certains séismes.

Les incendies et feux de végétation sont donc exclus du régime CatNat, même lorsqu’ils touchent plusieurs communes ou détruisent un grand nombre de logements.

Qui indemnise les victimes d’un feu de forêt ?

L’indemnisation repose principalement sur les garanties incendie incluses dans les contrats d’assurance.

Pour un particulier, c’est généralement l’assurance multirisque habitation qui prend en charge les dégâts subis par le logement, les dépendances et les biens mobiliers. Les professionnels peuvent être couverts via leur assurance des locaux et de leur matériel.

En revanche, si le bien n’est pas assuré contre l’incendie au moment du sinistre, aucune indemnisation automatique n’est prévue.

Pourquoi cette différence avec les catastrophes naturelles ?

Le régime CatNat a été créé pour couvrir des phénomènes dont les conséquences sont difficiles à assurer par les mécanismes classiques. Les incendies, même lorsqu’ils sont provoqués par des conditions climatiques extrêmes, restent couverts par les garanties incendie traditionnelles des contrats d’assurance.

Autrement dit, ce n’est pas l’ampleur du feu qui détermine le régime applicable, mais sa nature.

Que couvre l’assurance en cas d’incendie ?

Les garanties varient selon les contrats, mais elles couvrent généralement :

  • les dommages causés au bâtiment ;
  • les meubles et équipements détruits ;
  • les frais de déblaiement ;
  • les frais de relogement temporaire lorsqu’ils sont prévus au contrat ;
  • certains aménagements extérieurs selon les garanties souscrites.

Comme pour tout sinistre, une franchise peut rester à la charge de l’assuré.

Les bons réflexes après un incendie

Pour faciliter votre indemnisation, il est recommandé de :

  • photographier immédiatement les dégâts ;
  • conserver les factures et justificatifs des biens endommagés ;
  • déclarer le sinistre à votre assureur dès que possible ;
  • ne pas jeter les biens détruits avant le passage éventuel de l’expert, sauf en cas de risque sanitaire.

Plus votre dossier est documenté, plus l’évaluation des dommages sera simple.

Et si l’incendie est suivi d’une catastrophe naturelle ?

Certaines situations peuvent cumuler plusieurs événements.

Par exemple, un terrain fragilisé par un incendie peut ensuite subir une coulée de boue ou un glissement de terrain après de fortes pluies. Dans ce cas, les dommages liés à cet événement pourront relever du régime CatNat si un arrêté de catastrophe naturelle est publié pour la commune concernée.

Chaque dommage est alors analysé selon son origine.

Quand la maison, la voiture ou les souvenirs disparaissent, chaque jour compte. Voici, de manière claire, ce que les dispositifs d’urgence changent concrètement pour les victimes et comment en bénéficier.

Dispositif d’urgence : les assureurs activent des mesures exceptionnelles

En temps normal, une indemnisation suit un parcours balisé. Déclaration, collecte des justificatifs, expertise, puis règlement. Après un incendie de grande ampleur, ce schéma peut devenir trop lent.

Les assureurs adaptent donc leurs pratiques afin de répondre à trois priorités. D’abord, mettre à l’abri les personnes. Ensuite, financer les dépenses urgentes. Enfin, réduire la charge administrative quand les documents ont été détruits.

Ces annonces s’appuient aussi sur un enjeu collectif. L’accompagnement rapide limite le risque de surendettement, de rupture de scolarité et de perte d’activité pour les ménages touchés.

Relogement d’urgence : des prises en charge accélérées

La première demande, après l’évacuation, reste le logement. Les assureurs indiquent faciliter l’accès à la garantie frais de relogement incluse dans de nombreux contrats habitation.

Concrètement, la prise en charge peut être plus rapide et plus souple que d’habitude. Cela concerne les nuits d’hôtel, la location temporaire, et parfois les repas ou frais annexes liés à la situation.

Ce que la garantie relogement couvre le plus souvent

  • Hébergement temporaire (hôtel, location courte durée).
  • Frais de déménagement et stockage, selon contrat.
  • Dépenses indispensables liées à l’occupation d’un logement provisoire.

Les conditions varient selon les contrats. Mais en période de crise, les assureurs annoncent des dispositifs pour éviter l’avance de frais ou accélérer les remboursements.

Déclaration de sinistre : des démarches simplifiées

Après un incendie, les sinistrés n’ont pas toujours accès à leurs papiers. Les assureurs prévoient donc des procédures plus simples pour ouvrir un dossier et démarrer la prise en charge.

La déclaration peut se faire par téléphone, en agence, parfois en ligne. Plusieurs compagnies mettent en place des canaux prioritaires dédiés aux feux de forêt.

Les informations utiles pour déclarer, même sans documents

  • Adresse du bien touché et date approximative du sinistre.
  • Numéro de contrat, si disponible.
  • Description simple des dommages (habitation, véhicule, dépendances).
  • Coordonnées de contact et solution de relogement actuelle.

Quand le sinistre est massif, l’objectif annoncé reste clair : ouvrir le dossier rapidement, même si toutes les pièces ne sont pas disponibles tout de suite.

Indemnisation accélérée : avances pour dépenses urgentes

La phase la plus attendue reste l’argent. Dans les annonces, plusieurs assureurs évoquent des versements d’avances ou des indemnisations plus rapides pour couvrir les premiers besoins.

Ces avances visent les dépenses immédiates. Par exemple, vêtements, produits d’hygiène, équipement de base, ou frais de transport. L’idée est de réduire le reste à charge au moment le plus difficile.

Justificatifs allégés : quand les preuves ont brûlé

Un point bloque souvent les indemnisations : la preuve de l’existence et de la valeur des biens. Or, factures et garanties peuvent être parties en fumée.

Les assureurs annoncent alors des exigences plus flexibles. L’objectif est de reconstituer le dossier avec des éléments alternatifs, sans pénaliser les victimes.

Documents de remplacement généralement acceptés

  • Photos des biens avant sinistre (téléphone, cloud, réseaux privés).
  • Relevés bancaires montrant des achats.
  • E-mails de confirmation de commande ou garanties numériques.
  • Attestations ou inventaires, selon situation.

Conseil pratique : constituer une liste des biens perdus par pièce, avec estimation, marque, modèle, date d’achat. Même imparfaite, cette liste aide l’expert à avancer.

Assistance dédiée : hotlines, priorités et présence sur le terrain

Dans ces épisodes, plusieurs compagnies activent des numéros dédiés ou renforcent leurs centres d’appel. Certaines annoncent aussi une présence locale via des agences ou des équipes mobiles.

Ce type d’organisation permet de réduire l’attente, d’orienter vers les garanties utiles, et d’éviter des erreurs de déclaration. Elle facilite aussi la coordination avec les acteurs locaux.

À retenir : en cas de saturation, il faut multiplier les canaux. Téléphone, espace client, agence, courtier, ou assistance indiquée au contrat.

Ce qu’il faut retenir

Les incendies et feux de forêt ne sont, dans la grande majorité des cas, pas indemnisés par le régime des catastrophes naturelles. Ils sont pris en charge par la garantie incendie de votre contrat d’assurance habitation ou professionnelle.

Avant la saison estivale, il est donc conseillé de vérifier que votre contrat couvre correctement votre logement, vos dépendances et vos biens, ainsi que les plafonds d’indemnisation et les franchises applicables. Une simple relecture de vos garanties peut éviter de lourdes déconvenues si un incendie venait à toucher votre habitation.

Par Danielle B

Rédactrice spécialisée sur les sujets : Argent, banque, budget.

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